Québec: les taxis auront bientôt des visages

Même si plusieurs chauffeurs utilisent la même voiture, les clients sauront lequel vient le chercher grâce au nouvel outil élaboré par Taxi Coop.
Photo: David Afriat Le Devoir Même si plusieurs chauffeurs utilisent la même voiture, les clients sauront lequel vient le chercher grâce au nouvel outil élaboré par Taxi Coop.
À Québec, il sera bientôt possible de connaître à l’avance l’apparence de son chauffeur de taxi. À l’image d’Uber, la plus importante coopérative de taxi de la capitale affichera bientôt les photos de ses chauffeurs dans son application mobile.

Le Devoir a appris que Taxi Coop avait tenu récemment une séance photo avec tous ses chauffeurs et chauffeuses. D’après nos informations, on fournissait même des vestons et des cravates aux messieurs.

Tous les chauffeurs de taxis, même ceux qui ne sont pas propriétaires, ont dû se prêter à l’exercice. Dès lors, même si plusieurs chauffeurs utilisent la même voiture, le client saura lequel vient le chercher.

Est-ce à dire qu’on pourra refuser un voyage si le visage du chauffeur ne nous inspire pas confiance ? Après tout, c’est ce que font les utilisateurs d’Uber…

Non, répond le président de Taxi Coop, Abdallah Homsy. « Je ne pense pas sincèrement que les gens vont faire ça. […] Embarquer dans la voiture d’un privé, ce n’est pas la même chose. Mais avec nous, le client sait qu’avec un chauffeur de taxi, il est plus en sécurité. On n’est pas tous aussi beaux les uns que les autres mais on a tous été vérifiés pour les antécédents judiciaires, on a tous fait du taxi, on a tous passé des examens, on a nos licences. »

Phase test

Le nouvel outil est encore à la phase test, mais la coop vise à la lancer officiellement à la mi-septembre. L’application sera aussi utilisée dans les réseaux de Taxi Coop sur la rive sud de Québec, à Saguenay, à Laval et dans certains secteurs de l’Est de Montréal. « On vise aussi à l’implanter à Montréal », a signalé M. Homsy.

Outre les photographies de chauffeurs, la nouvelle version de cette application inclut le paiement intégré par carte ainsi qu’une estimation du coût de la course en fonction de la destination.

« Là, ce à quoi il faut que nos chauffeurs s’habituent, c’est le paiement direct. Le fait que la transaction se fait automatiquement dans la tablette, ça c’est nouveau pour eux. Parce qu’avec la nouvelle application, les gens vont avoir la possibilité d’avoir déjà payé avant d’embarquer dans la voiture. »

Taxi Coop a par ailleurs été l’une des premières entreprises de taxis au Québec à développer sa propre application pour mobile. Sa popularité reste malgré tout limitée. Lancée en 2013, elle serait utilisée pour environ 10 % des courses, sur les 200 000 courses à Québec recensées chaque mois. La coop a investi plus de 100 000 $ dans le projet.
4 commentaires
  • Maxim Bernard - Abonné 1 septembre 2016 21 h 06

    J'ignorais que les entreprises de taxi autres qu'Uber avaient maintenant des applications mobiles (je ne prends pas souvent de taxi). Il a donc fallu qu'eux arrivent dans le décor pour que les autres décident de se bouger un peu. Des fois, c'est ce que ça prend...

    Pour les photos, je suis sceptique. La plupart des gens, quand ils voient un visage, leur réaction est soit : «Ah il a l'air tout à fait sympathique !» ou «Il a l'air bête celui-là». L'idéal serait de ne pas montrer les photos (pour éviter les préjugés), mais de laisser les gens noter le service et voir les notes attribuées par les autres usagers. Ils pourraient refuser de se faire servir par ceux dont les cotes sont trop basses.

  • Marc Tremblay - Abonné 2 septembre 2016 04 h 54

    Choisir son chauffeur

    Oui, on doit pouvoir choisir son chauffeur.

    L'autre jour, je suis tombé sur un chauffeur avec une barbe de 2 jours, des piercings partout sur le visage et plusieurs tatouages dans le cou et sur les bras. J'ai eu peur de lui.

    • Maxim Bernard - Abonné 2 septembre 2016 23 h 16

      Qu'avons-nous à faire de l'apparence de quelqu'un ? L'important est que le chauffeur soit courtois, serviable et prudente. J'ignore si c'était le cas, mais quoi qu'il en soit, ce sont de terribles préjugés que vous avez. Bien des gens «ont l'air» effrayants, mais quand on leur parle, on se rend compte que ce ne sont pas des gens dangereux.

      Il faut toujours juger les gens sur ce qu'ils sont et font vraiment, pas sur l'apparence, qui est superficielle.

    • Sylvain Auclair - Abonné 2 septembre 2016 23 h 35

      Et pourquoi?