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    Le blogue urbain Le blogue urbain explore la ville comme espace de vie, autour de différents thèmes: transports, vélo, architecture, aménagement, étalement urbain, patrimoine. Un blogue collectif, écrit par des journalistes du Devoir passionnés de vie urbaine.

    Vivre en ville, 20 ans plus tard, droit en avant

    Beaucoup de travail reste encore à faire lorsque vient le temps d’imaginer les villes de demain, croit Christian Savard.
    Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Beaucoup de travail reste encore à faire lorsque vient le temps d’imaginer les villes de demain, croit Christian Savard.
    Redorer le blason des centres — urbains et villageois — a longtemps été le cheval de bataille de Vivre en ville, l’organisme s’activant depuis sa création, dans la foulée du Sommet de Rio, à faire des cœurs de ville des lieux de vie plus agréables. Délaissés au tournant des années 1980 au profit des nouvelles banlieues, les quartiers centraux et rues principales, alors moribonds, ont longtemps été en quête d’un second souffle.

    Vingt ans plus tard, son directeur général actuel, Christian Savard, estime que, même si de nombreuses batailles restent à venir, les villes du Québec sont dans la bonne direction. « Quand nous avons commencé à nous intéresser à ces enjeux, nous étions tous seuls, raconte-t-il en marge de la journée de réflexion organisée pour souligner les vingt printemps de Vivre en ville. On ne pensait pas la ville comme de la même manière », rappelant les grandes opérations de rénovation urbaine dont ont fait les frais les quartiers au cours du siècle dernier.

    Les quartiers centraux et de nombreuses rues principales villageoises arrivent dorénavant à se réinventer, empruntant — consciemment ou non — les différents préceptes mis de l’avant par Vivre en ville au fil du temps. Aujourd’hui, les projets de réhabilitation et de redynamisation fleurissent aux quatre coins du Québec, donnant bon espoir à l’organisation pour l’avenir. « Nous sommes rendus à un point décisif, insiste avec aplomb celui qui occupe son poste depuis 2007. D’un côté, nous avons cet American dream étalé défendu depuis des décennies et, de l’autre, ce nouvel idéal de ville centrée et concentrée. Après des années à s’opposer, on arrive enfin au moment où il faudra choisir. »

    Nouveaux défis

    Mais peut-on vraiment rêver de « ville idéale » proposée par Vivre en ville depuis 20 ans ? Est-il possible de rebâtir la ville sur la ville ? Ou mieux, sera-t-il possible de reconstruire les banlieues, sans nécessairement faire table rase de ces anciennes cités dortoirs ? « L’exemple des quartiers centraux montréalais est éloquent, note le directeur général de l’organisme. Réhabilités et redynamisés, ces derniers n’ont sans doute jamais été aussi populaires, parfois même un peu trop. »

    En ce sens, il ne faut pas oublier que plusieurs banlieues étaient d’abord des villages. Selon lui, c’est ce filon qu’il faudra exploiter dans les années à venir si l’on veut freiner l’étalement urbain. « C’est notre premier défi collectif pour l’avenir. »

    Au cours des 15 prochaines années — période cruciale de croissance démographique en urbaine selon les prévisions de Vivre en ville —, les municipalités devront également travailler d’arrache-pied pour protéger les milieux naturels, pour favoriser la multimodalité en transport et pour bonifier l’offre commerciale. « Tout est lié, renchérit Christian Savard. Qu’on vive sur le Plateau, à Brossard ou à Percé, tout le monde souhaite pouvoir faire ses courses à pied. Cet appétit pour des distances plus courtes, je suis convaincu qu’il existe partout. C’est juste qu’il n’est pas possible partout. »

    S’inspirer d’ici et d’ailleurs

    Pour le prouver, il suffit de regarder un peu ce qui se fait ailleurs. Et pas besoin d’aller bien loin, de nombreuses villes canadiennes ayant déjà commencé à mettre l’épaule à la roue pour donner un coup de neuf à leur milieu. Quartiers multifonctionnels à Ottawa, densité en hauteur à Toronto et nouvelle tentative architecturale à Edmonton sont autant d’exemples qui pourraient inspirer les villes québécoises.

    « On ne s’en sort pas trop mal chez nous non plus, rappelle avec un sourire Christian Savard. Des bons coups, nous en avons fait un peu partout au Québec au cours des 20 dernières années. » L’embellissement de la rue Saint-Jean-Baptiste à Baie-Saint-Paul, la revitalisation du centre-ville à Coaticook, la réhabilitation de l’ancien complexe industriel des Shops Angus à Montréal, la renaturalisation des berges de la rivière Saint-Charles à Québec… les exemples ne manquent pas.

    Regard vers l’avenir

    Et la suite ? « On est parti pour un autre 20 ans », lance en riant le directeur général de Vivre en ville. Plus sérieusement, il précise que beaucoup de travail reste encore à faire lorsque vient le temps d’imaginer les villes de demain. Outre les banlieues qui doivent se réinventer, de nouvelles problématiques — dont la gentrification, dont on n’a peut-être jamais autant parlé — ont commencé à poindre. « C’est un beau problème quand on y pense, c’est signe que ces quartiers attirent maintenant des gens, note-t-il, prudemment. Ça ne veut toutefois pas dire que ça doit se faire au détriment de ceux qui habitaient déjà là, bien au contraire ! Le défi aujourd’hui est de trouver un équilibre, pour que tous ceux qui le souhaitent puissent vivre en ville. »












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