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    Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

    Michel Serres face à la génération mutante

    8 septembre 2011 13h06 |Fabien Deglise | Les mutations tranquilles
    Il y a des lectures qui font parfois plus de bien que d'autres: cette entrevue du philosophe Michel Serres, publiée dans le quotidien français Libération, en fait certainement partie. Il y parle d'un nouvel humain en construction, sous l'effet du numérique, d'une époque arrivée au point de basculement et surtout d'espoir dans la génération montante et mutante qui est autant la conséquence que la cause de ce grand bouleversement.


    Le copain de Michel Foucault, une autre lumière contemporaine, confirme qu'il a toujours l'oeil alerte lorsqu'il se penche sur les accros de la techno, la génération «Petite Poucette», comme il l'appelle, car capable de communiquer désormais uniquement avec le pouce (et un téléphone intelligent pour envoyer des textos, s'entend).

    Cette génération vit et stimule actuellement un moment charnière dans l'histoire de l'humanité «comparable à la chute de l'Empire romain ou de la Renaissance», dit le penseur qui ne s'en inquiète pas vraiment et appelle même ses semblables, nés bien avant l'avènement du baladeur à cassette — en gros —, à appréhender la mutation sans réticence. «La seule façon d’aborder les conséquences de tous ces changements, c’est de suspendre son jugement, dit-il. Les idéalistes voient un progrès, les grognons, une catastrophe. Pour moi, ce n’est ni bien ni mal, ni un progrès ni une catastrophe, c’est la réalité et il faut faire avec».

    Une réalité face à laquelle Serres, lui, reste très lucide en suggérant d'avoir une certaine bienveillance à l'égard des mutants du moment qui entreraient, selon lui, dans l'ère de «l'individu seul au monde», croit-il. «Pour moi, la solitude est la photographie du monde moderne, pourtant surpeuplé». On n'en a jamais douté: l'octogénaire a toujours bien compris son présent. Et il continue à le faire.
















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