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Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

L'angoisse du vide numérique

Fabien Deglise   27 juillet 2011 13h13  Les mutations tranquilles
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Tablette (numérique) et tabac: même combat! Une étude britannique vient en effet confirmer ce que plusieurs adeptes du tout technologique commencent à soupçonner eux-mêmes: les nouveaux outils de communication seraient en train de créer chez plusieurs humains une dépendance équivalente ou supérieure à celle induite par la cigarette et l'alcool. Rien de moins.


C'est Intersperience, une boite brit spécialisée dans la recherche comportementale dans le domaine de la consommation qui vient de faire cette découverte après avoir soumis à la question près de 1000 adeptes des technologies âgés de 18 à 65 ans.

Bilan de l'opération: plus de la moitié des répondants (53 % pour être précis) ont dit souffrir — intérieurement — lorsqu'ils étaient privés d'une connexion au réseau internet. 40 % des sondés affirment également se sentir bien seuls quand ils sont incapables d'accéder au cyberespace, envisageant même comme un drame le fait de vivre débranché à 100 % de la réalité numérique pendant au moins 24 heures.

D'ailleurs, résume l'entreprise, une journée sans iPad, iPhone, ordinateur portable, Facebook, Twitter et compagnie a été qualifiée «du plus grand cauchemar» par un et comme l'équivalent de «se faire couper les deux mains» par un autre. Un fumeur ou un alcoolique n'aurait pas dit mieux.

«Les outils technologiques de communication sont incroyablement envahissants, résume Paul Hudson, grand patron d'Intersperience en introduction de cette analyse qui montre «le rôle dominant que jouent aujourd'hui ces outils dans nos relations amicales, dans nos façons de communiquer, dans la construction de notre vie familiale, dans notre travail, nos comportements d'acheteurs et dans la façon dont nous interagissons avec le monde». Un cocktail qui attise désormais ce qu'il est permis d'appeler, sans trop d'exagération, une dépendance numérique.

Le phénomène est contemporain. Et il serait aussi là pour rester, indique le Huffington Post en rappelant que les résultats de l'étude britannique confirment l'état de dépendance numérique identifié récemment dans une recherche menée à l'Université du Maryland auprès de 200 étudiants, dans 10 pays différents. Des étudiants qui ont évoqué l'inconfort physique, l'angoisse, le stress après avoir participé à une expérience audacieuse à l'ère du 2.0: vivre pendant 24 heures à peine loin d'un réseau numérique.
 
 
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  • Roy,Louis-Augustin - Abonné
    27 juillet 2011 15 h 08
    Dépendances
    En fait, que ce soit une dépendance aux drogues, au sexe, à l'alcool, à l'argent, au cyberespace, à la porno, au jeu vidéo ou au travail, toutes ces formes sont néfastes pour quiconque puisqu'à la base, ce n'est pas l'objet de dépendance qui importe, c'est la dépendance elle-même qui met en déséquilibre une personne.

    Cela dit, certains objets sont plus faciles d'accès ou sont socialement promus (travail, argent), ce qui laisse l'impression que d'aucunes dépendances sont moins graves que d'autres ou sont moins publicisées comme étant graves, avec des conséquences que l'on imagine moins fortes selon notre échelle de valeurs.

    L'accessibilité et la toute relative « frivolité » de l'expérience numérique fait croire que la dépendance à ses outils n'est pas aussi dangereux qu'aux drogues ou à l'alcool. Mais justement : c'est son accessibilité, dans ce cas, qui est perverse : comme l'héroïnomane qui, après s'être débarrassée de cette dépendance, est incapable d'arrêter le pot ou la cigarette, parce qu'ils sont tellement plus accessibles.

    En ce sens, je ne suis pas trop surpris de voir les quelques statistiques que vous nous présentez de cette étude.
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  • Hanna - Inscrit
    28 juillet 2011 08 h 11
    dependance numerique,j'adore!
    Je ne suis pas sur facebook, je n'ai pas de i pad et surtout je ne texte pas. L'ere de la technologie, cette ere de fausse communication est pour moi un choix, tout comme les drogues et je ne crois pas que leur accessibilite en soit la cause. L'etude ne me surprend pas, je le vis au quotidien la majorite de mes amis ne sortent pas sans leur telephone, je deteste l'idee d'etre disponible 24/24. Qui sait encore aujourd'hui utiliser une carte routiere, memoriser un numero de telephone... cet ere du numerique n'apporte rien de bon a l'humain en plus, les gens s'endettent pour cette fausse mode d'etre branche sur tout mais completement deconnecte de l'essentiel, les relations humaine. Au Japon l'utilisation du telephone est interdite dans les autobus, les metros on y voit un grand manque de respect pour les gens autours. A quand des tickets moderateur de sonnerie agressive?
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  • Vincent de Grandpré - Inscrit
    29 juillet 2011 08 h 38
    Sujet connus et totalement rejeté par les utilisateurs
    Je suis plongé - à la Obélix - dans l'informatique depuis 21 ans maintenant et je ne suis pas encore arrivé à la trentaine. C'est dire que j'ai grandi avec la génération montante qui vit au quotidien avec les technologies.

    Depuis quelques années je constate autour de moi le constat phénoménal de la dépendance numérique. On a numérisé nos vies en se disant que ce serait plus simple, plus productif, en dépensant fortes sommes pour du tout-cuit sans efforts, du plaisir gratuit, en masse, de tous genre.

    J'ai vécu la névrose numérique et j'ai aussi vécu des épisodes plus graves avec les réseaux sociaux.

    J'ai surtout perdu beaucoup de temps de ma vie, et j'ai pratiqué l'isolement sans pour autant vivre la solitude, ce qui est à mon sens néfaste.

    L'être humain a besoin de solitude, de faire un vide autour de soi et de cesser d'être stimuler pour bien se retrouver.

    Or avec la sous-culture Geek et tous les schèmas névrotiques qui ressort des activités sans buts et de la dérive du plaisir instantanné, il est clair pour moi que la société n'avance pas dans le bon sens.

    Individuellement j'ai fait le choix de diversifié mon univers en pratiquant des activités enrichissantes, belles et épanouissantes. Cela a fait toute la différence.

    Je suis très heureux aussi de ne plus utiliser Facebook et les sites sociaux et de m'éloigner de la laideur d'Internet.

    Même si on me considère comme faisant partie de la sphère restreinte des surdoués en technologies, je suis en même temps conscient de l'impact négatif de ces dernières sur la vie quotidienne et je blâme les grandes entreprises de nous bourrer d'inutilités et de futilités dans cette ère où l'humanité se perd à petit feu, à petites gorgées, à petits clics de souris.

    À tord ou à raison, cependant, la technologie apporte de belles et grandes choses, telles la révolution libre (les logiciels Open Source) et la création de programmes et de systèmes sous licences artist
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  • Matemiste - Abonné
    29 juillet 2011 18 h 57
    Dépendance potentiellement éducative du moins
    Toute dépendance n'est pas équivalente, le problème est de s'y perdre en faux désirs au lieu de s'en servir comme outils de dépassement de soi.

    La technologie avance tellement vite que notre jugement d'hier ne s'applique pas demain et toute cette information incroyable à portée des doigts est utilisable à bon escient... Évidemment le potentiel de s'y perdre a plus rapport à l'éducation et a une volonté personnelle de maitrise... à chacun de choisir toujours j'espère que l'on ne va pas commencer à traité les gens comme dans le film THX 1138 ou nous n'aurons plus de choix que de subir ou mourir la loi qu'on décidera pour d'autre sans possibilité de rien changer.

    Moi je ne veux rien savoir de Facebook, d’ailleurs la meilleure image que j'en ai vient d'un texte que j'ai trouvé par hasard de mes recherches: "Facebook ou un camp de concentration sans larmes"... Vous savez on fini par ce lasser des gens qu'on ne fait rien pour se rejoindre qu'en ils sont a porter d'un click au lieu de prendre du temps de qualité lors de vrai rencontre en face à face, toujours trop pressé il me semble... Maintenant je prend le temps pour cette priorité, par décision.

    Les peurs (l'angoisse) que l'on ne peux dépasser tue tranquillement l'esprit... il faut s'en libérer et se faire confiance. Tout le monde est à notre porté la dessus il faut s'en servir sagement et évoluer franchement.
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  • Noël-Hugo Séguin - Inscrit
    4 août 2011 13 h 08
    Partager le vide
    Je m'empresse de partager le lien vers ce blogue sur Facebook afin d'y prévenir mes ami-e-s des dangers de l'angoisse du vide numérique.
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  • agatha - Abonné
    10 août 2011 10 h 37
    La dépendance post-gutenbergienne est-elle pire ou différente de la gutenbergienne?
    D'accord, et pourtant...Comment vous sentiriez-vous si vous deviez vivre 24 heures sans accès aux livres, journaux, revues, papiers et crayons et toute autre forme de communication écrite?
    Moi, je me sentirais absolument incapable d'exercer ma profession ou de vivre mes moments de loisirs.
    Je dois souffrir d'une très grave dépendance gutenbergienne. Ou, comme le disaient les prêtres du Moyen-Âge, je dois être possédée par ce démon.
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  • mariocha - Abonné
    11 août 2011 07 h 04
    Bien vu !
    Très bien relativisé M Faullem ! Une étude sur un sujet bien précis, isolé du reste des phénomènes sociaux doit être considéré comme un exercice. Celui-ci montre en fait une continuité dans notre civilisation plutôt qu'un problème nouveau.
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  • Ka_Greg - Abonné
    11 août 2011 13 h 57
    Accro ou ne pas être accro là est la question!!
    J'habite dans le Grand Nord. Un Grand Nord trop grand pour que je puisse inviter ma famille et mes amis à souper. Alors parfois on se branche sur Skype et on soupe «ensemble» Est-ce que ça fait de moi une accro??

    Comme il n'y a pas de commerce chez moi je suis toujours à un click des magasins...Oh! Mon Dieu!! Ça y est...je suis un accro d'internet doublée d'une accro du shopping!!!!!

    Tout est question de point de vue. Certains ne peuvent vivre sans acheter, d'autres sans le camping, d'autres sans le luxe...à chacun son bobo!!! Une chose est certaine c'est que les gens qui ont peur d'éteindre leur téléphone ou leur internet durant 24 heures survivraient à cette épreuve. Oui mesdames et messieurs il fût un temps où l'on ouvrait un annuaire téléphonique lorsque l'on cherchait une adresse!!! Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort!

    Dans le Grand Nord des fois internet fonctionne et des fois non...mais quand ça fonctionne Dieu que je suis heureuse d'aller écornifler dans la vie des gens sur Facebook!!! Facebook, Twitter, MSN et autre sont souvent pratique car pour être honnête parfois au Grand Nord, il y a quelques longueurs!!!!!!!
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  • Léonel Jules - Abonné
    21 août 2011 09 h 01
    La notion de maturité
    Une pertinente étude que cette lumière sur l'homme moderne face à son son enfer ou son paradis... dans la continuité des outils qu'il doit créer pour l'accès à un certain bonheur... J'aime les propos ici de MATEMISTE qui indiquent bien que tout est dans le comportement. Cela dit, ces «réactions» donnent accès à une information globale qui touche l'essence de la vérité et le vrai sens en regard du phénomène numérique.

    Léonel Jules (Leyho)
    Artiste
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