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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Paradoxe: la socialisation numérique serait-elle désociabilisante?

    25 août 2014 11h55 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Les écrans — celui d'une télévision, d'une tablette, d'un téléphone dit intelligent... — nuiraient-ils aux aptitudes sociales? Oui, répond une équipe de scientifiques américains qui, dans les dernières années, a mis sous un microscope deux groupes de jeunes âgées de 11 à 12 ans, avec et sans ces marqueurs de modernité. Et ce, avec un résultat troublant: plus ils ont été branchés et plus ils ont perdu leur capacité à comprendre et à décoder les autres dans un contexte d'interrelations sociales en personnes.

    Au total, une centaine d'enfants scolarisés dans des écoles publiques de la Californie du Sud ont pris part à cette étude dont les grandes lignes sont exposées dans la dernière livraison de la revue Computers in Human Behavior. Un groupe a été amené dans un camp de vacances pendant 5 jours, loin de toutes technologies. Un autre a été maintenu dans son état naturel d'obsession face aux écrans. Ils ont été par la suite soumis aux mêmes tests d'évaluation de la communication non verbale et des émotions faciales contenus dans une série de photos et vidéos. Entre autres.

    Bilan: après cinq jours loin de la technologie, la «lecture» de l'autre, dans un contexte d'interrelations sociales, s'est avérée bien plus juste et précise chez les enfants tenus loin des écrans que chez ceux qui pendant une semaine sont restés collés dessus.

    Dans les pages numériques du PsyBlog, Yalda Uhls, prof au département de psychologie de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), décode la découverte en expliquant que la compréhension de la communication non verbale est une aptitude sociale qui ne peut pas s'acquérir par un écran, mais bien par une communication en personne. «Si vous cessez d'interagir en personne, vous pouvez perde cette aptitude sociale», dit-elle. Elle ajoute: «nous sommes des animaux sociaux. Nous avons du coup besoin de période de temps loin de la technologie».

    Patricia Greenfield, prof à UCLA également, qui co-signe l'étude, ajoute que beaucoup de gens cherchent actuellement à tirer profit de la technologie dans le monde de l'éducation, mais sans se questionner assez les coûts qui viennent avec, dit-elle. «Réduire la capacité de comprendre les émotions, à décoder la communication non verbale de son interlocuteur, est pourtant un de ces coûts».

    Dans un paradoxe très contemporain, cette étude peut être lue au complet sur l'écran d'une tablette.












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