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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Passer par la réalité virtuelle pour atteindre l’empathie

    28 avril 2016 12h47 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Vue du haut sur les 5 mètres carrés qui ne peuvent qu'amener son occupant vers le bas.
    Photo: The Guardian Vue du haut sur les 5 mètres carrés qui ne peuvent qu'amener son occupant vers le bas.
    Ressentir pour mieux comprendre. La réalité virtuelle, et sa démocratisation par l’entremise des téléphones dits intelligents, serait en train de tracer les frontières d’un nouveau journalisme, dit-on, qui cherche à raconter tout en faisant vivre.

    En voilà d’ailleurs une preuve convaincante avec 6 X 9 — six pieds par neuf, quoi —premier reportage en réalité virtuelle du quotidien britannique The Guardian qui propose depuis mercredi à ses lecteurs une immersion dans la solitude du prisonnier en cellule d’isolement. Claustrophobes s’abstenir!

    «À quoi ressemble la vie lorsqu’on passe 23 heures par jour dans une cellule mesurant six pieds par neuf [dans une autre langue, ça donne environ 5 mètres carrés] pendant des jours, des semaines, des mois et parfois même des années», expose le quotidien en guise d’introduction à son reportage qui invite à une incarcération virtuelle de 9 minutes à peine. Neuf minutes pour voir, mais surtout pour partager cet état de confinement avec les quelque 80 000 à 100 000 prisonniers aux États-Unis condamnés à vivre actuellement dans ce genre d’espace plus que restreint.



    Dans les pages numériques du magazine Journalism.co.uk, Francesca Panetta, responsable des projets numériques du Guardian résume la proposition : «Vous êtes laissés à vous-même dans cet espace dans lequel vous allez apprendre des choses en regardant et en écoutant des histoires qui viennent avec». Par exemple, en conduisant les yeux sur les livres posés sur la table de cette cellule, le lecteur-spectateur-cobaye va apprendre que le détenu n’a droit qu’à cinq livres à la fois pour briser sa solitude. Ailleurs, on lui parle de bruit, de violence, des dommages psychologiques permanents liés à ce type de confinement.

    «Ce n’est pas un endroit très exotique, mais tout réside dans la notion d’espace et de position que vous occupez dans cet espace, ajoute-t-elle. La réalité virtuelle permet aux spectateurs de pénétrer dans des endroits auxquels ils ne peuvent pas avoir accès habituellement», et c’est ce qui est fait son principal attrait, dit-elle.

    La réalité virtuelle appliquée au journalisme, et surtout la perspective dématérialisée et à 360 degrés qu’elle offre, en est encore à ses balbutiements. En novembre dernier, elle a été d’ailleurs utilisée par le New York Times pour faire vivre aux lecteurs la crise des migrants de l’intérieur. Une expérience remarquée et remarquable d’ailleurs…
     












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