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    La p'tite biblio C'est l'histoire d'une petite bibliothèque sauvage installée devant une porte. Des feuilles, des bouquins y sont laissés puis voyagent, épiés par la propriétaire de cet «hôtel de passe» pour mots. En découlent d'autres histoires, de voisinage celles-là, que vous raconte ici Catherine Lalonde.

    Les secrets de leurs succès

    20 juin 2016 13h34 |Catherine Lalonde | La p'tite biblio
    Premier facteur de réussite d'une microbibliothèque: viser un lieu d'assez bonne circulation pédestre et à vélo.
    Photo: Source Microbibliothèques de Laval Premier facteur de réussite d'une microbibliothèque: viser un lieu d'assez bonne circulation pédestre et à vélo.
    Faut voir les p'tites biblios dans Villeray pousser comme des champignons, jusqu'à jouer du coude aux 50 mètres rue de Castelnau. En s'arrêtant, junkie, de boîtes en boîtes, en butinant, attirée par les biblios sauvages comme par l'odeur du pollen, on se rend rapidement compte que toutes les microbibliothèques ne sont pas égales.

    Au Parc Jean-Marie-Lamonde, le pauvre Croque-livres pour petiots n'a souvent rien à se mettre sous la dent, sinon deux livres si moralos qu'ils semblent tirés des années 1950 tant la pédagogie est lourde, ou un triste cahier à la couverture arrachée.

    Qu'est-ce qui fait la vie, la magie d'une p'tite biblio? Sophie Pouliot, fondatrice du réseau de six microbibliothèques Pont-Viau à Laval et journaliste culturelle (ElleJeu), a bien voulu réfléchir à la question, précisant que ses réponses seraient plus intuitives qu'analytiques, fondées sur l'observation des trois saisons (toujours estivales) de fonctionnement de ces consignes à histoires.

    Premier facteur de réussite potentielle: viser un lieu d'assez bonne circulation pédestre et à vélo. On n'arrête pas son auto au milieu de la rue pour aller bouquiner (quoique j'aie une chauffeuse d'autobus scolaire et un gars de la voirie qui fassent leur «stop» hebdomadaire, et une «fournisseuse» régulière qui se fait conduire par son conjoint..., mais il s'agit là effectivement d'exception).

    «Je crois qu'il ne faut pas négliger l'impact de la première impression, mentionne Mme Pouliot. Si on tombe une, deux, trois fois sur un stock de livres vieillots, moins intéressants, c'est clair qu'on ne ralentira plus ensuite». Et au contraire, si on a l'impression d'avoir mis la patte sur un trésor ou une petite merveille, on fera peut-être quelques fois un crochet pour aller jeter un oeil. «Cette première impression va avec le renouvellement des stocks et l'entretien général. Plus ça roule, plus il y a de chance qu'on tombe sur quelque chose d'intéressant».

    À la chaise musicale

    Le réseau Pont-Viau se permet de jouer à la chaise musicale avec les livres qui ne trouvent pas preneur, et d'afficher sur Facebook les titres très particuliers. «Là, j'ai une Histoire de l'opérette, ça fait des semaines que le livre est là. Il faut que passe LA personne que ça va intéresser», un hasard statistique fort improbable. De la même manière, certaines biblios nourries par des geeks vont se mettre à attirer un public niché. «Il y en a une près de chez-moi, je suis convaincue qu'il y a un prof de littérature qui la nourrit régulièrement. C'est celle que je fréquente le plus. J'y ai trouvé plein de classiques, les sœurs Brontë», entre autres, confie Sophie Pouliot.

    Et il semble y avoir plus de respect envers les microbibliothèques qui semblent privées que pour les pures publiques qui dorment devant les centres communautaires ou dans les étangs bétonnés des cours d'école. «On avait installé deux microbibliothèques sur des terrains d'école. Ça a marché au boutte pendant la saison scolaire, mais dès l'été, il ne se passait plus rien, et elles ont été vandalisées. On les a réinstallées chez des citoyens. Là, on dirait que les gens se gardent une p'tite gêne, comme s'il pouvait toujours se faire attraper par le proprio...»

    Est-ce à dire que ce qui semble un don du privé vers le public semble devoir être respecté davantage qu'une installation publique? N'allons pas jusque-là, mais notons, notons...

    «La magie de la microbibliothèque, c'est le partage et la gratuité dans une communauté. C'est ce qui fait plaisir aux gens, qui allume une petite flamme en eux», au-delà (ou avant même) la lecture ou l'accès à la littérature.

    Un outil de démocratisation et d'accès aux livres? Hum. Peut-être. Pas si sûre, personnellement. Me reste l'impression que ceux que la biblio fait ralentir et arrêter, ceux qui font le geste de lever le bras pour en ouvrir la porte valorisent déjà la lecture, savent qu'elle vaut la peine qu'ils interrompent un instant leur chemin, leur conversation, leur pensée.

    Mais un trip de voisins et de quartier? Clairement.

    Dans ma p'tite biblio cette semaine

    Casé
    Des huit lourds tomes reliés avec classe, laissés sur les marches de l'escalier, et écrits en... vietnamien, peut-être?..., qui monopolisaient les tablettes et que je ne pouvais me résoudre à mettre au recyclage, sept ont finalement trouvé preneur. Impossible pour moi de savoir de quoi ces livres parlent. Je soupçonne certains exemplaires — car ils sont partis au compte-gouttes — d'avoir été adoptés à de pures fins décoratives. À qui le petit dernier?

    Terminé
    L'enfant chargé de songes, d'Anne Hébert; après Les enfants du sabbat, lu il y a quelques semaines, me voilà enfin contaminée par autre chose que sa poésie. J'étais restée assez imperméable au Torrent ; et j'ai dû lire Les fous de bassan trop jeune. Je ne remettrai pas l'histoire de Julien, Hélène et Lydie à l'étalage: je la garde.

    Trois fois passera
    Lunar Park, de Bret Easton Ellis, une de mes lectures américaines marquantes, part et revient et repart et revient. Les fantômes de L.A. semblent faire des petits.












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