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    Le blogue urbain Le blogue urbain explore la ville comme espace de vie, autour de différents thèmes: transports, vélo, architecture, aménagement, étalement urbain, patrimoine. Un blogue collectif, écrit par des journalistes du Devoir passionnés de vie urbaine.

    La réinvention des églises montréalaises

    17 juin 2014 15h10 |Frédérique Doyon | Le blogue urbain
    Le Chic Resto Pop
    Photo: Rayside Labossière Architectes Le Chic Resto Pop
    Montréal, ville aux mille clochers ? Pour ne pas perdre cette identité intrinsèque à l’histoire, à l’heure où plusieurs églises se vident, en mal d’avenir, le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) publie six portraits de lieux de culte reconvertis sans y laisser leur âme. Une façon d’encourager les projets de transformation, qui traînent de la patte dans la métropole.

    « Les projets étudiés ont mis huit, dix ans à se réaliser, indique Denis Boucher, directeur général. Il y a souvent beaucoup d’embûches pour y arriver, des défis techniques et financiers. Les programmes de subventions ne sont pas adaptés notamment pour soutenir les projets communautaires. Il faut donc se doter d’outils pour faciliter les choses. On a essayé de faire ressortir les avantages que peuvent offrir les églises. »

    La série de six cahiers aborde autant d’exemples de réutilisations réussies (voir ci-dessous) et vise à mieux comprendre les étapes de réalisation et les conditions gagnantes de ces démarches, qu’elles soient pilotées par des professionnels, des organismes à but non lucratif ou des entrepreneurs. L’exercice permet aussi de conscientiser les autorités concernées pour que celles-ci encouragent ces projets et les intègre davantage dans leur planification urbaine.

    L’an dernier, le CPRQ signalait l’accélération des acquisitions d’églises par les municipalités, surtout les plus petites (moins de 5000 habitants). Il révélait alors que sur les 2750 lieux de culte inventoriés par Québec, 312 étaient soit vendues, fermées ou transformées. Des chiffres qui « changent chaque semaine », souligne M. Boucher, en promettant leur révision d’ici la fin de l’été.

    À Montréal, il recense 40 cas de mutation — après avoir soustrait les 24 passations à d’autres confessions religieuses, ce qui représente moins de 8 % des églises de Montréal. «C’est ce pourcentage est de 15 % pour l’ensemble du Québec, les transformations se font donc plus lentement à Montréal. »

    Une des causes de ce décalage est le moratoire imposé par le diocèse de Montréal sur la vente de ses églises. Un geste qui a coupé l’herbe sous le pied de plusieurs groupes communautaires planifiant une réutilisation possible.

    Six cas de mutation

    L’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours est devenue le Théâtre Paradoxe, boulevard Monk, dans l’arrondissement du Sud-Ouest. La nef accueille une salle de spectacle multifonctionnelle de 850 places alors qu’une école d’initiation aux techniques de la scène, destinée aux jeunes en insertion sociale, loge au sous-sol. La deuxième phase du projet vise à transformer le presbytère, qui faisait aussi partie de la transaction, en bureaux et en logements sociaux pour les jeunes.

    L’architecture plus moderne de l’église Saint-Bernard, dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, a permis d’y installer le centre sportif et culturel du Collège Mont-Royal, une vocation scolaire unique en son genre à Montréal. Le projet inclut le maintien d’une chapelle comme lieu de socialisation et de culte pour la population avoisinante. Coût du projet : deux millions de dollars (dont 720 000 $ pour l’achat).

    Le recyclage de l’ancienne église du dimanche qui forme un complexe avec l’église Wesley United dans Notre-Dame-de-Grâce répond aux besoins de nombreux organismes sociaux, dont deux garderies, le Centre communautaire NDG et la Communauté de méditation chrétienne. Les revenus de location ont ainsi quintuplé sans que ne soit sacrifiée la vocation initiale d’église du dimanche, et permettent à la congrégation de financer les travaux de restauration de l’église comme telle. Coût du projet : 1,1 million de dollars.

    L’église Saint-Eugène s’est littéralement greffée au complexe résidentiel pour personnes âgées du même nom, financé par l’Office municipal d’habitation de Montréal. Elle en est devenue le cœur, accueillant les fonctions communautaires et les services partagés (salle à manger), en continuité avec sa vocation première. Coût du projet : 14 millions de dollars.

    Cas inusité, le Sanctuaire du Rosaire et de Saint-Jude, rue Saint-Denis, est devenu un centre de soins et un centre sportif privé. Son aménagement et son design architectural ont permis de maintenir un dialogue avec le passé du site. Coût du projet : six millions de dollars.

    Plus ancien cas de mutation (1984), l’église Saint-Mathias-Apôtre a fait place au Chic Resto Pop, organisme bien connu d’insertion et d’économie sociale. Restaurant, bureaux et cuisines communautaires s’y déploient, respectant l’esprit de l’ancien lieu de culte. Coût du projet : environ quatre millions de dollars.

    Le CPRQ  note que tous les projets étudiés ont été bien accueillis par la société. Le secret de cette acceptabilité sociale élevée? La sensibilité patrimoniale des promoteurs, la qualité architecturale et l’encadrement assuré par les autorités municipales y ont certainement contribué. 
    Le Chic Resto Pop Le Chic Resto Pop La Résidence Saint-Eugène Wesley United Le Centre sportif et culturel du collège Mont-Royal Théâtre Paradoxe<br />
Saint-Jude Espace Tonus Le Centre sportif et culturel du collège Mont-Royal












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