jeudi 23 février 2012 Dernière mise à jour 00h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité
Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

Marché de l'emploi: le curriculum vitæ déclassé par le portrait numérique des candidats

Fabien Deglise   25 janvier 2012 13h36  Les mutations tranquilles
Scène du film Working Girl (TCF)<br />
Scène du film Working Girl (TCF)
Ça devait arriver! En matière de recherche d'emploi, le bon vieux curriculum vitæ vient de prendre un coup de vieux. À preuve, cette récente campagne de recrutement pour combler un poste d'analyste financier au sein de la compagnie d'investissement Union Square Ventures (USV) aux États-Unis. Particularité de la démarche: les candidats n'étaient pas invités à envoyer leur CV, comme dans le bon vieux temps, mais plutôt de transmettre une série de liens aptes à définir le «portrait numérique» qu'ils se sont construit au fil du temps dans le cyberespace. Les temps changent et les preuves en sont parfois étonnantes.


C'est le Wall Street Journal qui lève le voile sur cette mutation. En prise directe avec son présent, USV — qui connait bien l'économie numérique et les transformations sociales qu'elle induit pour avoir investi dans Twitter, Foursquare, Zynga et autres jeunes pousses technologiques — veut en effet connaitre de plus en plus l'état de la présence sur la Toile de leurs futurs employés, plutôt que les détails de leurs expériences de vie sur papier.

Outre les liens Internet pour témoigner de sa «présence sur le web», comme son compte Twitter, sa page Tumblr et autres lieux d'expression en format binaire, une petite vidéo dans laquelle les aspirants analystes devaient motiver leur candidature était également réclamée.

Sur son blogue, Christiana Cacioppo, employé de l'Union Square Ventures résume d'ailleurs très bien la nouvelle stratégie d'embauche de son employeur en expliquant que le curriculum vitæ ne livre pas assez «d'informations en profondeur sur un candidat». La jeune femme s'est d'ailleurs pliée elle-même à l'exercice en présentant son blogue personnel, son fil Twitter, sa page LinkedIn, ses collections de photos en ligne, dont plusieurs témoignant de ses vacances passées, comme arguments de vente pour décrocher son emploi au sein d'USV. «Nous sommes aujourd'hui plus intéressés par l'image des personnes, par ce qu'ils pensent», écrit-elle.

Entre l'être et le paraître, l'époque confirme de plus en plus le choix qu'elle est en train de faire. Un choix étonnant d'ailleurs à l'heure où le politique cherche dans certains coins du globe à mieux baliser les frontières entre l'espace public et l'espace privé, frontières que la numérisation des rapports sociaux tend à déplacer, voire à faire disparaitre.

L'Europe cherche d'ailleurs à donner le ton en la matière avec le dépôt aujourd'hui d'un projet de directive et de règlement qui vise à redonner aux citoyens le contrôle sur leur vie numérique et surtout à mieux régir l'usage des informations personnelles fait par les entreprises privées.

Signe des temps, le document propose d'interdire la collecte et l'utilisation de photos personnelles puisées sur Facebook et autres réseaux sociaux par des employeurs, rapporte la RTBF. Les autorités européennes veulent également institutionnaliser le «droit à l'oubli» où la capacité pour un internaute de demander à une entreprise qu'elle efface toutes les informations personnelles collectées sur lui. Une chose impossible à l'heure actuelle et qui finalement pourrait bien couper court à une mutation en train d'éclore dans le monde de l'emploi.


 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Pierre Lachance
    Inscrit
    mercredi 25 janvier 2012 19h33
    Danger
    Attention
    Encore une autre façon de contrôler les gens plus personne n'oserons parler et dire ce qu'il pense oka qu'un employeur éventuel le lise. Bien que cela se fait déjà mais en cachette.
    J'aime vraiment pas cette façon Hypocrite de contrôler.

  • Pierre Lachance
    Inscrit
    mercredi 25 janvier 2012 19h33
    Danger
    Attention
    Encore une autre façon de contrôler les gens plus personne n'oserons parler et dire ce qu'il pense oka qu'un employeur éventuel le lise. Bien que cela se fait déjà mais en cachette.
    J'aime vraiment pas cette façon Hypocrite de contrôler.

  • Frédéric Pageau
    Inscrit
    jeudi 26 janvier 2012 00h40
    Pas tres rassurant...
    Et apres ce sera quoi? Nos factures?

  • Claude Kamps
    Inscrit
    jeudi 26 janvier 2012 09h41
    Soyez vous même
    et vous n'aurez pas de mauvaise surprise!
    Si le futur employeurs ne veut pas comprendre que vous avez des défauts, laissez le tomber...
    Je ne vois pas l’intérêt de travailler pour une compagnie qui recherche des anges, souvent ce sont les pires hypocrites, non merci......

  • Sanzalure
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 07h30
    Avec les compteurs «intelligents» de l'Hydro-Québec
    Les autorités publiques/privées unies pourront bientôt mettre leurs données en commun pour étudier le cas d'une personne et s'assurer que ce qu'elle raconte sur Facebook ne contredit pas ce qui s'est passé dans son compte de banque, avec son utilisation des appareils électriques à la maison, lors de ses déplacements filmés par les caméras dans la rue, etc.

    Des milliards d'années d'évolution pour en arriver là...

    Serge Grenier

  • Hélène Morin
    Abonnée
    samedi 28 janvier 2012 11h31
    C'est ça le progrès???
    Je sais aussi que des employeurs demandent à des candidatEs d'écrire quelques lignes à la main pour ensuite procéder à une analyse de graphologie. Toute une intrusion dans la vie privée. Attention aux lettres pas complètes, attention aux pics... Attention à vos liens avec des groupes politiques sur Facebook, attention à vos mots grossiers.
    Mais une photo en bikini pourrait certainement aider certaines jeunes femmes à avoir une belle job dans une grosse compagnie.

  • martrobo
    Inscrit
    dimanche 29 janvier 2012 14h42
    La différence entre...
    la connivence et la convergence est la même qui différencie la pornographie de l'érotisme...Sommes-nous dans un monde érotique ou pornographique(un monde de putes)?

  • Dorisl
    Inscrit
    lundi 30 janvier 2012 10h34
    Fiction ou réalité...
    Dis-moi qui tu es et je te dirai si tu fais l’affaire!
    Ou… Dis-moi tous tes secrets pour mieux te contrôler.

    Le film « Woody et les robots » de Woody Allen semblait une situation irréaliste en 1973. Observer où on en est rendu et où on est dirigé.

    Maintenant que plusieurs se sont débarrassés des amalgames dentaires (obturations grises) néfastes pour la santé, voilà que les puissantes autorités publiques/privées veulent nous imposer encore plus de radiation : tours de transmission, compteur intelligent, etc. Encore plus d’intrusion et de contrôle sur nos vies privées.
    À ce titre, inutile d’imposer une loi sur les mesures de guerre pour contrôler la population. Il suffit de nous tenir endormi avec les nouvelles exigences. LA SOIF DU POUVOIR EST SANS LIMITE!

    Après ça, les observateurs-visionnaires critiques sont traités de paranoïaques.

  • Yann H. Contratto
    Inscrit
    lundi 30 janvier 2012 20h47
    Dans quel siècle vivent les journalistes du Devoir ?
    Je comprends que les journalistes du Devoir sont beaucoup plus rétrogrades que ce qu'on en dit habituellement !

    Après un début cinglant : 'Ça devait arriver !', et pourquoi pas 3 points d'exclamations tant qu'on y est ? Quand on a lu l'introduction du texte, on ne peut que comprendre que tous les rétrogrades viennent s’agglutiner aux propos déjà visqueux de cet article ... à moins que les adeptes de la grande crainte de 'Big Brother' ne soient désormais tous des retraités également lecteurs du Devoir ?

    Trêve de jeunisme, il existe de nombreux médias sociaux évolués qui permettent aux cadres de faire "Vivre' leurs CV. Tels sont les 'LinkedIn' et autres 'VIADEOS' qui font des ravages depuis déjà plusieurs années.

    Devez-vous pour autant craindre que les compteurs d'Hydro-Québec ne nous espionne ? Vu les propos laissés en commentaires, je dois affirmer avec beaucoup de sérieux que ... NON !

    Mais que signifie : 'Faire vivre un CV' ? Tout simplement, arrêter de figer ses expériences passées dans un document de traitement de texte, pour le rendre dynamique !
    - MÉKÉÇÉCA ?? Cela signifie, pour les gens, qui, TRAVAILLENT (pour de vrais, pas les BS), de pouvoir ajouter à son Curriculum notamment des références écrites de la part des clients, fournisseurs, mais aussi patrons et autres référents sur les Qualités de la personne.
    - KOMENÇA ??? Tout simplement en reliant les personnes ente elles afin de partager certaines de leurs relations (consentantes) professionnelles.

    J'aurai beaucoup aimé lire un article de fond là-dessus, surtout de la part du Devoir. Encore un peu de recherche Fabien, vous y êtes presque ! Il y a en effet tellement plus de matière sur ce sujet ... par exemple la veille qui peut s'exercer à partir de ces nouveaux médias sociaux pour des recherches d'opportunités commerciales ? De l'utilité de ces mêmes médias pour permettre à leurs utilisateurs de rejoindre en quelques instants plusieurs centaines de pe

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
9 réactions
14 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les liens de Fabien Deglise


Les autres blogues du Devoir

  • Mots et maux de la politique
  • Voyager avec Lio Kiefer
  • C'était bien mieux dans le temps
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012