Sonder l'âme des passagers pour optimiser l'embarquement dans les avions

Laisse-moi voir comment tu te comportes et je te dirais dans quel siège tu vas pouvoir t'installer. Un mathématicien chinois dit avoir trouvé une façon d'optimiser le temps d'embarquement des passagers dans les avions. Comment? En attribuant chaque place après avoir fait une analyse fine du comportement de chacun d'entre eux. Numériquement, s'entend.

L'idée de Tie-Qiao Tang est simple. Elle consiste à analyser le temps de déplacement de chaque passager dans l'aéroport, de l'enregistrement à l'embarquement, mais également de dresser son profil en fonction de ses habitudes de voyages, du poids de sa valise, de son âge, de son poids... et ce, pour en déduire le temps qu'il va mettre pour embarquer dans l'avion. Cette lecture, couplée à un algorithme, permettrait alors de lui attribuer une place de manière à réduire les embouteillages dans la cabine et de maximiser les déplacements dans l'appareil à ce moment crucial.

Les transporteurs aériens sont particulièrement sensibles à cette question, surtout dans l'Empire du Milieu qui a vu passer le nombre d'adeptes de l'avion de 10 millions en 1950 à 200 millions cette année, rappelle-t-on ici. La faute à la croissance économique, à l'ouverture d'esprit et à la démocratisation du voyage.

Dans les pages de Science Direct, l'homme de chiffres détaille son modèle mathématique et son plan, mais également le problème qui pourrait freiner son adoption par les grandes compagnies aériennes: pour arriver à un tel niveau de lecture de chaque passager, elles vont devoir entrer dans leur intimité. Forcément.



5 commentaires
  • Franklin Bernard - Inscrit 5 décembre 2012 14 h 20

    Formidable!

    On aura même plus à perdre une minute pour choisir le siège qu'on préfère. Une machine va le faire à notre place.

    D'ici à ce qu'une machine dise aussi aux transporteurs où nous devons aller. «Rome, s'il vous plait.» «Désolé la machine chinoise a dit Valparaiso.»

    Il y a en Chine des gens qui ont du temps à perdre.

    • Paul Sven - Inscrit 5 décembre 2012 21 h 38

      Apprenez-moi quelle compagnie d'aviation offre le loisir de choisir son siège après l'embarquement ?

  • Stéphane Aleixandre - Inscrit 6 décembre 2012 08 h 34

    Les compagnies aériennes pèsent déjà les passagers pour calculer le poids total de l'avion et répartir la charge dans la cabine. L'attribution des places n'est, sur ce point, pas aléatoire. Les compagnies préfèrent également installer devant les sorties de secours des gens jeunes et en bonne santé physique, au cas où il faudrait évacuer l'avion rapidement. Et c'est là que le modéle mathématique présenté a ses limites: c'est au débarquement et non à l'embarquement que les passagers perdent du temps. Une fois installé en cabine, les passagers doivent souvent attendre que l'avoin ait fait le plein ou que les bagages soient chargés, avant de décoller. Tandis qu'à l'arrivée, c'est bien la cohue à bord qui ralentit la sortie. Le mathématicien s'est peut être trompé de cible. Ce qui ralentit de plus en plus le traffic aérien c'est ... le traffic aérien. Les avions font la queue pour décoller et atterir, et la hausse vertigineuse du traffic aérien accentuera inévitablement cette tendance. La modélisation mathématique du comportement humain a ses limites, tout comme la gestion des millions de vols annuels. Les décallages horaires finissent-ils par nous faire oublier la simple notion de patience?

    • Jacques Labonté - Abonné 9 décembre 2012 10 h 21

      Une compagnie aérienne vous a déjà pesé, vous ? Personnellement, je n'ai jamais vu ça ! Pour ce qui est de la cible de notre mathématicien, je suis pas mal d'accord avec vous.

    • Guy Vanier - Inscrit 10 décembre 2012 17 h 37

      ici au Canada c'est sûrement une bonne partie le traffic aérien qui est en cuase mais aussi l'obstination de nos élus à refuser la relocalisation des aéroports quand ils ne peuvent plus fournir. Ils construisent des batiments mais ne peuvent plus construire de pistes.
      example: Montréal et Toronto en autre.