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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Les droits d'auteur font disparaitre des contenus en ligne

    11 juillet 2013 13h53 | Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Kate Hudson lisant des vieux livres dans le film Fool's Gold (2008)<br />
    Photo : Warner Bros. Pictures Kate Hudson lisant des vieux livres dans le film Fool's Gold (2008)
    C'est un des effets pervers de la numérisation et de la dématérialisation qu'un juriste vient de mettre en lumière, analyse de données en main: les lois sur les droits d'auteur, en vigueur dans le monde de l'édition, éloigneraient des internautes un grand nombre de contenus qui y sont encore assujettis et donneraient un volume démesuré aux textes du passé qui ne le sont plus. Un phénomène prévisible, selon lui, dans un monde où le culte de la gratuité et du micro-paiement font rage, et qui du coup gagnerait à interpeller créateurs et législateurs.

    Paul J. Heald — c'est son nom —, qui bosse à l'Université de l'Illinois comme prof de droit, a décidé de passer au crible plusieurs milliers de bouquins vendus sur le site d'Amazon l'automne dernier. Résultat: les livres publiés initialement en 1910 et les années précédentes, ont une présence beaucoup plus forte sur les tablettes numériques du célèbre libraire que ceux publiés dans les années 2000 et 1990, constate-t-il dans un papier scientifique qu'il vient du publier dans les pages numériques et gratuites du Réseau de recherche en science sociale.

    Les titres étant apparus dans la sphère culturelle entre 1850 et 1900 jouissent eux aussi d'une très belle vitrine et d'un volume important, contrairement au corpus des années 1930 à 1980 dont la présence est significativement moins remarquable. Dans ces volumes particulièrement bas, l'imaginaire littéraire des années 70 fait un tout petit peu exception, mais pas assez pour remettre en question l'équation commerciale qu'Amazon semble dessiner.

    «L'expiration d'un copyright sur une oeuvre fait réapparaitre les vieux travaux [dans les univers numériques]», écrit-il. «À l'inverse, les données montrent que ce même copyright, lorsqu'il est toujours en vigueur, fait disparaitre des bouquins», avec à la clef une autre quantification troublante. Amazon offre à ses clients trois fois plus de titres provenant de 1850 que de 1950.

    Généralement, une oeuvre tombe dans la sphère publique 70 ans après le décès de son créateur. Cette protection, que la numérisation des rapports humains et de la culture vient régulièrement confronter, se retrouve régulièrement au coeur de débats vifs et passionnés, plusieurs cherchant à réduire l'influence du copyright au nom du libre partage de la connaissance, d'autres voulant plutôt renforcer et resserrer son application pour mieux protéger les créateurs et encourager la création dans les nouveaux espaces de socialisation.
     
     
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