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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    États-Unis : Campagne pour une présidence artificielle

    18 février 2016 17h03 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Oubliez Hillary Clinton, Donald Trump et les autres. Et si, le prochain président des États-Unis était finalement une… intelligence artificielle? C’est ce que propose depuis quelques jours l’artiste américain Aaron Siegel qui vient de lancer officiellement dans la course à la présidence Watson, le superordinateur de la multinationale américaine IBM. Une candidature appuyée par 73 % des répondants à un sondage interne tenu en ligne par le responsable de sa campagne.
     
    Intelligence artificielle contre cette «autre forme» d’intelligence qu’incarne depuis le début des primaires américaines Donald ou contre l’intelligence calculante d’Hillary? L’idée, qu’IBM refuse de commenter, est totalement farfelue, même le site officiel de la campagne de Watson — Baptisé Watson for President — tente habilement de la rationaliser.
     
    «Watson est un système fondé sur l’analyse profonde de questions et de réponses, sur une puissante architecture probabiliste, capable d’emmagasiner une grande quantité de données afin d’arriver à la meilleure réponse pour une requête, peut-on lire en substance. Watson compile des informations provenant de sources variées. Plus il en consomme et plus sa capacité à prendre des décisions sont documentées», dans un tout objectif qui répond parfaitement aux compétences et aux qualités que lecteur s’attend de trouver, lui, chez un président.
     
    Qui plus est, Watson, en étant capable d’analyser en parallèle des données complexes et variées, va pouvoir «prendre les bonnes décisions», dans une multitude de domaines, et ce, en tenant compte de «leurs impacts sur l’économie mondiale, l’environnement, l’éducation, la santé, les relations internationales ou les libertés civiles», explique son équipe de campagne.
     
    À l’image de Ronald Reagan, un ancien président américain, l’animal s’est lui aussi fait remarquer dans le monde du divertissement avant de se présenter à la porte de la présidence : en 2011, il a participé et a remporté la victoire à l’émission Jeopardy.
     
    Dans les pages numériques du magazine Serious Wonder, Aaron Siegel explique avoir songé à cette candidature après avoir réfléchi sur les intérêts économiques et financiers des candidats humains à la présidence, tout comme des partis qu’ils représentent. Ces intérêts teintent les politiques qu’ils se préparent à adopter. «Je me suis demandé quelle personne pouvait décider de manière non partisane, d’une manière la plus objective et pragmatique possible, et c’est le nom de Watson qui m’est venu à l’esprit», dit-il.
     
    De manière conséquente, la Watson 2016 Foundation qui pilote la campagne de l’ordinateur refuse tous les dons pour soutenir la candidature de son poulain hors norme, en rappelant qu’avec 12 milliards de dollars de revenus amassés l’an dernier, IBM n’a finalement pas besoin d’aide du public pour poursuivre les recherches sur sa machine qui donne l’impression de penser.
     
    Aaron Siegel estime que si Watson n’arrivait pas à convaincre les électeurs de le choisir, il pourrait certainement séduire le candidat démocratie Bernie Sanders qui, s’il devait arriver au plus haut siège de l’État, gagnerait à faire de cette intelligence artificielle son chef de cabinet, conclut-il. Pourquoi pas?












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