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    Le blogue urbain Le blogue urbain explore la ville comme espace de vie, autour de différents thèmes: transports, vélo, architecture, aménagement, étalement urbain, patrimoine. Un blogue collectif, écrit par des journalistes du Devoir passionnés de vie urbaine.

    Skatepark: des tomates pour Montréal

    15 août 2013 13h57 |Lisa-Marie Gervais | Le blogue urbain
    Photo: Pedro Ruiz -Le Devoir
    Un gros zéro. C'est la note que donne à Montréal la communauté des «skaters», «rollers» et BMX pour l'aménagement de ses skateparks extérieurs qui, d'ailleurs, seraient de plus en plus délaissés. «C'est pourri à Montréal», ne se gêne pas pour dire, Dan Millar, gérant au magasin Shop//Task dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

    Chaque arrondissement ou presque a un ou plus d'un skateparks, pour une trentaine au total dans la métropole. Mais ceux-ci ne sont pas sécuritaires, pas intéressants et en très mauvais état. «Dans chaque arrondissement, c'est le même module de skatepark qui se répète. Et ils ne sont pas bons. On pourrait faire mieux avec des planches de plywood», lance-t-il.

    Il cite en exemple le skatepark de Verdun qui est dans un état lamentable. Celui de Ville Saint-Laurent est probablement le mieux préservé et celui près du métro Préfontaine, le plus fréquenté. «Mais c'est parce que les gens l'ont modifié», dit Dan Millar. Et ça a coûté une fortune, calcule-t-il.

    Il envie des villes comme Toronto et New York qui ont de très beaux aménagements pour les adeptes de planche ou de patin. En France, plusieurs villes ont fait affaire avec des architectes qui élaborent les plans du skatepark en collaboration avec les «riders», explique le Français résidant à Montréal Greg Breger, qui fait du roller depuis 20 ans, y compris en compétition. «Ici, on ne consulte pas les riders et après on se demande pourquoi les jeunes vont rouler dans les endroits interdits. On ne leur donne pas les structures qui leur conviennent pour progresser.»

    Selon lui, les couronnes, nord et sud, font bien meilleure figure. Sainte-Thérèse, Beloeil, Boucherville… Et le Taz, centre récréatif intérieur dans Saint-Michel? «Bien mais c'est payant», déplore-t-il.

    Pour Dan Millar, plus les skateparks vieillissent (certains ont près de 20 ans) et se détériorent, plus le risque de blessures augmente. «L'asphalte utilisé n'est pas de bonne qualité. Après un an ça va, mais quand le skatepark a 18 ans, il y a des trous et des fissures en surface, ça ne roule pas bien. Il a plus de risque de tomber», note-t-il.

    Laissés à l'abandon, ces parcs de béton sont alors pris d'assaut par de jeunes délinquants. «Quand il n'y a personne dans le skatepark, ce ne sont pas des professionnels qui y vont, mais des gangs de quartiers qui ne font rien de bon», remarque le gérant du Shop//Task. «Ça décourage les jeunes de 6-10 ans qui veulent commencer. Leurs parents les empêchent d'y aller parce que c'est dangereux.»

    Selon lui, s'il n'y avait qu'un seul skatepark digne de ce nom dans les axes des stations de métro Lionel-Groulx/Berri ou Berri/Rosemont, «ce serait tout le temps plein». «La Ville verrait qu'il y a une demande».

    En attendant, les «riders» de Montréal demeurent déçus et sceptiques. À en juger par l'accueil qu'ils ont fait, il y a quelques années, à l'un des derniers skateparks à avoir été construit, sous le pont Jacques-Cartier à l'angle des rues Maisonneuve et De Lorimier: le parc de béton, qui a pourtant coûté un demi-million, a été rempli de tomates! «Ceci est l’exemple parfait pour appuyer le fait qu’on ne devrait jamais laisser la conception d’un skateparc à des gens qui ne font pas de skateboard», affirme-ton sur le site Info-Skate.












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