Après les amis, les ennemis comme nouvelle source de socialisation

Photo de groupe: Kim Jong-un, nouveau leader nord-coréen et ses amis<br />
Photo: Photo de groupe: Kim Jong-un, nouveau leader nord-coréen et ses amis

C'est trop propre et il faut que ça cesse. Irrité par le cadre faussement positiviste du réseau social Facebook, où les 800 millions d'usagers ont le droit d'afficher des «j'aime», mais pas des «je n'aime pas», un universitaire américain vient de mettre au monde EnemyGraph, une application qui permet de socialiser sur la base des ennemis que l'on peut avoir en commun avec d'autres. Redoutable...

Dean Terry — c'est son nom — expose la chose sur son blogue. Dans les grandes lignes, l'application, qui risque très rapidement d'être bannie du réseau social par l'empire Zuckerberg, propose de construire des liens numériques pas seulement en fonction de ses affinités avec les autres, mais également en suivant les «dissonances» qui peuvent parfois façonner des liens sociaux.

«EnemyGraph est une critique sociale de la philosophie de Facebook», reconnait le créateur qui présente sa chose comme un «blasphmène 2.0». Dans ce nouvel environnement, il est possible de socialiser autant sur le dos d'une personne que l'on n'aime pas, que sur celui d'un lieu ou d'un produit.

Le nouveau leader nord-coréen, Kim Jong-un pourrait d'ailleurs très bien tenir ce rôle. Pour le moment, le républicain Rick Santorum, le chanteur Justin Bieber, le logiciel Explorer 6, Fox News, les chats et le racisme occupent une place de choix dans la liste des «ennemis» qui peuvent unir les gens en ligne.

L'application de Terry, conçue avec l'aide de deux étudiants, Bradley Griffith et Harrison Massey, vient répondre partiellement à une critique souvent formulée à l'endroit de ce nouveau lieu de socialisation qui encourage les usagers à afficher leurs intérêts, mais empêche et condamne même parfois la propagation de liens dissonants. Bref, chaque jour «tout va pour le mieux dans [ce] meilleur des mondes», où tout de même 3 millions de personnes ont récemment signé une pétition pour que le réseau intègre la fonction «n'aime pas». Une fonction face à laquelle la direction de l'entreprise n'a pas présenté un pouce approbateur levé vers le haut. Pour le moment du moins.
7 commentaires
  • Edouard Mercure - Inscrit 27 mars 2012 17 h 40

    Pourquoi aimer?

    La fonction ''J'aime'' doit être considérée comme un vote, un moyen d'appuyer un éventail infini de propositions, d'idées, et de projets, qui permet une représentation véridique de l'opinion populaire sur tous les sujets et décisions susceptibles d'influancer une société. Il s'agit du futur de la démocratie; une démocratie participative (non ''abosulue'' ) et vérifiable ( visibles par tous). L'implantation de la fonction ''Je n'aime pas'' ne ferait que compliquer l'utilitée véritable du ''J'aime''; faire gagner une information en importance et en visibilitée.

    • Vincent Collard - Inscrit 4 avril 2012 10 h 55

      Cette vision des choses est séduisante, mais ne correspond pas du tout à la réalité. Ou plutôt si : elle correspond parfaitement à ce que Facebook veut nous faire croire.

      N'oublions pas que Facebook est une mégaentreprise privée, au même titre que Wal-Mart, Microsoft ou Exxon.

      La fonction «j'aime» a pour seul objet de créer des profils de consommateurs afin de cibler avec la plus grande précision possible le public d'une publicité donnée. L'espace dévolu à ladite publicité prend alors une très grande valeur pour l'annonceur, et Facebook fait des tonnes d'argent sur notre dos de pauvres naïfs.

      Non seulement ça n'a rien à voir avec la démocratie, mais ça renforce de plus en plus le pouvoir de la grande entreprise. Cela affaiblit d'autant celui de nos institutions démocratiques. Sans compter que ça favorise aussi la
      dilution du libre arbitre, donc de la liberté individuelle.

      Si c'est ça le futur de la démocratie, aussi bien commencer tout de suite à graver sa pierre tombale.

    • Edouard Mercure - Inscrit 4 avril 2012 16 h 25

      C'est bien vrai Vincent, j'ose croire que la possibilitée d'avoir une voix égale par internet permette d'annoncer les prémisses de la démocratie de demain... Il faudrait bien sur un site autre que Facebook, axé sur l'information, pourquoi pas anonyme, qui permette l'émergeance d'une représentation véridique de la majoritée, les "99%". Je crois qu'un tel site est à venir, il faudrait que sa gestion soit décentralisée, et qu'il relit également l'opinion populaire en terme géographique, et non en lien avec les ''amitiés''. Je sais que les sites d'occupation encouragent fortement d'utiliser ''Vibes'' ( premier réseau en ce genre; http://www.theregister.co.uk/2011/10/11/mobile_app ), mais il est loin encore de permettre au système actuel d'être remplacé par une démocratie numérique.

  • francois909 - Inscrit 28 mars 2012 08 h 12

    La pièce a deux faces

    Ce serait trop gros , nous devrions nous dissocier de l'exploitation et quitter le troupeau confortable pour finalement aller nous faire tondre ailleurs.
    Francois Maillet

  • Louis Cossette - Inscrit 29 mars 2012 08 h 05

    Aucunes de ces réponses

    Un corollaire au "Je n'aime pas" serait une case "aucune de ces réponses" sur les bulletins de vote: Si on n'aime pas les choix proposés, pourquoi ne pas avoir la possibilité de l'exprimer? Les votes annulés ne sont pas compilés mais ceux-là pourraient l'être...

  • Batiste Foisy-Wiriot - Inscrit 1 avril 2012 11 h 48

    Le bouton "Je n'aime pas" existe

    Il est possible d'ajouter un bouton "je n'aime pas" à Facebook grâce à un plug-in disponible pour Mozilla Firefox.

    https://addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/facebook-dislike/#

  • Jean-François Couture - Inscrit 3 avril 2012 11 h 37

    La facilité.

    Cliquer «j'aime», ou «je n'aime pas»? Et pourquoi pas ajouter «Rien à cirer» Et, un coup parti, «Allez donc au ****»

    De toute façon, cela ne me touche pas. Je ne «Touïtte» ni ne «Fécebouke». Je n'ai pas besoin d'avoir 8,888 «amis». J'en ai bien assez des excellents que je compte sur les doigts de mes deux mains. Et j'ai leurs adresse courriel ainsi que postale sans oublier leurs numéros de téléphone.

    Et surtout, je n'ai pas envie de nourrir ces deux bêtes. Je ne comprend toujours pas que les grands médias affichent partout leurs logos et nous invitent, qui plus est, nous poussent littéralement à leur confier nos coordonnées pour pouvoir «les suivre» et prétendûment interagir.

    Alors, pourquoi ne pas aussi afficher gratuitement les logos de votre café, de votre troquet, de votre véhicule préférés? Sur le chapître des médias dit «sociaux», je partage l'avis de la Commissaire à la protection de la vie privée au Canada, Mme Jennifer Stoddart. Je m'en tiens donc à distance.