Lahore vit son premier festival littéraire
L’Inde, c’est aussi le Pakistan, et vice versa. Les conflits dans lesquels ils se sont enlisés le font oublier.
Frères de lait séparés à la naissance. La Partition dessinée en 1947 a déchiré le Bengale, à l’est, et donné plus tard le Bangladesh, mais c’est à l’ouest, au Pendjab, que la séparation a été la plus traumatisante. Lahore, capitale historique du Pendjab, fut donnée par les Britanniques au Pakistan, Amritsar à l’Inde. Entre les deux, une frontière découpée à la hache. Une cinquantaine de kilomètres à peine les sépare.
Lahore a toujours été un centre culturel majeur. Elle est demeurée dans cette invention qu’est le Pakistan son coeur culturel et intellectuel, contre vents et marées. Reste que les décennies de violences sociales, politiques, militaires ont étouffé sa vie des arts, pendant que, juste à côté, en Inde, elle s’épanouissait.
Voici qu’elle commence enfin «à se libérer», nous disait en 2011 en entrevue Mohsen Hamid, enfant de Lahore et auteur d’un roman très réussi, The Relunctant Fundamentalist, dont la cinéaste Mira Nair a tiré un film qui, après avoir été présenté l’année dernière aux festivals de Venise et de Toronto, devrait prendre l’affiche au printemps.
Signe de cette «libération», Lahore vient de tenir son premier festival littéraire. Pour toute la culture dont elle est le berceau – y compris de la modeste industrie cinématographique pakistanaise, baptisée Lollywood -, Lahore n’avait jamais organisé de salon du livre. Ça s’est finalement produit, il y a une dizaine de jours, le temps d’un bref week-end.
L’événement a fait l’objet d’une couverture comblée dans la presse nationale. Un tournant dans la vie littéraire de la ville, a écrit Komail Aijasuddin dans The Indian Express.
Mohsin Hamid, Mohammed Hanif (A Case of Exploding Mangoes – Attentat à la mangue), Daniyal Mueenuddin (In Other Rooms, Other Wonders)… La vie littéraire pakistanaise prend des forces, dit Aijasuddin, mais «il fallait lire dans les journaux du lendemain ce que nos écrivains étaient allés dire à Jaipur, Calcutta, Dubaï ou Londres…» Ce premier festival remédie au manque. Pourvu qu’il se pérennise.
Frères de lait séparés à la naissance. La Partition dessinée en 1947 a déchiré le Bengale, à l’est, et donné plus tard le Bangladesh, mais c’est à l’ouest, au Pendjab, que la séparation a été la plus traumatisante. Lahore, capitale historique du Pendjab, fut donnée par les Britanniques au Pakistan, Amritsar à l’Inde. Entre les deux, une frontière découpée à la hache. Une cinquantaine de kilomètres à peine les sépare.
Lahore a toujours été un centre culturel majeur. Elle est demeurée dans cette invention qu’est le Pakistan son coeur culturel et intellectuel, contre vents et marées. Reste que les décennies de violences sociales, politiques, militaires ont étouffé sa vie des arts, pendant que, juste à côté, en Inde, elle s’épanouissait.
Voici qu’elle commence enfin «à se libérer», nous disait en 2011 en entrevue Mohsen Hamid, enfant de Lahore et auteur d’un roman très réussi, The Relunctant Fundamentalist, dont la cinéaste Mira Nair a tiré un film qui, après avoir été présenté l’année dernière aux festivals de Venise et de Toronto, devrait prendre l’affiche au printemps.
Signe de cette «libération», Lahore vient de tenir son premier festival littéraire. Pour toute la culture dont elle est le berceau – y compris de la modeste industrie cinématographique pakistanaise, baptisée Lollywood -, Lahore n’avait jamais organisé de salon du livre. Ça s’est finalement produit, il y a une dizaine de jours, le temps d’un bref week-end.
L’événement a fait l’objet d’une couverture comblée dans la presse nationale. Un tournant dans la vie littéraire de la ville, a écrit Komail Aijasuddin dans The Indian Express.
Mohsin Hamid, Mohammed Hanif (A Case of Exploding Mangoes – Attentat à la mangue), Daniyal Mueenuddin (In Other Rooms, Other Wonders)… La vie littéraire pakistanaise prend des forces, dit Aijasuddin, mais «il fallait lire dans les journaux du lendemain ce que nos écrivains étaient allés dire à Jaipur, Calcutta, Dubaï ou Londres…» Ce premier festival remédie au manque. Pourvu qu’il se pérennise.


