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Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

Cabines téléphoniques en mutation: New York en fait des bornes d'accès à internet sans fil

16 juillet 2012 12h17 | Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
L'un est en train de faire disparaitre l'autre. La prolifération des téléphones cellulaires dans les poches des humains en mal d'existence numérique s'accompagne depuis quelques années d'une question cruciale: que faire des cabines téléphoniques, de l'époque pré-2.0, et qui persistent encore et toujours dans la trame urbaine de bien des villes à travers le monde? New York a peut-être la réponse: elle commence à les transformer en borne d'accès à internet sans fil. Tout simplement.


Depuis mercredi dernier, la Grosse Pomme a d'ailleurs amorcé un projet pilote, rapporte le grand quotidien du coin, pour donner un coup de jeune à ces téléphones de rue en inscrivant leur fonction dans la nouvelle réalité communicationnelle, comme dirait l'autre. Dix cabines ont subi à ce jour l'étonnante mise à jour qui consiste à simplement installer un routeur à l'intérieur l'appareil, routeur qui va envoyer un signal permettant l'accès à Internet sans fil dans les alentours de la cabine, et ce, gratuitement. L'appareil conserve également sa fonction initiale et de plus en plus obsolète — qui consiste à échanger des informations par la voix, en parlant dans un gros combiné noir, après avoir introduit une pièce dans la fente idoine.

«Nous avons amorcé un processus d'évaluation de l'avenir des cabines téléphoniques à New York, et ce projet va donc nous aider à mesurer l'intérêt du public face aux nouveaux services que nous pourrions offrir à l'avenir, a résumé cette semaine dans les pages du numérique du New York Times Rahul N. Merchant du Department of Information Technology and Communication de la mégalopole américaine qui vient de lancer une consultation publique sur l'avenir des cabines téléphoniques de New York. La ville en compte à ce jour près de 12 000.

L'idée de recycler des cabines téléphoniques, vestiges d'une époque où les humains devaient forcément s'accrocher à un fil pour rester connectés entre eux, n'est pas nouvelle, mais elle semble, à New York particulièrement, attiser l'imagination des urbains qui passent quotidiennement devant. En témoigne d'ailleurs le projet baptisé Department of Urban Betterment (DUB) qui est apparu dans les derniers mois dans la ville de Woody Allen, Paul Auster et d'Henry Miller et qui consiste à transformer plusieurs de ces appareils en... bibliothèques urbaines pour stimuler le partage de livres. Tout ça parce que, comme le disait Lavoisier, «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme».
 
 
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