Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Snapchat part en guerre pour légaliser l’égoportrait dans l’isoloir

    26 avril 2016 12h53 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Se montrer en train de voter n'est pas que l'affaire des grands et des connus, comme Sarah Palin, ici, en 2008.
    Photo: Flickr Se montrer en train de voter n'est pas que l'affaire des grands et des connus, comme Sarah Palin, ici, en 2008.
    Mutation quand tu nous tiens… À chaque tour de scrutin, c’est désormais la même question qui revient : l’égoportrait dans l’isoloir doit-il être légalisé afin de permettre à l’électeur issu des générations montantes, comme aux autres d’ailleurs, de s’incarner dans ses réseaux sociaux au moment où il pose son geste démocratique?

    Plusieurs États américains voient la chose d’un très mauvais œil. Snapchat, réseau social particulièrement populaire chez les jeunes adeptes du genre, pense qu’il est plutôt temps de laisser éclore ces nouveaux clichés pour stimuler le processus électoral.

    Dans un mémoire déposé il y a quelques jours devant un tribunal du New Hampshire où l’interdiction de l’égoportrait dans l’isoloir est actuellement au cœur d’un litige législatif, relate le New York Times, Snapchat estime en effet que cette photo de soi prise par soi au moment de mettre une croix dans une case pour se choisir un représentant politique représente bien plus qu’un égoportrait. Il s’agit d’«une façon importante pour les jeunes électeurs de prendre part à un processus démocratique et de faire entendre leur voix», dans une époque où la socialisation passe désormais par le partage de données en ligne.

    La multinationale estime d’ailleurs qu’il s’agit d’une «composante importante de la liberté d’expression et de la participation à la vie civique» qui ne peut souffrir d’aucune restriction.

    Depuis quelques années, l’égoportrait dans l’isoloir est présenté comme une arme redoutable pour combattre l’abstentionnisme, particulièrement auprès des jeunes. Le hic, le cliché entre également en contraction avec le secret du vote garanti dans les constitutions de plusieurs États, mais également avec les règles visant à suspendre la publicité électorale le jour du scrutin. Le Canada l’interdit d’ailleurs pour toutes ces raisons.

    L’égoportrait dans l’isoloir, s’il va permettre à des réseaux comme Snapchat d’affiner le profilage de sa clientèle à des fins commerciales, est également pointé du doigt comme vecteur possible de la commercialisation de votes, ce cliché pouvant en effet faire office de preuve formelle auprès d’un éventuel acheteur de voix, craignent plusieurs instances de régulation de l’activité démocratique, aux États-Unis et ailleurs.
     












    Envoyer
    Fermer