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    Le blogue urbain Le blogue urbain explore la ville comme espace de vie, autour de différents thèmes: transports, vélo, architecture, aménagement, étalement urbain, patrimoine. Un blogue collectif, écrit par des journalistes du Devoir passionnés de vie urbaine.

    De silos... à châteaux en Espagne

    24 mars 2014 19h38 |Isabelle Paré | Le blogue urbain
    La Fabrica, ancienne cimenterie reconvertie en bureaux et résidences.
    Photo: Source Ricardo Bofill Taller de Arquitectura La Fabrica, ancienne cimenterie reconvertie en bureaux et résidences.
    L'avenir incertain des fameux silos à grain dans le Vieux-Port de Montréal, laissés à l'abandon depuis des décennies, ne laisse pas les Montréalais indifférents. Pour preuve, notre dernière entrée de blogue sur les multiples exemples de conversion de silos similaires à travers le monde démontre que s'ils sont choyés par certains, d'autres haïssent ces géants bétonnés, perçus comme une tare hideuse dans le paysage montréalais.

    «On démolit et on redonne ce bord de l'eau aux Montréalais», commente un lecteur. Patrimoine, oui, mais sans intérêt, ajoute une lectrice: «On jette tout à terre, je ne crois pas que ce soit un patrimoine agréable.» Attention, défendent ceux qui ont déjà pénétré ce monument d'architecture industrielle: «Le 10e étage, tout vitré ... a une vue spectaculaire sur le Vieux-Montréal et le fleuve. On devrait rénover le rez-de-chaussée, qui est une sorte de cathédrale gothique inversée immense, pour en faire un musée de l'industrie».

    Pour bien des Montréalais, toutes ces idées de recyclage des silos ingrats ne sont que châteaux en Espagne. Or, justement, une des conversions de silos réussies les plus anciennes nous vient d'Espagne. Et de nulle autre que la firme du réputé architecte catalan Ricardo Bofill.

    C'est Martin Plante, un architecte québécois, établi depuis deux ans à Barcelone pour la firme de réputation mondiale, qui a soumis à notre attention cet exemple étonnant de revitalisation de bâtiments désaffectés, qui fait depuis les années 70 école dans le monde de l'architecture.

    Surnommé La Fabrica, ce projet visionnaire de Bofill, architecte abonné aux mélanges des langages architecturaux, a redonné vie aux huit silos d'une ancienne fabrique de cimenterie en y logeant les bureaux de sa propre firme, une bibliothèque, une immense salle de réunions surnommée «la cathédrale», sa résidence et celles d'autres associés.

    Le résultat est assez spectaculaire. Entouré d'arbres, de végétation et de toits verts, l'ensemble a des allures de forteresse médiévale post-moderne. Comme si la nature avait repris le pas sur le béton omniprésent.

    «C'est très, très vert comme environnement. Les murs ont été passés à l'oxyde pour donner une patine et une couleur chaude au béton qui pourrait autrement être gris et froid. Le bâtiment est classé monument historique et est visité fréquemment par des étudiants en architecture de plusieurs pays. C'est devenu un projet phare», explique Martin Plante, joint par téléphone à Barcelone.

    Chose certaine, les images «avant-après» de notre galerie photo témoignent de la spectaculaire transformation qu'a connue l'usine abandonnée. Le monument a contribué à la revitalisation complète d'une zone industrielle en friche et est aujourd'hui le point de mire d'un quartier prisé de Barcelone... elle-même devenue la Mecque de l'architecture en Europe.

    Le projet, réalisé à peu de coûts, pourrait être une inspiration pour la métropole, pense l'architecte d'origine québécoise.

    Peut-être pas si bêtes, finalement, ces idées de châteaux en Espagne...
    La Fabrica, ancienne cimenterie reconvertie en bureaux et résidences. La cimenterie abandonnée, dans les années 70. La Fabrica, ancienne cimenterie reconvertie en bureaux et résidences. L'immense salle de réunions surnommée «la cathédrale». La Fabrica, ancienne cimenterie reconvertie en bureaux et résidences.
     
     
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