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Les mutations tranquilles CULTURES + SOCIÉTÉ + PARADOXES

Vancouver: après les émeutes, les réseaux sociaux livrent leur pire côté

Fabien Deglise   21 juin 2011 21h15  Les mutations tranquilles
«Les crimes anonymes à l'ère du 2.0? C'est fini!», annonce un site Web. Près d'une semaine après les émeutes de Vancouver — pour une vulgaire histoire de hockey et de défaite — la Toile s'est mise en mouvement, à l'appel de la police, pour se transformer en immense espace de délation des émeutiers. Une justice populaire, numérique, instantanée, nominative, faisant fi des cadres légaux en place qui inquiète quelques juristes, protecteurs des droits civiques et pourfendeurs des dérives contemporaines. Alors que la jeunesse branchée qui a accepté d'alimenter ce nouveau travers des réseaux sociaux ne semble pas vraiment s'en formaliser.


La narration sociale induite par les nouveaux outils de communication vient-elle de déraper à Vancouver? C'est la question que pose en tout cas dans les pages numériques de la Harvard Business Review, l'éclairante Alexandra Samuel, directrice du Centre des médias sociaux et interactifs de l'Université Emily Carr. «Je suis profondément dérangé de voir avec quel enthousiasme la communauté des réseaux sociaux a adopté un nouveau rôle, écrit-elle dans une analyse du traumatisme vancouvérois: pas dans l'observation, pas dans le journalisme citoyen, mais plutôt dans la surveillance civique».

On arrête et on remonte un peu. Le 15 juin dernier, Vancouver vibre au temps de la coupe Stanley et de la déprime après le blanchissage des Canucks — son équipe de hockey — en finale face aux Bruins de Boston — les méchants. L'humiliation a deux chiffres: 4 et 0. La suite est alors prévisible: pendant 3 heures, des milliers de fans aigris prennent le contrôle du centre-ville. Il y a de la colère, des larmes, de l'alcool, 150 blessés, des centaines d'arrestations, des commerces, du mobilier urbain et des voitures de police mis à sac. Il y a aussi des milliers humains branchés, carburant au iPhone et au narcissisme 2.0, qui filment le tout et diffusent les images sur les réseaux sociaux.

L'émeute tranche avec le caractère zen et plutôt pacifiste de la métropole de l'Ouest. Elle incite aussi plusieurs internautes à riposter par les codes binaires. «Écoutez: les réseaux sociaux devraient permettre d'arrêter tous ces idiots», écrit un adepte de Twitter. «Eh les émeutiers, les réseaux sociaux n'existaient pas en 94 [où un scénario sportif similaire avait donné le même résultat dans la même ville], ajoute un autre. Vous allez vous faire arrêter et je le souhaite». «La gang, en rentrant chez vous, mettez en ligne vos vidéos, poursuit un énième abonné du site de microclavardage. Idée de site web [à mettre en place]: identifions ces épais». En 140 caractères, l'urgence et la spontanéité ne donnent jamais de la grande poésie.

La police de Vancouver, par l'entremise de son compte Twitter, scelle ce projet social en formation en demandant aux témoins des émeutes de lui transmettre photos et vidéos pour permettre d'identifier les malfaiteurs. La réponse est instantanée comme en témoignent les sites web et pages Facebook créés dans les heures qui ont suivi le drame. La délation entre dans le cyberespace. La Vancouver 2001 Riot criminal List ouverte en ligne par de simples citoyens donne le ton.

Le hockey n'aura jamais été autant source de réflexion. C'est qu'à l'heure des bilans, il est effectivement possible de se questionner sur cette compulsion très contemporaine à vouloir mettre son présent en scène, en photo et en géolocalisation, dans les réseaux sociaux et désormais sur les effets délétères de cette compulsion individuelle sur le collectif.

Un doute? Numérique ou pas, l'identification dans des médias — sociaux ou pas — de présumés criminels entre dans un cadre légal que les anti-émeutiers collaborateurs de la police ont certainement dépassé, surtout en ciblant des vandales mineurs dont l'identité est normalement protégée par le système judiciaire que le Canada s'est doté. Sans compter que ce système croit en l'équité, l'impartialité, la droiture, mais pas en la justice que l'on se rend soi-même et qui représente même un geste illégal.

À ce moment précis du billet, il est également inutile de rappeler qu'à une autre époque, sur un autre continent, la délation — peu importe sa forme — a largement contribué à l'extermination de plus de 6 millions d'humains et à plusieurs règlements de compte odieux.

«C'est une chose de prendre une photo pour raconter une histoire. C'est une autre chose de prendre une photo, de la diffuser avec une intention claire d'identifier une activité illégale (ou potentiellement illégale)», écrit Alexandra Samuel tout en ajoutant: «Je ne crois pas que j'ai envie de vivre dans une société qui transforme les réseaux sociaux en outil de contrôle et de surveillance sociale et collective. Ça me rend d'autant plus inconfortable quand je pense que cela pourrait être repris par le lobby pro-vie pour dénoncer les femmes sur le point d'avorter, des régimes totalitaires ou des patrons homophobes pour traquer les employés qui participent au défilé de la fierté gai».

Selon elle, les émeutes de Vancouver et le traitement citoyen qui en a été fait à l'ère du web participatif placent désormais les adeptes des réseaux sociaux devant un choix crucial pour la bonne marche de la démocratie et pour éviter les dérives totalitaires: Ils «doivent désormais décider si la surveillance doit faire partie de notre mission collective et de notre culture en ligne». Une sacrée bonne question qu'il est impossible de ne pas relayer.





 
 
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  • ssPopCorn - Inscrit
    21 juin 2011 21 h 08
    Seul dans le désert !
    Vous avez l'air bien seul dans votre coin à vous émouvoir de la dérive démocratique. Veuillez croire, cependant, que votre questionnement n'est pas inutile. Il sera peut-être possible, grâce à vous, d'influencer quelques législations lorsque le temps sera propice.
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  • Stephane Levasseur - Inscrit
    22 juin 2011 04 h 40
    Vous essayez de nous faire peur
    Vous tentez de nous convaincre des dangers de cette pratique en la comparant avec la délation lors de l'holocauste. C'est vraiment médiocre.

    J'ai eu honte d'être canadien en voyant les images de Vancouver faire le tour du globe. Et même Al Jazeera en a parlé! Pendant que le moyen-orient est en plein printemps arabe, nous aussi on manifeste violemment dans les rues...parce qu'on a perdu au hockey! Ostie qu'ils doivent rien comprendre et nous trouver colons...Et parce que des citoyens tentent d'aider la police, on a peur "des dérives totalitaires" comme vous dites? Pincez-moi quelqu'un.

    Stephane Levasseur
    Quebec
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  • Henry Fleury - Inscrit
    22 juin 2011 06 h 24
    Chaos et Shoa même combat ?
    Phénomène intéressant au plan social. Dommage que Claude Lévy-Strauss ait levé les feutres. Par contre, il y a deux poids, deux mesures, M. Deglise, et comaprer les émeutiers de vancouver aux victimes de la Shoa déborde pas mal du cadre et du narcissisme 2.0 dont vous aviez de façon intelligente commencé votre papier. Oui, fouiller le phénomème est fort intéressant au plan social pour qui cherche à savoir où s'en va notre monde par ces temps de révolution ? Le printemps arabe nous l'a un peu montré.
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  • Lenga Nguyen - Inscrite
    22 juin 2011 08 h 41
    La loi de Godwin
    Ça y est, ça n'a pas manqué! Encore un autre qui a cédé à la tentation d'invoquer les Nazis et le génocide pour appuyer ses arguments. Ce qui ne fait que démontrer la faiblesse desdits arguments.
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  • Marianne Marcotte - Inscrite
    22 juin 2011 09 h 36
    Waw!!!
    La logique est inplaquable... c'est pas grave de tout briser et de blesser 150 personnes, mais surtout, ne nous voller pas notre libertée de faire un émeute!!! Ha ca non, notre droit de nous comporter comme des cromagnons ( façon de parler, pense pas qu'il ait été assez stupides pour ca..) c'est un droit aquis, aucune délation possible!!
    Bin voyons donc, si vous aviez été blessé ou vollé durant la bataille, vous penseriez pareil mr Deglise? Relisez vous un peu et pensez un peu aux autres qui on du la trouver ordinaire de se faire blesser.... @ Stephane Levasseur: très d'accord qu,il n'y a rien à comparer entre le meurtre programmé par les nazi et la délation de criminel de foire que je considère assez denoncables...
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  • Jean David - Abonné
    22 juin 2011 11 h 05
    Cyber-stoolers !
    Se cacher derrière les réseaux sociaux pour rapporter en cachette....pathétiques les nouveaux "on-line-bons-citoyens". Des vieux-jeunes ! 100% récupérés ! Peuvent bien voter pour Harper...
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  • des Prunes - Abonnée
    22 juin 2011 13 h 49
    Reponse à Lenga
    Réponse à Lenga :
    Et s'en prendre aux arguments...c'est éviter le sujet!

    Et sur le sujet :
    Je suis bien d'accord avec F. Deglise et A. Samuel (à lire!). La délation ça ne rapporte rien et ça n'a rien à voir avec la responsabilité citoyenne. Ce n'est pas approuver la violence que de ne pas tomber dans la bêtise et devenir justicier du dimanche. Un tel comportement risque de nuire plutôt qu'aider à la justice.
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  • Lan Vi Pham - Inscrite
    22 juin 2011 16 h 13
    Des comparaisons boîteuses qui invalident le propos
    Que certains s'inquiètent de la cyber délation, d'accord. Mais il ne faut pas tout comparer, c'est idiot. Honnêtement, on ne peut pas comparer ceux qui prennent des photos de jeunes en train de joyeusement détruire la propriété d'autrui (par pure soif de violence) avec ceux qui ont dénoncé les Juifs aux autorités nazies ou encore à ceux qui s'en prennent publiquement aux femmes souhaitant avorter. Ces derniers ont voulu et veulent priver les Juifs et les femmes de leurs droits les plus élémentaires. Les cyber-délateurs de Vancouver ne cherchent pas à priver autrui de leur droit, mais à faire stopper efficacement la violence et la desctruction gratuite. À moins qu'on ne considère la desctruction des biens d'autrui comme un droit personnel?
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  • Gilem - Inscrit
    22 juin 2011 21 h 30
    vous essayez de nous faire peur!!
    Je suis en total accord avec Lan Vi Pham et Stephane Levasseur, si cela peut retenir ces voyous d'agir de la sorte a l'avenir tant mieux!!
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  • Bernard Fruteau de Laclos - Abonné
    22 juin 2011 22 h 28
    Les média sociaux n'ont rien à voir dans la discussion
    Le point central que l'on doit considérer. à mon sens est : est-il civique ou fasciste de dénoncer à la police des auteurs de méfaits. Que ce soit par photos, films, vidéo ou portraits robot ne change rien à l'affaire. Quant à la diffusion publique de films montrant des personnes mineures ou non en train de commettre certains actes en public, les gens qui regarderont les films porteront leur propre jugement sur la nature de ces actes.
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  • Rosy Cyr - Inscrite
    23 juin 2011 04 h 56
    Le hockey devenu une cause sociale?
    Ici, au Sénégal (et dans plusieurs autres pays aussi) plus de la moitié de la population peine quotidiennement pour trouver l'argent nécessaire qui leur permettra de préparer au moins un repas par jour... La majorité n'a pas l'argent nécessaire pour s'offrir des soins primaires (médecins, dentistes, hospitalisation, etc.)... Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Et, à Vancouver, on crée des émeutes et on fait de la casse pour la coupe Stanley????
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  • Lisedo - Inscrit
    23 juin 2011 07 h 35
    Médias sociaux et dénonciation.
    En accord avec Bernard Fruteau de Laclos.
    Que la police enquête avec des moyens traditionnels ou à travers les médias sociaux mènent au même résultat: la réprobation de comportements destructeurs ou anti-civiques, punissables au sens de la loi promulguée dans une société donnée. Le bien d'autrui est le bien individuel de quelqu'un d'autre et il mérite respect.
    Oui on peut penser que le pouvoir des médias sociaux peut mener à la dérive. Mais les "briseurs de vitres" doivent aussi accuser une réalité évidente: la médaille a deux faces. Le discernement est donc de rigueur. Les médias sociaux ont deux finalités: promouvoir le narcissisme et la dénonciation de tout méfait social. Par le biais des idées ou des images. Chacun doit assumer son propre coût d'utilisation.
    Lise Des Ormeaux
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  • Lenga Nguyen - Inscrite
    23 juin 2011 09 h 52
    Réponse à des Prunes
    Bizarre... Et moi qui croyais que dans une discussion, on avait le droit d'évaluer les arguments d'un côté et de l'autre. J'ai trouvé que les arguments de M. Deglise étaient affaiblis par sa référence au nazisme, et je n'étais pas la seule à le penser. Mais d'après vous, j'ai évité le sujet? De quoi pensez-vous que je parlais? Des inondations en Montérégie?
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  • JoBlow - Inscrit
    23 juin 2011 10 h 19
    Big Brother
    Avec le web 2.0 et tout les gens qui possèdent une caméra photo et vidéo dans leur cellulaire, Big Brother ce n'est pas l'état. Big Brother c'est nous tous ! Le gouvernement n'a pas besoin de créer un système de surveillance avec caméras, satellites et autres technologies. Tout bon citoyen filmera les crimes et délis des autres et le publiera en ligne, pour ensuite que les autorités puissent sévir. Wow... Qui aurait cru ?
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  • Marc L - Abonné
    25 juin 2011 08 h 27
    Une justice populaire, numérique, instantanée, nominative, faisant fi des cadres légaux en place qui inquiète quelques juristes...
    Excusez-moi, mais si des imbéciles veulent démolir la propriété d'autrui et qu'ils se fassent dénoncer, je dis "Bravo !"

    Ce ne sont pas des Juifs innocents qui sont dénoncés pour être par la suite envoyés dans les chambres à gaz, parce qu'ils sont juifs, mais des gens qui, sciemment, ont choisi de poser des gestes dégoutants. Les références à Big Brother sont tout à fait inappropriées et une grossière caricature de ce qui est arrivé.

    Considérant qu'au départ, les actes des casseurs sont tout le contraire d'actes d'héroïsme, tout citoyen qui peut aider la police devrait pouvoir le faire, sans se faire accuser d'être des "collabos" avec la connotation péjorative qui s'en suit. À mon avis, les seules personnes qui se plaignent de cette situation sont probablement des avocats de la défense qui risquent de voir utiliser en preuve des photos et vidéos qui viennent trop facilement démolir leurs indéfendables clients. Évidemment ces avocats aimeraient bien prétendre que ces preuves n'ont pas été obtenues selon les "règles de l'art" et qu'elles ne seraient pas utilisables en cour, mais dans ce cas, ce n'est pas la justice que défendent les procureurs de la défense, mais leurs propres intérêts particuliers.
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  • Stradart - Inscrit
    25 juin 2011 09 h 05
    Oufff! Holocauste... faut le faire le lien Mr.!
    Vraiment n'importe quoi là! Vous vous servez de votre bon vieux cliché... liberté de presse quand ça fait votre affaire alors que la plupart des citoyens trouvent que votre travail "journalistique" tout médias confondus est de plus en plus impropre et contrôlé. S'il y avait de votre part la moindre honnêteté et le moindre courage, bien des horreurs tant gouvernementales et justicières seraient dans vos front pages. Des politiciens corrompus, des pédophiles, des magnas de la finances pourris seraient coincés! Mais non, vous vivez de la misère et des petites cachotteries des big boss. Vous êtes trop occupés à courir les mariages des princes British comme des vautours affamés et faites une histoire de 11 arrestations lors de la fête nationale! C'est l'heure des comptes et des révolutions mon ami, faites-vous à l'idée parce que les citoyens du monde en ont assez avalés de vos histoires et de vos manques d'histoires... Fini la télé réalité truquée...les citoyens vont faire le ménage de la crasse eux-même.
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  • André Savary - Abonné
    25 juin 2011 09 h 27
    Moyens de communications.
    Ce qui s'est produit a Vancouver et cette délation via les réseaux sociaux démontre surtout une nouvelle façon de communiquer.
    Un signalement "citoyen" fait à la police fait de façon traditionnel est plus difficile, plus contraignant... Et surtout moins "évident " qu'une photo ou une vidéo qui vaut mille mots.

    Je déplore depuis longtemps le vide nébuleux que les journalistes font entre "complicité et dénonciation" face à des criminels.

    Je ne comparerais pas les casseurs aux victimes de des nazis, mais il y a quand même matière a réflexion, Il y a effectivement de grands dangers de dérappages! Mais ou est la limite... Et surtout qui la fera???
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  • Jo Bio - Inscrit
    25 juin 2011 13 h 42
    Pas la bonne grille...
    Ce qui est en cause ici, ce n'est pas la délation, mais bien la volonté de dissociation.

    Depuis 1994, chaque fois que des évènements comme ceux de Vancouver se sont produits, le traitement médiatique nord-américain place l'entière communauté des amateurs dans le même sac de "morons". (Ceux du Canadien de Montréal occupent d'ailleurs le 11e rang du palmarès GQ à cet égard.)

    Faciliter l'arrestation des coupables (en nombre toujours relativement limité), c'est d'abord dire: Non, tous les amateurs des Canucks de Vancouver ne sont pas de pauvres crétins enragés.
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  • Patricia P - Inscrit
    26 juin 2011 09 h 29
    Big Browser is watching you...
    Je n'ai pas eu l'impression en lisant ce billet que l'auteur voulait faire une véritable comparaison, il évoque ces délations qui ont envoyé tant de gens dans les camps et ces autres délations qui ont mené à des exécutions sommaires. Le phénomène de la délation généralisée est partie prenante des systèmes totalitaires et c'est ce que le roman de Orwell, 1984, explique si bien. Lorsque tout un chacun devient l'oeil de la police, il y a un risque véritable. C'est en URSS que les parents devaient se méfier de leurs enfants, c'est en Allemagne nazie que le même phénomène se produisait et dans tous les pays totalitaires ce même phénomène se retrouve. Les réseaux sociaux démultiplient le pouvoir de délation et par tant le pouvoir de contrôle de l'état. Dans un temps où un gouvernement très à droite se trouve au pouvoir, moi, tout comme l'auteur et Alexandra Samuel, je m'inquiète profondément... Les casseurs méritent, certes, de payer pour leurs actes, mais cela doit-il se faire au prix de notre liberté?
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  • Jean Francois - Inscrit
    26 juin 2011 21 h 14
    A l'image des sports de télé.
    Assis à regarder des millionaires affronter ( car il aura un gagnant et un perdant) une autre équipe, de millionaires, aussi bonne pour pousser la rondelle que les premiers. Pendant ce temps, d'autres millionaires sont en train d'exploiter, de détruire, de corrompre, manigancer ...

    Soudenement l'assis se lève en étant très contrarié d'apprendre que les pousseux de puck millionaire, qui portent le chandail avec le nom de sa ville ( mais ne viennent probablement pas de cet endroit) ont pas poussé et frappé aussi fort que leurs adversaires. Le très habitué du petit ecran, qui aime bien se rassembler avec ces semblables, avait decidé de consomer des substances alterant la conscience de l'homme pour le moment de la grande espoire de voir ces millionaires spécialiste en poussage de puck pouvoir porter la coupe dans les aires. Ces grands moments de tendresse sont seulement apréciés si remportait par les chandails du même nom que son compte de taxe.

    Cette esperence de victoire transformée en amertume et humiliation ce reflectera dans les gestes portaient par les fanatiques qui avec les émotions ont complètement perdu la capacité de réflechir par eux même et décidé de suivre ces semblables dans ce mouvement de foules chaotiques qui semblent être pour eux le meilleur moyen de s'exprimer.

    Ces personnes, qui se sont exprimés de facon violente, devraient apprendre à se controler, mais est-ce la job du citoyens de jouer aux dénonceur ? Après tout le sport lui même est remplis de violence et de haine. Peut-on réelement etre surpris que la clientelle atirée par ces émotions réagit de cette façon ?

    Arreter et donner une contravention a ces fanatiques n'est aucunement une solution durable.
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  • vancouver vancouver - Inscrit
    28 juin 2011 17 h 32
    anarchisme?
    Je suis d’accord avec Rosy Cyr. Tandis que dans plusieurs pays, les gens ont du mal de se nourrir, à Vancouver, on est témoin de détruire, de mettre enfeu et de piller cette belle ville pour la Coupe Stanly .
    Je me demande, pourquoi on mélange le sport avec l’anarchisme? Je ne veux pas généraliser. Peut-être, il ne s’agit que de quelques anarchistes qui ont foutu le désordre; Mais que font les autres qui ont ont l’air de s’amuser comme s’ils ont assisté à un concert? C’est vraiment navrant!
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  • vancouver vancouver - Inscrit
    28 juin 2011 17 h 43
    Anarchisme?
    Je suis d’accord avec Rosy Cyr. Tandis que dans plusieurs pays, les gens ont du mal de se nourrir, à Vancouver, on est témoin de détruire, de mettre enfeu et de piller cette belle ville pour la Coupe Stanly .
    Je me demande, pourquoi on mélange le sport avec l’anarchisme? Je ne veux pas généraliser. Peut-être, il ne s’agit que de quelques anarchistes qui ont foutu le désordre; Mais que font les autres qui ont l’air de s’amuser comme s’ils ont assisté à un concert? C’est vraiment navrant!
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  • DelireWeb - Inscrit
    29 juin 2011 10 h 26
    Pas étonnant...
    ...N'oubliez surtout pas que ce sont des individus en chair et en os qui sont derrière ces réseaux! En ce sens, ces réseaux ne font qu'être le reflet de mentalités, ils ne sont pas la source du problème voyons. Ils sont un moyen, un canal, c'est tout et on en fait ce qu'on veut. Quand un chauffard "fonce dans l'tas", s'en prend-on à sa voiture?

    EXTRAIT : "(...) dont l'identité est normalement protégée par le système judiciaire que le Canada s'est doté. Sans compter que ce système croit en l'équité, l'impartialité, la droiture, mais pas en la justice que l'on se rend soi-même et qui représente même un geste illégal."

    Et ces gens de l'ouest ont voté massivement pour un gouvernement qui lui-même renie ces valeurs. Les réseaux sociaux ne font que nous montrer en pleine face la mentalité de ces gens qui ressemblent au pouvoir pour lequel ils ont voté. Faisons notre Québec et arrêtons de chialer en voyant des causes qui n'en sont pas pour nous détourner de la réalité...
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  • DelireWeb - Inscrit
    29 juin 2011 10 h 35
    Question de moyen et d'utilisation.
    Personnellement je ne suis pas d'accord avec ce système de délation publique, peu importe le moyen! Normalement on va voir la police si on a des doutes et des plaintes, on ne fait pas dans le salissage public, ce serait trop facile pour des magouilleurs de détruire des réputations, que se soit consciemment (magouilleur-diffameur) ou inconsciemment (erreur)!

    Oui le Web 2.0 est un outil permettant tous les excès (aussi de bonnes choses), mais ce n'est pas une raison de les faire : je crois que la police devrait utiliser de tels moyens, mais dans le respect de nos valeurs de démocratie (nous ne sommes pas des fascistes!... Sauf peut-être pour quelques harpistes extrémistes)...
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  • moise metellus - Inscrit
    29 juin 2011 10 h 44
    le journalisme "citoyen" et le reste
    D'apres Alexandra Samuel :«...Ça me rend d'autant plus inconfortable quand je pense que cela pourrait être repris par le lobby pro-vie pour dénoncer les femmes sur le point d'avorter, des régimes totalitaires ou des patrons homophobes pour traquer les employés qui participent au défilé de la fierté gai».

    -----
    Mon petit doigt me dit que les scenarios suivants dérangeraient Mme Samuel beaucoup moins :

    - une employée des services sociaux est filmée en train de participer à une manifestation pro-vie ( comportement légal)
    - un professeur d' école secondaire est filmé participant à une conférence dont le theme est la lutte contre l' immigration illégale ( comportement légal)
    - un haut fonctionnaire municipal est filmé à son insu en train de dire qu'il ne participera pas au défilé de la fierté gai parce qu'il ne ne se sent ni concerné ni à sa place ( comportement légal) et que les dragqueens le mettent mal à l' aise.

    Je crois que dans les 3 cas precedents, les personnes filmées en subiraient les repercussions et pourraient facilement perdre leurs emplois. Pas de prison mais des répercussions graves sur leur vie professionelles ou leur vie privée.

    Quelque chose qui me dit que ni Mme Samuel ni les indignés de gauche en général ne seraient choqués par tout cela car il s'agirait sans doute de dénonciation et de délations "citoyennes" et donc acceptables.
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  • moise metellus - Inscrit
    29 juin 2011 11 h 01
    filmer les crimes
    JoBlow
    Inscrit
    jeudi 23 juin 2011 10h19
    Big Brother
    ... Tout bon citoyen filmera les crimes et délis des autres et le publiera en ligne, pour ensuite que les autorités puissent sévir. Wow... Qui aurait cru ?
    ====
    Ce serait vraiment une si mauvaise chose que par exemple les agressions soient de plus en plus filmées par des tiers ?
    Rappelez vous : les crimes ça ne concerne pas seulement les vitrines brisées des capitalistes (qui méritent le méritent bien n' est-ce pas ?). Le crime public c' est aussi des personnes victimes parfois de violences physique ou dont les biens sont gravement endommagés.

    Ce qui m' inquiete plus c'est la possibilité pour ce qui releve *vraiment* de la vie privée de se retrouver sur le net. Dénonçons donc cela au lieu de défendre l' indéfendable.
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  • Dante79 - Abonné
    29 juin 2011 16 h 32
    De la nuance, SVP!
    Je suis d'accord pour dire que la comparaison avec des visées totalitaires ou ultraconservatrices est boiteuse et spécieuse. Aucun tribunal ne pourrait recevoir une cause visant à punir ce qui n'est pas un crime.
    Dans notre pays, l'avortement et l'homosexualité ne sont pas des crimes; le vandalisme et les voies de fait en sont.
    Cependant, c'est aussi vrai que le caractère public des médias sociaux pourrait faire en sorte que la cyberdélation donne lieu à des cas d'autojustice.
    Seule solution : fournir les enregistrements et les photos directement aux autorités sans passer par un réseau social.
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  • libertarian - Inscrit
    29 juin 2011 20 h 53
    c'est les valeurs qui comptent
    Je pense que nous devons nous demander pourquoi tant de gens ont envoyé leurs photos à la police dans ce cas. C'est parce que nous étions outrés que cela aurait pu arriver dans notre ville, parce que cela se répercute en quelque sorte sur nous en tant que communauté. On se tient pour responsable avec nos témoignages. Comment est-ce différent de la façon dont nous tenons responsables les agents de police qui ont été filmés en train de donner les coups de pieds à un homme impuissant, allongé par terre ? Comment est-ce différent du fait que le tournage de la mort de Robert Dziekanski a été utilisé comme preuve devant les tribunaux ainsi que pour sensibiliser le public sur les questions qui nous touchent tous? Je reconnais que c'est un nouveau monde, dans lequel « Big Brother » est partout. Mais ce qui est important à cet égard est l'élucidation de nos valeurs. Rien n'est caché de nos jours, personne ne peut se tirer d’une situation sans être puni. Nous entrons dans une ère de transparence où seulement l'honnêteté et la bonté va fonctionner. La vérité sera probablement découverte, alors le crime ne payera pas. Est-ce un problème ? Cela nous force tous à être plus responsable. Afin de s’assurer que cette transparence ne se tourne pas vers le côté sinistre, il faut que nous protégions nos droits de faire ce qui est légal ainsi que s’assurer que les délimitations de ce qui est considéré comme légal continuent à se développer de manière humaine. Pourvue qu’on continue à être outré par le manque de respect, je pense que ça va. Pour faire une analogie, considérons les manifestants étudiants de Tienanmen Square. Les étudiants qui ont été pris en photos ont été punis et / ou forcé de se rétracter parce que ceux au pouvoir trouvent la force et la répression acceptable et ne tiennent pas à la liberté d'expression.
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  • Charline - Abonné
    30 juin 2011 07 h 08
    Pourquoi faut-il plus de contrôle social?
    Difficile de croire et de comprendre que je vis dans une société qui approuve avec autant d'enthousiasme le contrôle social. Cette approbation collective peut mener a une telle dérive. Il n'y a qu'a lire les témoignages de ceux qui ont vécu dans des pays autoritaires, tous disent que la délation, le contrôle de leur liberté est ce qui a été le plus difficile a vivre. La Canada est pourvu d'un excellent système pénale et la surveillance policière est fonctionne bien. N'est-ce pas suffisant?
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  • Dominique Châteauvert - Abonnée
    5 juillet 2011 14 h 23
    Complément des caméras de surveillance
    Les téléphones mobiles jouent le même rôle que les caméras de surveillance et c'est très bien ainsi. Ils se complètent mutuellement. Ce genre d'outils favorisent un sentiment de sécurité mais aussi de bienséance personnelles.

    Lors d'un viol ou des viols collectifs, qu'ils soient filmés par des caméras de surveillance ou par des téléphones mobiles, les images constituent les preuves les plus efficaces qui soient pour incriminer les assaillants.

    Grâce à ce qui se passe à Vancouver et à la collaboration spontanée d'une tranche de la population, les émeutiers du futur y penseront à 2 fois avant de se laisser aller en se croyant protéger par l'anonymat de la foule.

    Si des caméras de surveillance était activées dans les chambres d'hôtel dès qu'une femme de chambre y entre avec sa carte à puce pour y faire son travail, l'affaire DSK n'aurait probablement pas eu lieu.

    Même chose pour l'agression d'une jeune femme dans une halte routière sur l'autoroute 20 dernièrement. S'il y avait eu des caméras de surveillance, elles auraient soit dissuader les 2 agresseurs, soit permis de les retracer plus facilement. Suite à cet évènement dramatique la SQ aurait affirmer que les haltes routières sont sécuritaire et qu'elles n'ont pas besoin de caméra. La SQ se trompe royalement. De toute évidence les haltes sont dangereuses et encore plus sans un tel équipement.
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  • Matemiste - Abonné
    8 juillet 2011 05 h 28
    Équité, impartialité, droiture? Pour certains plus que d'autres
    C'est surtout les propriétaires d’équipes qui le font fonctionner ce système et contrôle ceux qui donnent l'exemple sur la glace. Le hockey, depuis la fin du dernier "lock-out" a été libéré de l'accrochage qui ralentissait le jeu et où les accidents graves étaient moins nombreux. Maintenant le jeu est plus enlevant, oui, mais le danger est décuplé par l’action rapide et les mises en échecs frôlent souvent le coté sauvage de la compétition par l'avantage de le faire avec hargne implacable

    Les équipes (Les riches gouverneurs via leurs entraineurs, incidemment les joueurs) deviennent tentées de viser et mettre les joueurs clefs adverses, KO sournoisement, pour profiter d'un avantage immédiat. La situation est malsaine, parce que la ligue ne sanctionne pas et veut nous faire croire qu'elle encourage le spectacle des joueurs. Elle ne punis a peine, que les pires cas

    Cette mentalité qui perdure est, selon moi, une volonté de déplacer la frustration des fans ailleurs au lieu que les gens se préoccupent de ce qui va vraiment mal dans la société environnante où les riches propriétaires justement, peuvent continuer tranquille leurs vrais dommages humains, abus financiers et non-contribution sociale. Il y a des exceptions; M. Molson a démontré du bon sens en agissant en rare leader cette année

    Pour les émeutiers; En laissant faire cette absence d'arbitrage, les sbires de la ligue savent très bien qu'ils créent de la frustration d’impuissance fébrile dans les foules (il n'y a toujours qu'un seul gagnant et plein d'injustice), il faut lire Gustave Le Bon pour comprendre

    Pour être clair, je crois qu'ils jouent consciemment avec nos sentiments et initient ces émeutes, par l'exemple du laxisme d'arbitrage, ainsi justifier de plus en plus d’action policière et augmenter le sentiment de son besoin dans la population avec le but de protéger leurs richesses et en même temps nous refiler la facture « par la bande »
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