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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Un livre numérique qui réfléchit sur lui-même

    11 octobre 2011 16h47 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Labyrinthe d'Ashcombe, Victoria, Australie<br />
    Photo: Labyrinthe d'Ashcombe, Victoria, Australie
    En voilà une idée qu'elle est bonne! Depuis plusieurs semaines, l'essayiste américain Peter Meyers a décidé de se lancer, en ligne et par l'entremise d'un blogue, dans l'écriture d'un bouquin numérique portant sur... le livre numérique. L'aventure auto-reflexive s'intitule Breaking the Page: Transforming Books and Reading Experience (traduction plus que libre: Sortir de la page: le livre et la lecture en mutation) et elle mérite forcément que l'on s'y intéresse.


    Meyers, qui bosse entre autres chez O'Reilly Media, a le sens pratique développé — il a signé récemment un palmarès des meilleures applications pour le iPad — et il le prouve avec ce nouveau projet qui regarde le livre numérique, en passant par un livre numérique, dans sa dimension plus pratique que théorique afin de tracer les contours des possibles qui s'ouvrent désormais aux auteurs et aux lecteurs par rapport à la traditionnelle version imprimée sur du papier.

    Le projet est ambitieux, mais il est aussi inspirant pour l'essayiste, lui-même éditeur de livres en format binaire, qui en plusieurs billets a pour le moment abordé les thèmes de l'arc narratif d'un récit à l'heure de la tablette et du 2.0, de la recherche à l'intérieur d'un ouvrage, de l'indexation, du principe transposé de la page qui tourne, de l'interactivité et du multimédia. Entre autres. 

    Contenant pour le moment plus de questions que de réponses — un signe d'intelligence, parait-il! — le bouquin en construction réfléchit donc sur la pertinence de développer des ouvrages au contenu qui déroule (de la même façon que l'internaute appréhende un contenu sur un site web), de faire revivre le principe de l'index — un truc que le papier à fait lentement, mais surement, disparaitre de ses pages —  ou encore d'exploiter la logique de l'hyperlien, ce qui, selon lui, met fin à la narration linéaire pour la faire entrer dans l'ère de la constellation.

    Avec une rigueur maniaque, Meyers essaye de déplier chaque feuille de ce casse-tête portant sur la transposition du bouquin d'un support à un autre en se mettant autant dans le fauteuil du lecteur que de celui de l'auteur, écrivain ou éditeur et en jaugeant surtout les outils de lecture actuellement disponible sur le marché, mais dont la forme et la capacité sont forcément condamnés à changer.

    Il le fait aussi en reconnaissant qu'aujourd'hui, étant donné la jeunesse de la mutation en cours, la plupart des intéressés avancent sur la route qui mène du papier à l'écran sans trop savoir où ils s'en vont, lui y compris. Et bien sûr, pour l'essayiste, cela représente une très bonne raison d'ouvrir les yeux pour s'y retrouver plutôt que de les fermer en espérant que rien ne bouge.
     
     
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