Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    La France veut criminaliser la porno rancunière

    19 janvier 2016 15h53 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Les législateurs français ne badinent pas avec la porno rancunière, communément appelée «revenge porn» par les anglophones, cette pratique franchement vile consistant à diffuser dans les univers numériques des contenus sexuellement explicites afin de se venger d’une personne.
     
    Un amendement envisagé au projet de «loi pour une République numérique», que l’Assemblée nationale examine depuis ce mardi, prévoit en effet pénaliser cette forme de vengeance en exposant les responsables à une peine d’un an d’emprisonnement, conjugué à une amende de 70000$ (45 000 euros), relate dans ses pages numériques le quotidien Libération.
     
    Par porno rancunière, l’amendement entend : «le fait de transmettre ou de diffuser, sans le consentement de celle-ci, l’image ou la voix d’une personne, quand l’enregistrement, l’image ou la vidéo sont sexuellement explicites». La législation, si elle est adoptée, vise à harmoniser les peines pour ce genre de crime. Elle est de un an inférieur à la sanction infligée en Grande-Bretagne où, depuis février 2014, le partage de photos et vidéo d’une ex-partenaire sexuelle — qui dans 90 % des cas, c’est effectivement une femme la victime, selon une enquête américaine — pour se venger d’elle est passible de deux ans de prison.
     
    Au Canada, la pornographie rancunière est également une activité criminelle depuis l’adoption l’an dernier, sous l’ancien régime conservateur du projet de loi C-13 modifiant le Code criminel et autre disposition légale afin d’enrayer la cybercriminalité. Six États américains se sont mis également sur le même diapason, dont la Californie où ce type de vengeance peut envoyer son auteur en prison pendant six mois.
     
    La vengeance par l’exposition de l’intimité de l’autre n’est pas sans conséquence pour les victimes dont près de 50 % doivent composer avec du harcèlement en ligne après la diffusion de photo d’elles sans leur consentement. La détresse psychologique et la dépression ont également été vécues par 93 % d’entre elles
     












    Envoyer
    Fermer