Citi Bike à New York: les impacts imprévus du vélo en libre-service

Photo: Source: Pinterest
Après avoir essuyé une raclée de l'éditorialiste du Wall Street Journal et les critiques de citadins qui trouvent que les stations déparent le paysage urbain, le frère jumeau du Bixi, le Citi Bike de New York, fait mentir ses détracteurs et pour toutes sortes de bonnes et de.... bonnes raisons.

Commençons par la plus convenue, soit l'engouement des New-yorkais pour les déplacements à vélo. Au dernier relevé (hier), le vélo libre-service avait été adopté par 42 217 personnes, qui y ont souscrit pour un abonnement annuel. Depuis l'arrivée du Citi Bike sur le macadam de Manhattan, près de 2000 personnes ont acheté un abonnement pour 24 heures et 385, une passe hebdomadaire. En tout et partout, pas moins de 700 000 miles (soit 1 126 000 km) ont été parcourus sur les vélos bleus, lors de 290 000 voyages d'une durée moyenne de 17 minutes 13 secondes.

Plusieurs compagnies ont même annoncé publiquement début juin qu'elles offraient l'abonnement à tous leurs employés. Des résultats plus joyeux que les commentaires vitrioliques balancés dans les premiers jours du Citi Bike au maire Bloomberg et à son gestionnaire, le Departement of Transport (DOT).

Mais l'autre effet imprévu, c'est la transformation du Citi Bike en vélo d'entraînement par certains habitants de la Grosse Pomme! En effet, le New York Times rapportait récemment dans un de ses blogues avoir pris en flagrant délit une femme en jogging en pleine séance de «spinning» sur un Citi Bike. Plusieurs citoyens n'ont pas tardé à emboîter la «pédale».

«Riez si vous voulez, mais je ne paierai plus jamais pour une classe de spinning!», a déclaré cette dame au blogueur.









Photo: Source The Gothamist

Passants, écoliers, groupes d'amis: on pédale pour la forme, et pour pas cher, à en croire un reportage du Gothamist. Certains se donnent même rendez-vous pour des sessions de «Citi Bike spin» sur Twitter. La roue arrière du vélo n'étant pas bloquée cela permet aux amateurs de ce nouveau style de «free spinning» de rétropédaler sans vergogne. En plus que d'aider à désengorger les transports en commun, le vélo bleu pourrait aider les New Yorkais, dont le tiers sont obèses, à vaincre les kilos? 

Par contre, un autre écueil frappe le nouveau vélo collectif. La localisation de ses stations ne serait pas du tout pensée en fonction des populations plus démunies. Selon un croisement de cartes réalisé par le magazine Treehugger, les Citi Bikes pullulent dans les quartiers branchés où vivent la majorité des New-Yorkais à l'aise (Upper West, Soho, Brooklyn, etc.), mais sont absents de la plupart des quartiers démunis comme le Bronx ou le nord de Harlem, comme le montre cette carte.

À Montréal aussi on dirait que populations pauvres ne riment pas avec Bixi. Les Bixi sont introuvables à l'est de Viau, absents de Montréal-Nord, de Parc-Extension (deux stations) et de toute une partie de Verdun. Bref, dans plusieurs secteurs de la ville où les populations sont le moins motorisées et dépendantes des autres modes de transport.

3 commentaires
  • Frédéric Jeanbart - Abonné 19 juin 2013 14 h 37

    À corriger

    Bon article! Et bonne remarque : comment se fait-il que l'on offre pas cette alternatrive aux plus démunis? Croit-on que les pauvres sont des vandales? Au fond, quelle est la croyance qui est derrière cet état de chose?

  • Edouard Reinach - Inscrit 20 juin 2013 11 h 28

    C'est pas les pauvres

    C'est le fait qu'ils sont plus loin du centre. Le service offre une utilisation de 40 min. Il est impossible de traverser le réseau d'un coup et l'hypothèse d'utilisation implique qu'on se serve du Bixi pour remplacer les transports en commun, pas pour remplacer la marche. Donc si je suis à l'est de Viau, et que je souhaite me rendre au centre-ville, ça commence a représenter un trajet assez long et plus physique que pour une personne venant du plateau. Ça veux dire qu'il y aura moins d'utilisateurs au mètre carré de l'installation. Et pluisque réapprovisionner ces stations coûte plus chère que les centrales, elles engendre des pertes. Le réseau s'étend avec son seuil de rentabilité. Et malheureusement, mais c'est un fait, les quartiers plus aisés disposent de plus de gens pouvant ajouter le Bixi à leur cocktail transport. On remarquera que les plans d'expansions du metro fonctionnent à peu près sur le même modèle.

  • Luc Lussier - Inscrit 20 juin 2013 12 h 45

    Choquant

    Je n'utilise pas le Bixi préférant mon propre vélo. Néanmoins, ça me choque que le Bixi soit disponible à Westmount, une ville qui a pourtant défusionnée avec mépris de Montréal...mais pas dans de «vieux quartiers montrélais». Et je suis doublement choqué que jamais personne ne mentionne cet état de fait...