Le ministre Vic Toews mis à nu sur Twitter

C'est un peu comme un arroseur qui se fait arroser. Au lendemain du dépôt du projet de loi C-30, qui vise à faciliter l'intrusion policière dans l'intimité numérique des Canadiens, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, l'homme à l'origine de ce projet, vient de se faire mettre à nu, malgré lui, sur le site de microclavardage Twitter où un internaute anonyme déverse depuis quelques heures des détails sur la vie privée de l'élu. Une riposte citoyenne qui, en s'appuyant sur des documents légaux de nature publique, tente de mettre en format 2.0 la logique du «oeil pour oeil, dent pour dent».

«Vic veut des informations sur vous. Allons voir les informations sur Vic». Sous ce simple descriptif, le compte @vikileaks30 se présente comme une façon de protester contre le dépôt hier en chambre par M. Toews du projet de loi C-30 qui cherche à renforcer les pouvoirs d'enquête des policiers dans les mondes numériques.

Le compte diffuse, depuis son apparition, des extraits de documents déposés devant un tribunal du Manitoba au moment du divorce de M. Toews. Chaque micro-message présente des détails sur la relation entre l'actuel ministre de la Sécurité publique et son ex-femme ainsi que des éléments pouvant expliquer ou éclairer la rupture. Entre autres choses.

Une cinquantaine de tweets a été produit pour le moment. Près de 1200 personnes se sont abonnées à ce compte.

Hier, le ministre Toews a fait l'unanimité contre lui dans les groupes de défense des libertés civiles en déposant le projet de loi C-30, version remaniée du projet de loi C-52 mort au feuilleton l'automne dernier. S'il est adopté dans sa forme actuelle, ce projet va permettre à l'État de récolter auprès des fournisseurs d'accès à Internet des informations personnelles sur les internautes, et ce, sans supervision judiciaire et sans justification de la part des autorités.

Décrié et présenté comme une source potentielle d'abus et de dérives sécuritaires, le projet de loi conservateur est au centre d'une vaste campagne de résistance, OpenMedia.ca, orchestrée par des organismes militants pour le respect de la vie privée. À ce jour, une pétition en ligne a permis de récolter plus de 90 000 signatures de Canadiens inquiets face à cette énième tentative du gouvernement Harper de resserrer le cadre légal et moral autour du quotidien des citoyens.
22 commentaires
  • Robert Vital - Inscrit 15 février 2012 16 h 31

    La vie privée

    J'ai beau ne pas être d'accord avec Toews, le projet de loi, ou même l'ensemble du gouvernment Harper, je trouve cette attaque à la vie privé du ministre complêtement inacceptable, et en bas de la ceinture. Un divorce est pénible et touche la moitié de la population adulte. S'en servir comme outil de vengeance politique dépasse ce qui est acceptable. Les média devraient y penser avant de contribuer à cette campagne de salisage. S'il était au Québec, Le Devoir ne pourrait même pas en parler parce qu'ici, fort heureusement, les dossiers en matière de famille ne peuvent être dévoilé. Un peu de décence, quand même!

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 15 février 2012 16 h 59

    La vie privée, ah oui?

    Un gouvernement qui se propose de profiter de la torture (à défaut de la pratiquer), d'envahir la vie privée des citoyens et de favoriser la dissémination des armes, ne mérite pas qu'on traite ses ministres comme des êtres civilisés. Il ne s'agit plus de s'opposer à des idées mais à des brutes imbéciles. Quand je suis malade, je ne discute pas avec un comité de bactéries: je prends des antibiotiques.

    Desrosiers
    Val David

  • Keven Chausse - Inscrit 15 février 2012 17 h 41

    Contradiction

    Ces tweets montre une belle contradiction entre les propos de Toews et ses actes...

  • Robert Henri - Inscrit 15 février 2012 18 h 47

    @Robert Vital

    Vous avez raison monsieur Vital. Cette attaque à la vie privé du Ministre est complétement inacceptable et en bas de la ceinture. Ça s'appelle l'effet miroir, l'effet boomerang. À son âge, il devrait pourtant savoir qu'il n'est pas mieux de cracher en l'air que de pisser contre le vent.

  • Vae Victis - Inscrit 15 février 2012 21 h 22

    Loi C-peu importe

    On pourrait tout simplement décider de se soustraire aux lois canadian et s'occuper de notre propre sécurité publique, en entier et selons nos valeurs.