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L'Inde dans tous ses états

L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?


Sri Lanka: la négation par le tourisme

Pour la deuxième année consécutive, le Sri Lanka a été montré du doigt jeudi dernier par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour les crimes de guerre présumés que son armée a commis contre la minorité tamoule en 2009 pendant les derniers mois de la guerre civile. New Delhi s’est longuement fait tirer l’oreille avant de finalement voter pour la résolution américaine, pressant Colombo de mener «une enquête indépendante et crédible» sur la mort de 40 000 personnes, dont beaucoup étaient des civils, sous les pilonnages d’artillerie des forces gouvernementales.

Comme en 2012, le gouvernement sri-lankais a envoyé paître l’ONU, niant toute responsabilité. Ce qui n’étonne pas, considérant l’esprit de défi antioccidental que n’a jamais cessé d’afficher le président Mahinda Rajapakse.

Colombo, en fait, ne se prive pas d’exploiter les sentiments patriotiques qu’a inspirés sa glorieuse campagne militaire contre les Tigres tamouls – qui n’étaient pas, faut-il le rappeler, des enfants de choeur. Beaucoup au sein de la majorité cingalaise sont sensibles à ce triomphalisme.

Dans son blogue, la journaliste Frances Harrison, auteure de Still Counting the Dead, publié en octobre 2012, rapporte que, loin de se sentir coupable, Colombo a commencé à aménager, à l’intention des touristes cingalais, la zone de guerre où ont été commis les ultimes massacres.

Et qu’à l’instar du tourisme étranger, qui renaît massivement depuis trois ans sur les plages de l’ouest de l’île, ce nouveau business dans les territoires qui étaient anciennement contrôlés par les Tigres tamouls dans le nord-est du pays fonctionne très bien…

Un hôtel, récemment inauguré par le président et son frère, ministre de la Défense, a été construit au bord d’un lagon, à proximité de la zone de combats où les rebelles tamouls, poussés dans leurs derniers retranchements, ont finalement été écrasés. Pour 100 $, on fait dodo au Lagoon’s Edge, pas loin de là où des centaines de milliers de réfugiés ont été refoulés début 2009 et où le chef rebelle Vellupillai Prabhakaran a vécu ses derniers moments… Les installations sont la propriété de l’armée.

Dans un autre texte paru notamment dans The Times of India, Mme Harrison parle «des autobus remplis de touristes sri-lankais [qui] viennent visiter la maison du chef rebelle, son bunker souterrain et sa piscine». Pas un mot, évidemment, sur la destruction calculée des hôpitaux et les dizaines de milliers de civils morts sous le feu des militaires. Rien non plus au sujet de la vie de misère et d’isolement que subissent, selon un rapport de l’International Crisis Group, les Tamouls qui ont pu rentrer dans leur village après la guerre.

 
 
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