Les motels familiers
Sedona, Arizona — La diaspora indienne dans le monde, c’est 20 millions de personnes (par comparaison, les Chinois d’outre-mer sont deux fois et demie plus nombreux). Aux États-Unis, les Indiens sont environ 2,5 millions – au Canada, un peu plus d’un million.
S’agissant des immigrants indiens, on entend souvent parler des jeunes cracks en haute technologie qui viennent étudier dans les universités américaines. Mais beaucoup, dans la vraie vie, ont fait leur niche dans l’industrie du motel, en particulier dans le sud des États-Unis.
Harshad Bhatt, par exemple, croisé récemment en Arizona dans la petite ville de Sedona, l’un des principaux coeurs de la prospère industrie américaine du New Age. Un monsieur de 62 ans qui se trouvait trop dépeigné ce matin-là pour qu’on le photographie. Originaire de l’État du Gujarat, il est arrivé aux États-Unis à la fin des années 70. Depuis 1990, il est à Sedona où il gère avec son épouse le White House Inn. Les femmes de chambre sont latinos. Les murs de la réception de son motel affichent en désordre – sans ostentation – un mélange culturel de racines hindouistes et d’influences américaines du Southwest. Hersh (il a américanisé son prénom) reste bien indien. En ce sens qu’il n’arbore pas en vantard sa «spiritualité», comme le font les Occidentales-aux qui viennent ici, entre deux vortex, dépenser leur blé en nettoyage de chakras.
Pour avoir pas mal voyagé dans le Sud américain ces dernières années, de motel en motel, j’ai vu beaucoup de Hersh assis derrière leur comptoir – en Géorgie, en Alabama, au Mississippi, en Floride… Et pour avoir passé le plus clair de mon temps en Inde depuis 2009, ils me deviennent presque des compatriotes.
Ils ont leur organisation, l’Asian American Hotel Owners Association (AAHOA), fondée à Atlanta en 1989 pour défendre les hôteliers d’origine indienne contre la discrimination dont ils étaient victimes, en particulier de la part des banques et des compagnies d’assurances. Aujourd’hui, l’AAHOA, indique son site Web, compte 11 000 membres, propriétaires de 20 000 établissements employant presque 600 000 personnes.
Harshad est-il retourné en Inde récemment? Oui, il y a cinq ans. Trouve-t-il que l’Inde change? Oui. Pour le mieux? Oui, absolument.
Partout, le même sondage informel. La réalité se résume généralement à ce que l’on en perçoit vaguement.
Quelques jours plus tard, au Phoenix Sunrise Motel, rue Van Buren, c’est une femme qui nous reçoit. On ne voit pas ça souvent en Inde. Ami Jaiswal gère le modeste motel avec son mari, dans un quartier défait. Ils sont de Mumbai, installés à Phoenix depuis toujours.
Vous trouvez que l’Inde change beaucoup? «Oui, l’Inde s’améliore, répond Ami spontanément. C’est de plus en plus comme ici.»
Pour le meilleur et pour le pire.
S’agissant des immigrants indiens, on entend souvent parler des jeunes cracks en haute technologie qui viennent étudier dans les universités américaines. Mais beaucoup, dans la vraie vie, ont fait leur niche dans l’industrie du motel, en particulier dans le sud des États-Unis.
Harshad Bhatt, par exemple, croisé récemment en Arizona dans la petite ville de Sedona, l’un des principaux coeurs de la prospère industrie américaine du New Age. Un monsieur de 62 ans qui se trouvait trop dépeigné ce matin-là pour qu’on le photographie. Originaire de l’État du Gujarat, il est arrivé aux États-Unis à la fin des années 70. Depuis 1990, il est à Sedona où il gère avec son épouse le White House Inn. Les femmes de chambre sont latinos. Les murs de la réception de son motel affichent en désordre – sans ostentation – un mélange culturel de racines hindouistes et d’influences américaines du Southwest. Hersh (il a américanisé son prénom) reste bien indien. En ce sens qu’il n’arbore pas en vantard sa «spiritualité», comme le font les Occidentales-aux qui viennent ici, entre deux vortex, dépenser leur blé en nettoyage de chakras.
Pour avoir pas mal voyagé dans le Sud américain ces dernières années, de motel en motel, j’ai vu beaucoup de Hersh assis derrière leur comptoir – en Géorgie, en Alabama, au Mississippi, en Floride… Et pour avoir passé le plus clair de mon temps en Inde depuis 2009, ils me deviennent presque des compatriotes.
Ils ont leur organisation, l’Asian American Hotel Owners Association (AAHOA), fondée à Atlanta en 1989 pour défendre les hôteliers d’origine indienne contre la discrimination dont ils étaient victimes, en particulier de la part des banques et des compagnies d’assurances. Aujourd’hui, l’AAHOA, indique son site Web, compte 11 000 membres, propriétaires de 20 000 établissements employant presque 600 000 personnes.
Harshad est-il retourné en Inde récemment? Oui, il y a cinq ans. Trouve-t-il que l’Inde change? Oui. Pour le mieux? Oui, absolument.
Partout, le même sondage informel. La réalité se résume généralement à ce que l’on en perçoit vaguement.
Quelques jours plus tard, au Phoenix Sunrise Motel, rue Van Buren, c’est une femme qui nous reçoit. On ne voit pas ça souvent en Inde. Ami Jaiswal gère le modeste motel avec son mari, dans un quartier défait. Ils sont de Mumbai, installés à Phoenix depuis toujours.
Vous trouvez que l’Inde change beaucoup? «Oui, l’Inde s’améliore, répond Ami spontanément. C’est de plus en plus comme ici.»
Pour le meilleur et pour le pire.


