Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    L'Inde dans tous ses états

    L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?

    Les spectateurs

    New Delhi – Des 814 millions d’électeurs inscrits aux élections parlementaires qui viennent d’avoir lieu, ont voté un peu plus de 66 % d’entre eux — 543 millions de personnes. Un record : le précédent avait été établi au scrutin de 1984, suivant l’assassinat de la première ministre Indira Gandhi, avec taux de participation de 64 %.

    Qui sont alors les 270 millions d’Indiens qui n’ont pas voté ? Les musulmans du Cachemire, entre autres, qui ont boycotté les urnes, de gré ou de force. Le taux de participation n’a pas dépassé 25 % dans la Vallée.

    Plus nombreux, ils sont aussi les dizaines de millions de travailleurs migrants qui vont en ville chercher du travail.

    Il y avait cette fois-ci 100 millions d’électeurs inscrits de plus qu’aux législatives de 2009, résultat d’un effort majeur de la part de la Commission électoral pour intégrer dans le processus un plus grand nombre de femmes, de jeunes et d’Indiens de basses castes. Mais beaucoup demeurent exclus.

    Une évaluation conservatrice établit à quelque 100 millions le nombre de travailleurs migrants à l’intérieur du pays. La loi obligeant naturellement un électeur à voter là où il réside officiellement, peu rentrent chez eux le jour des élections, souvent faute de moyens. Les appels se multiplient en conséquence pour que soit généralisé le vote par correspondance, auquel n’ont encore droit qu’un petit nombre de personnes, comme les militaires et les diplomates.

    La loi autorise évidemment un électeur à se réinscrire là où il a déménagé, contre preuve de résidence – un compte d’électricité, par exemple. Mais c’est très mal tenir compte de la réalité sociale de ces migrants, dont un grand nombre sont pauvres et sans domicile fixe.

    Ceux-là sont donc des spectateurs de leur démocratie électorale. Ils gagnent leur vie comme rickshawallahs ou microcommerçants et dorment sur la banquette de leur cyclopousse ou sur leur étal. Ou travaillent comme petits travailleurs dans le domaine de la construction, bâtissent contre salaires de misère et conditions de travail aberrantes les condos de cette classe moyenne urbaine « montante et aspirante » qui est allée voter pour Narendra Modi, chef du BJP.

    Le Devoir

     












    Envoyer
    Fermer