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    L'Inde dans tous ses états

    L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?

    Delhi plus polluée que Pékin?

    3 février 2014 08h38 |Guy Taillefer | L'Inde dans tous ses états
    New Delhi – L’air de Delhi serait encore plus dangereux pour la santé que celui de Pékin. Un article récent du New York Times le donne en tout cas à penser. Ce qui a déclenché ces derniers jours, alors que la capitale indienne plongée dans son hiver vit des épisodes de smog à trancher au couteau, une avalanche de textes dans les médias nationaux, grands lecteurs du NYT.

    Beaucoup hésitent en vérité à y croire, comme Pékin est depuis longtemps considérée comme la mégapole où la pollution de l’air pose les problèmes les plus affolants au monde. Delhi plus nocive que Pékin? Impossible! La comparaison indique pourtant que la présence dans l’air de Delhi de particules fines (dites PM2.5, dix fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu) a été dans les trois premières semaines de janvier deux fois supérieures, en moyenne, à celle enregistrée à Pékin. Pendant ces trois semaines, la concentration de PM2.5 aurait franchi presque tous les jours à Delhi la barre des 300 microgrammes par mètre cube, soit au moins 12 fois plus que la limite jugée acceptable par l’OMS.

    L’accablant tableau est contesté par certains, notamment parce que les chiffres sur lesquels il s’appuie — ceux du Delhi Pollution Control Committee — manquent notoirement de fiabilité. Mais là n’est pas la question. Le portrait que trace le NYT n’en reste pas moins épouvantable, surlignant une aggravation de la pollution à Delhi depuis cinq ans dans un contexte où ni le gouvernement ni, du reste, la population en général ne semblent vraiment prendre la mesure du problème. On sait pourtant déjà que l’Inde, avec 620 000 morts par année, a l’insigne honneur d’être le pays où le taux de mortalité lié à des maladies respiratoires est le plus élevé au monde.

    La grande responsable de cette pollution est l’automobile, mais rien n’est fait si ce n’est que pour en limiter l’impact. Quelque 800 000 véhicules circulaient dans les rues de la capitale dans les années 1970. Il y en a aujourd’hui 7,5 millions — et leur nombre augmente de 1400 par jour. La majorité roule au diesel — malgré sa dangerosité avérée —, carburant moins cher à la pompe que l’essence puisqu’il bénéficie de politiques de subventions gouvernementales.

    Dans le quotidien FirstPost, Anumita Roy Chowdhury, directrice du réputé Centre pour la science et l’environnement (CSE), basé à Delhi, souligne en outre que Pékin a le mérite d’en faire davantage que les autorités de la capitale indienne pour prémunir la population quand se produisent des épisodes de pollution extrême. Et s’en désole. «Il nous faudrait un changement complet de paradigme, dit-elle. Regardez-moi ce nombre de voitures au diesel, les ventes ne font qu’augmenter.»












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