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Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

Des enfants sur Facebook... avec la complicité des parents

Fabien Deglise   4 novembre 2011 10h12  Les mutations tranquilles
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On savait déjà que des millions d'enfants de moins de 13 ans ont une existence virtuelle sur Facebook alors que cela leur est interdit par la multinationale américaine qui a fixé justement à 13 ans l'âge limite pour ouvrir un compte dans ce vaste réseau social. On apprend aujourd'hui que cette présence d'enfants et de pré-adolescents est finalement encouragée par les parents eux-mêmes qui aident leur progéniture à franchir la frontière de l'interdit. Drôle d'époque.


C'est une étude publiée dans la revue scientifique First Monday qui vient de lever le voile sur le phénomène. Pilotée en partie par Danah Boyd, chercheure au Centre de recherche de Microsoft et spécialiste de la communication à l'Université de New York, elle confirme que les mensonges, formulés par les moins de 13 ans pour trouver eux aussi leur place dans le réseau social le plus épidémique de la planète Web, sont cautionnés par les parents dans une très large proportion.

Des chiffres? Au terme d'une enquête menée auprès de 1007 parents, âgés de 26 ans et plus et ayant à la maison des enfants de 10 à 14 ans, les scientifiques ont découvert que près de la moitié d'entre eux sait que leur enfant de 12 ans communique régulièrement par l'entremise de ce réseau. Pour les enfants de 10 ans, c'est un parent sur cinq qui dit être au courant de la chose. Et, fait étonnant, 70 % de ces géniteurs indiquent avoir soutenu leur enfant dans cette démarche en les aidant à ouvrir un compte Facebook et à configurer leur profil.

L'étude a été menée afin de mesurer l'effet des nouveaux outils de communication sur la législation américaine en matière de protection des mineurs dans les réseaux numériques, la Children's Online Privacy Protection Act (COPPA, pour les intimes) que Facebook et les autres viennent désormais malmener. Selon cette législation, aucune entreprise ne peut collecter des informations personnelles sur des citoyens de moins de 13 ans. Or, Facebook est un réseau social dont la fonction première est justement d'accumuler des informations sur ses usagers afin d'en faire profiter les publicitaires. Entre autres.

Au début de l'année, le magazine Consumer Report — le Protégez-vous des voisins du sud — avait établi à 7 millions le nombre d'enfants de moins de 13 ans actifs sur le réseau Facebook. Le Québec ne doit pas échapper à ce phénomène qui vient également faire trembler les assises de plusieurs lois en vigueur sur la protection de l'enfance. Notons que la législation ici rend illégale la publicité ciblant directement les moins de 13 ans. Une règle difficile à respecter dans un espace numérique qui ne cache plus ses véritables ambitions — devenir une vaste base de données sur les comportements des consommateurs. Base que les parents viennent désormais alimenter avec leurs enfants.
 
 
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  • André/Andrés 71 - Inscrit
    5 novembre 2011 19 h 33
    Les nouveaux enfants
    Je suis un peu surpris de voir autant de parents encourager et même initier leurs enfants aux réseaux sociaux dont on a signalé plusieurs dangers dont quelques-uns sont mentionnés dans l'article... Comme on dit chez nous, laissez-leur sécher le nombril, SVP.
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  • AnneCathS - Abonnée
    6 novembre 2011 09 h 33
    Où est le problème ?
    Quelle que soit l'ambition de base des réseaux sociaux, ils sont d'abord ce que nous en faisons. Facebook est la place publique sur laquelle nous entretenons des liens sociaux, le plus souvent pour le plaisir - même si plusieurs s'en font un outil de publicité. L'interdire aux moins de 13 ans était dès lors illusoire ; et je présume que ce n'est pas une surprise pour la plupart. J'ai plusieurs neveux et nièces qui l'utilisent avec l'accord de leurs parents ; et ceux-ci sont loin d'être permissifs. Suis-je la seule ? J'ai vraiment l'impression qu'on exagère démesurément tous les risques qu'on dénonce. Ou alors, depuis toutes ces années, j'ai une chance insolente...
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  • Volney - Inscrit
    7 novembre 2011 03 h 27
    Le problème ?
    Je suis encore outré de voir les masses qui utilise les réseaux sociaux sans trop se poser de questions et je dirais même que ça me choque moins d'y voir des enfant que des adultes qui possèdent les aptitudes nécessaires pour réfléchir et remettre en question leurs comportements.

    Facebook est aujourd'hui devenu une référence universelle dans la vie des masses et des médias. Beaucoup sont dépendants de ce service pour communiquer et échanger avec leur entourage. Or, il n'appartient qu'à une seule société privée d'en faire ce qu'elle veut. Du jour au lendemain, ils pourraient très bien tout changer et/ou supprimer des fonctionnalités sans le demander à personne : nous avons aucun contrôle sur un outil dont nous sommes dépendants.

    Intrinsèquement, nous ignorons ce que système fait vraiment : ce n'est pas sécuritaire. Comment peut-on accepter de devenir dépendant d'un service (comme pour tous les logiciels) où personne ne peut vérifier ce qui se passe vraiment sous le capot ?

    Les autres moyens de communications standards (téléphone, courrier électronique) sont pourtant basés sur des protocoles ouverts, et non sur un seul système propriétaire. Pour échanger des mèls ou pour utiliser un téléphone portable, nous sommes libres de choisir le service qui nous plaît. Ça ne vous choquerait pas que les usager Fido ne puisse pas échanger avec les usagers d'autres opérateurs ou que les usager Hotmail ne puisse échanger qu'entre eux ?

    Ensuite, si ces services sont gratuits, c'est parce que les usagers sont les produits. C'est les utilisateurs qui sont vendus...
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