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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Les mutations symphoniques ou quand Mozart et Stravinsky s'invitent dans les univers technos

    Source: miamismpix.com<br />
    Photo: Source: miamismpix.com
    Si le jeune auditoire ne vient pas à toi, va à lui. Depuis quelques semaines, le New World Symphony Orchestra de Miami, en Floride, s'est donné pour mission de rapprocher l'univers classique symphonique des jeunes générations dont les oreilles sont généralement détournées de cet art séculaire. Et pour y arriver, l'institution musicale ne manque pas d'audace: elle fait se rencontrer, dans des soirées de type techno-rave, Mozart, Stravinsky avec... les tonalités de la musique techno. Puristes s'abstenir.


    Baptisées Pulse, ces soirées, dont une récente livraison vient de faire l'objet d'un délicieux papier dans les pages du Wall Street Journal, se jouent au New World Center, nouvelle salle de concert signée Frank Gehry que s'est donnée la métropole sous le soleil.

    Spectacle qualifié de non conventionnel, il a mis en scène des DJ, leurs tourne-disques, leur musique électronique, tout comme les partitions des plusieurs grands compositeurs classiques avec des arrangements capables de faire de la place aux codes narratifs propre à la musique dite binaire. Et concrètement, quand on écoute ce fichier sonore, ça donne ça.

    Cette mutation symphonique, souligne le quotidien américain, serait inévitable pour affronter un auditoire qui s'érode au fil des années. Des chiffres? En 1982, 13 % des adultes américains fréquentaient les temples de la musique classique. En 2008, cette proportion est tombée à près de 9%.

    Dans ce contexte, cette idée de recherche et développement adaptée à l'art n'est donc plus seulement un luxe ou une excentricité. Elle devient plutôt une des façons d'assurer la survie des orchestres symphoniques, estime Michael Tilson Thomas du San Francisco Symphony Orchestra et directeur artistique du New World Symphony. «Pour exister, nous ne pouvons plus seulement rejoindre le public en jouant, dit-il. Nous avons désormais l'obligation de créer de nouveaux publics».

    L'initiative décalée et atypique de l'orchestre de Miami s'inscrit d'ailleurs dans un vaste mouvement amorcé aux États-Unis, comme au Canada, où plusieurs institutions culturelles n'hésitent plus à déplacer les cadres de diffusion traditionnels pour trouver de nouvelles zones d'exposition de leur art et surtout pour s'adapter aux besoins d'une génération montante, hyperactive et technophile qui ne répond plus aux mêmes stimuli artistiques qu'avant.

    «La musique classique peine à atteindre la génération iPod, résume Alan Brown, un spécialiste des mutations culturelles aux pays de Barack, qui explique que cette génération est davantage séduite par les créations en format court, par la fusion des musiques et des champs d'expression artistique que par une composition classique de deux heures livrée dans le classicisme d'une salle de concert qui, pour elle, parait forcément poussiéreuse.

    Et bien sûr, en mélangeant classique et art visuel, classique et hip-hop, classique et cinéma, classique et rap ou techno, la rencontre entre ces mondes est du coup facilité.



     
     
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