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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Histoire de l'art: Google est-il en train de trahir les grands peintres?

    11 avril 2013 12h37 | Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Dans un détail de la toile <em>La Chambre</em> de Vincent Van Gogh (1888)<br />
    Photo : Google Art Project Dans un détail de la toile La Chambre de Vincent Van Gogh (1888)
    En voilà une question qu'elle est bonne! Avec son projet de numérisation des oeuvres de maîtres, Google, sans surprise, est en train de redéfinir les contours de l'étude de l'art. Mais ce faisant, la multinationale du tout numérique et de la mutation en série, n'est-elle pas en train de nous amener trop près de ces oeuvres, là où leurs auteurs n'auraient pas voulu forcément que l'oeil humain ne se rende, demande un spécialiste de l'histoire de l'art.

    Dans les pages numériques du Daily Dot, James Elkins, de la School of the Art Institute of Chicago se questionne. Depuis deux ans, le Google Art Project expose en effet à la face du monde des reproductions numériques de plus de 30 000 oeuvres d'envergure, et ce, à très très haute résolution. Rembrandt, Manet, Van Gogh, Brueghel, Carpaccio sont du nombre.

    Or, cette numérisation du patrimoine artistique permet aujourd'hui d'explorer ces oeuvres, d'un simple clic, à des niveaux de précision jusque-là impossible à atteindre, amenant le regard dans des détails d'une toile où il n'était pas prévu qu'il aille, explique-t-il.

    Pour Elkins, le Google Art Project est devenu un «catalogue de bizareries», bizareries que l'on retrouve dans cette toile de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte, où le visage d'un des personnages, par le jeu de la loupe, se dévoile comme une mosaïque de couleurs.

    « Seurat n'avait pas prévu que l'on voit ça », écrit-il. Même chose pour ce chien, discret et lointain dans la toile qui désormais peut-être vu comme un ensemble difforme de points à cheval entre l'araignée et le rhinocéros. Toute une ménagerie, quoi.

    Ce « trop près » va également « trop loin », expose l'expert, particulièrement pour la période de l'après-Renaissance où les peintres cultivaient alors l'oeuvre inachevée, volontairement, afin de leur donner une dimension plus expressive.

    Le mont Sainte-Victoire de Cézanne, en ferait d'ailleurs la démonstration, écrit Elkins, en révélant désormais cette magie, ce mystère, ces espaces laissés en friche sur la toile et que l'artiste, prétend l'universitaire, n'aurait certainement pas laissé dans cet état, s'il avait su que l'on puisse un jour s'y rendre.

    Une supposition, bien sûr, comme celle d'ailleurs qui veut que la technologie pervertit aujourd'hui notre vision du monde, en essayant de la faire progresser. Joli débat.



     
     
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