Skatepark: des tomates pour Montréal

Photo: Pedro Ruiz -Le Devoir

Un gros zéro. C'est la note que donne à Montréal la communauté des «skaters», «rollers» et BMX pour l'aménagement de ses skateparks extérieurs qui, d'ailleurs, seraient de plus en plus délaissés. «C'est pourri à Montréal», ne se gêne pas pour dire, Dan Millar, gérant au magasin Shop//Task dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Chaque arrondissement ou presque a un ou plus d'un skateparks, pour une trentaine au total dans la métropole. Mais ceux-ci ne sont pas sécuritaires, pas intéressants et en très mauvais état. «Dans chaque arrondissement, c'est le même module de skatepark qui se répète. Et ils ne sont pas bons. On pourrait faire mieux avec des planches de plywood», lance-t-il.

Il cite en exemple le skatepark de Verdun qui est dans un état lamentable. Celui de Ville Saint-Laurent est probablement le mieux préservé et celui près du métro Préfontaine, le plus fréquenté. «Mais c'est parce que les gens l'ont modifié», dit Dan Millar. Et ça a coûté une fortune, calcule-t-il.

Il envie des villes comme Toronto et New York qui ont de très beaux aménagements pour les adeptes de planche ou de patin. En France, plusieurs villes ont fait affaire avec des architectes qui élaborent les plans du skatepark en collaboration avec les «riders», explique le Français résidant à Montréal Greg Breger, qui fait du roller depuis 20 ans, y compris en compétition. «Ici, on ne consulte pas les riders et après on se demande pourquoi les jeunes vont rouler dans les endroits interdits. On ne leur donne pas les structures qui leur conviennent pour progresser.»

Selon lui, les couronnes, nord et sud, font bien meilleure figure. Sainte-Thérèse, Beloeil, Boucherville… Et le Taz, centre récréatif intérieur dans Saint-Michel? «Bien mais c'est payant», déplore-t-il.

Pour Dan Millar, plus les skateparks vieillissent (certains ont près de 20 ans) et se détériorent, plus le risque de blessures augmente. «L'asphalte utilisé n'est pas de bonne qualité. Après un an ça va, mais quand le skatepark a 18 ans, il y a des trous et des fissures en surface, ça ne roule pas bien. Il a plus de risque de tomber», note-t-il.

Laissés à l'abandon, ces parcs de béton sont alors pris d'assaut par de jeunes délinquants. «Quand il n'y a personne dans le skatepark, ce ne sont pas des professionnels qui y vont, mais des gangs de quartiers qui ne font rien de bon», remarque le gérant du Shop//Task. «Ça décourage les jeunes de 6-10 ans qui veulent commencer. Leurs parents les empêchent d'y aller parce que c'est dangereux.»

Selon lui, s'il n'y avait qu'un seul skatepark digne de ce nom dans les axes des stations de métro Lionel-Groulx/Berri ou Berri/Rosemont, «ce serait tout le temps plein». «La Ville verrait qu'il y a une demande».

En attendant, les «riders» de Montréal demeurent déçus et sceptiques. À en juger par l'accueil qu'ils ont fait, il y a quelques années, à l'un des derniers skateparks à avoir été construit, sous le pont Jacques-Cartier à l'angle des rues Maisonneuve et De Lorimier: le parc de béton, qui a pourtant coûté un demi-million, a été rempli de tomates! «Ceci est l’exemple parfait pour appuyer le fait qu’on ne devrait jamais laisser la conception d’un skateparc à des gens qui ne font pas de skateboard», affirme-ton sur le site Info-Skate.
3 commentaires
  • Luc Lussier - Inscrit 16 août 2013 10 h 05

    On pourrait en dire autant des aménagements cyclables: On se demande parfois si les concepteurs ont monté sur leur vélo depuis leur adolescence...

  • Michel Deshaies - Inscrit 16 août 2013 19 h 35

    Ils connaissent ça eux!!!!

    À chaque fois on se fait dire par la ville qu'ils ne peuvent pas écouter tout le monde et qu'ils doivent aller de l'avant sinon le budget sera dépensé ailleurs!!! Et le "skate plaza" sous le pont Jacques-Cartier est le meilleur exemple de l'incompétence de la ville quand vient le temps de faire le design d'un skatepark!!! Il n'est pas bon pour le vélo, ni pour le patin et encore moins pour les planches. Les transitions sont carrées, la superficie minuscule et les modules... quoi? il y a des modules!!!! Bref, quand vient le temps des artifices la Ville est prête à faire comme ailleurs(plage urbaine, BIXI, coin de rue des Spectacles, salle dédiée à l'OSM...), mais quand ça ne se voit pas, elle fait n'importe quoi. Pourtant, tout ce que la ville a à faire, c'est de contacter 2-3 boutiques spécialisées en BMX, skateboard et roller et d'aller fair eun tour dans les skatepark pour poser quelques questions sur le design.

    Ceci dit, pour ce qui est du Taz, c'est le problème de trop de riders, c'est bien le fun quand on s'amuse gratuitement, mais s'ils faut débourser quelques dollars, là ça devient moins amusant. M.Breger, comme trop d'autres riders, semblent oublier qu'il y a des coûts relié à un skatepark intérieur(électricité, employés, hypothèque, taxes...) et sans coût d'entrée, pas de skatepark intérieur en bon état. Le Taz, come bien d'autres en région, a bien tenté de rendre l'accès gratuit, en contre-partie les riders devaient venir faire de la surveillance de plateau bénévolement, mais de toute évidence, le bénévolat ce n'est pas "cool". Alors que plusieurs skatepark intérieur aux U.S.A, entre autre, survivent grâce aux riders/bénévole qui viennent entretenir et faire de la surveillance de plateau, parce qu'eux ont compris que les quelques heures que chacun donnet chaque semaine, leur permet de rider gratuitement à l'année!

    • Guillaume Dupont - Inscrit 17 août 2013 15 h 25

      Je pense que quand Mr Breger dit : "Bien mais c'est payant" il est desolé que le seul skatepark "valable a Montreal" soit le TAZ et par la meme que les gens se retrouve oblige de payer pour pratiquer leur passion quand d'en d'autre ville bien moins peulpees et avec surement bien moins de budget on arrive a mettre des skateparks de qualite et gratuit ( certe pas indoor ) a disposition .