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    La p'tite biblio C'est l'histoire d'une petite bibliothèque sauvage installée devant une porte. Des feuilles, des bouquins y sont laissés puis voyagent, épiés par la propriétaire de cet «hôtel de passe» pour mots. En découlent d'autres histoires, de voisinage celles-là, que vous raconte ici Catherine Lalonde.

    L’angle mort (et corné) de l’inventivité

    12 mai 2016 17h05 |Catherine Lalonde | La p'tite biblio
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir
    Je crois que c’est en entrevue avec la survolubile Kim Thúy que nous en sommes venus à parler de la manière, maladive et codifiée jusqu’au tic, dont nous cornions, annotions et marquions nos livres.

    Jamais d’encre dans les livres qui m’inspirent, à moins d’être en traversée du désert avec un seul Bic et une essentielle idée. Le surligneur vert fluo dont ma Grand-Grand marquait son Éluard en Pléiade est encore pour moi un sujet de cauchemars. Mais du plomb tous côtés dans les bouquins que j’aime, des points d’exclamation, du script illisible, des coins repliés. Des lambeaux de poèmes, même, mais rarement. Quelques dessins.

    Quelle ne fut pas ma stupeur quand Mme Thúy m’a dit qu’elle cornait les deux coins, inférieurs et supérieurs, de ses pages de livre. Moi qui peux corner jusqu’à quatre fois un haut de page, faire des origamis pense-bête pour indiquer qu’il y a là deux, trois ou quatre phrases différentes à retenir. Qui utilise « la corne inversée », soit la pointe dirigée vers la page suivante afin de flécher une phrase au recto, et une au verso. Jamais je n’avais même imaginé pouvoir corner le coin inférieur d’un livre. J’ai appris ce jour-là que dans l’angle mort de mon inventivité gisent les bas de page. Et j’ai eu l’impression qu’une nouvelle ère de diffamation du corps des livres s’ouvrait à moi.

    Mais quel outrage que de trouver dans la p’tite biblio des bouquins trop marqués. Quel est ce partage, que celui d’une pensée téléguidée ?

    Lu, et remis
    Aimez-vous Brahms ? de Françoise Sagan, en vieux Pocket. Ramassé pour plus tard Un peu de soleil dans l’eau froide. Est-ce la même personne qui a largué une dizaine de Colette cet hiver qui élague maintenant, à mon grand plaisir, Sagan ?

    Plaisir coupable
    Abraham Lincoln, Vampire Hunter, de Seth Grahame-Smith « author of Pride and Prejudice and Zombies » (Grand Central), pour les prochaines vacances d’été.

    Pour le p’tit coin
    Comment fumer en cachette, de Nicolas Kanjounzeff (Hachette). « Mettez-vous à la chique. Crachez partout, par terre, sur les murs, sur vos amis et vos collègues. Vous verrez, ils finiront par vous supplier de refumer. »

     












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