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L'Inde dans tous ses états

L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?


La fête qui tache

C’est aujourd’hui la holi, «fête des couleurs» que toute l’Inde célèbre pour marquer l’arrivée du printemps. Les photos d’Indiens s’arrosant de poudres multicolores font chaque année le tour du monde. L’autre très grande fête hindoue est celle de la diwali, à l’automne – «fête de la lumière» marquant la fin des récoltes et, en affaires, le début d’une nouvelle année financière. La diwali est devenue aussi commerciale que notre temps des Fêtes.

La vie indienne est noyée de festivals et les Indiens sont toujours très sérieux, très organisés dans la façon dont ils font la fête. Tout est ritualisé. Tout passe par le temple. La holi fait exception dans la mesure où c’est une fête désinhibée. Dans une société ultrastratifiée, tout le monde peut, ce jour-là, barbouiller n’importe qui. Dans un monde où même les plus discrètes démonstrations publiques d’affection entre hommes et femmes sont taboues, garçons et filles s’autorisent à se frôler pudiquement les joues du bout des doigts.

On se lance aussi beaucoup d’eau à l’occasion de la holi. Entre autres techniques, il y a ces gamins qui prennent un plaisir sadique à jeter du balcon de leur appartement des petits sacs plastiques remplis d’eau aux passants dans la rue. Tant et si bien que, comme l’été et ses pénuries approchent, des ONG et des organisations étudiantes ont par ailleurs organisé en cette holi des campagnes de sensibilisation à la surutilisation de la ressource. Ont par exemple été envoyés en chaîne des textos faisant la promotion d’une «holi sèche». C’est dire à quel point l’accès à l’eau - et à une eau potable – devient problématique en Inde.
 
 
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