Les adolescents préféreraient les livres imprimés

C’est à n'y rien comprendre. Même si son adoption n’est pas à la hauteur des espoirs que les gourous de la techno ont dématérialisés dedans, le livre électronique séduit un peu, mais pas vraiment les adolescents qui lui préféreraient encore et toujours son bon vieux équivalent imprimé sur du papier. Qui le dit? L’analyste des marchés Nielsen au terme d’une lecture fine de données de consommation dans l’univers du bouquin, données collectées dans 10 pays à travers le monde. Il est question ici de lecteurs anglophones uniquement et de leurs habitudes scrutées entre l’automne 2011 et l’automne dernier.
 
En gros, le livre électronique fait désormais partie de la vie culturelle et littéraire d’un quart des adultes âgés entre 30 et 44 ans, constate la multinationale de la quantification du présent. C’est 2 points de pourcentage de plus que chez les 18-29 ans. Un adolescent sur cinq, pour sa part, semble aujourd’hui répondre à l’appel du bouquin dématérialisé. C’est moins qu’on aurait pu le croire.
 
Pour Nielsen, plusieurs raisons expliqueraient ce paradoxal manque d’intérêt des ados, qui pourtant ont dématérialisé leur socialisation, leur engagement, leur consommation de musique, de film, de série, alouette, pour ce format. Selon la firme, l’attachement de leurs parents pour le papier aurait un effet d’entraînement chez eux et ferait en sorte qu’il respecte du coup un peu plus la forme imprimée qui s’emprunte d’ailleurs et se partage plus facilement que les autres. Deux activités que les ados apprécieraient un peu plus que les autres, peut-on lire dans le rapport.
 
«Plus de la moitié des adolescents fréquente les bibliothèques et les étagères des librairies pour se procurer des livres», précise Nielsen tout en évoquant au passage, comme autre source d’explication, un accès limité au crédit — et à la carte qui vient avec. Ce serait un frein à l’adoption de livres électroniques qui ne peuvent, contrairement au papier, s’acquérir qu’avec des modes de paiement eux aussi dépourvu de la matérialité.
 
Pour les adolescents, le livre imprimé sur du papier serait donc, à en croire Nielsen, un bien précieux. Ce que semble aussi croire une librairie de Barcelone qui vient de magnifier l’objet dans une campagne de promotion qui oscille forcément entre le spectaculaire et le douteux: la Llibreria Calders — c’est son nom — a en effet orchestré un faux braquage de son commerce par des voleurs avides de mettre la main sur le contenu de ses étagères. Pour faire parler d’elle et donner de l’importance à tous ces livres qui composent son fonds.


 
L’attaque en règle de la librairie, située dans un quartier résidentiel de la cité catalane, à quelques encablures à l’ouest de La Rambla, a bien sûr été captée par des caméras de surveillance pour mieux être placée sur YouTube où depuis quelques jours la scène fait sensation. Des milliers de personnes l’ont vu, dont certainement une bonne quantité d’adolescents qui aiment toujours les livres imprimés sur du papier, certes, mais généralement entre deux visionnements, ou plus, de vidéos en ligne…
 
3 commentaires
  • Gil France Leduc - Inscrite 16 décembre 2014 11 h 55

    Précision

    On peut très bien acheter des livres numériques sans carte de crédit. On peut se procurer des cartes cadeaux dans toutes les pharmacies, par exemple, que ce soit pour Apple, Kobo ou Google.

  • Frederic Smith - Inscrit 17 décembre 2014 08 h 36

    À nuancer

    La méthodologie employée par Nielsen semble se concentrer sur les acheteurs de livre, et du côté anglophone. Or, il est possible de dénicher presque tous les titres de langue anglaise, sur divers sites de partage illégaux. Le partage de livres électroniques est encore plus facile que le partage de films ou de jeux, étant donné qu'un livre électronique ne "pèse" presque rien. On peut même se le transmettre par courriel. Nos jeunes connaissent ces chemins. On ne peut donc se fier uniquement sur les ventes pour quantifier l'intérêt des jeunes.