Le chemin de l’école
Mumbai – Une grande enquête gouvernementale sur l’école indienne indique que le nombre d’élèves inscrits au primaire et au secondaire a augmenté de près de 15 % entre 2002 et 2009, ce qui est encourageant dans un pays confronté à d’immenses défis démographiques. Encore qu’il faut rester sceptique, considérant qu’on est en 2013 et que, de façon générale, les statistiques ici manquent de précision. Si donc cette récente enquête voit juste, près de 230 millions d’étudiants fréquentaient 1,3 million d’écoles de la première à la douzième année en 2009, en hausse de 30 millions par rapport à 2002.
Un autre chiffre indique que le nombre de filles inscrites à l’école a augmenté de 19 %, ce qui est également bon signe.
Conscient de l’urgence, les gouvernements ont fait des efforts pour améliorer l’accès à l’éducation – surtout universitaire, à vrai dire. Une loi majeure sur le droit à l’éducation gratuite pour les enfants de six à 14 ans a été votée en 2009. En ce qui concerne l’éducation de base, le gouvernement actuel promet une révolution scolaire, tablant sur les nouvelles technologies de l’information pour brancher la jeunesse indienne du monde rural, enfant pauvre du système d’éducation, sur un enseignement de meilleure qualité. Quoique beaucoup pensent que le gouvernement vit à ce chapitre dans un monde imaginaire, déconnecté de l’état de pauvreté dans lequel continue de patauger une grande partie de la population.
Il y a évidemment un envers de la médaille à l’enquête du National Council of Educational Research and Training (NCERT). Si, par exemple, le nombre de filles qui vont à l’école augmente globalement, elles sont encore nettement plus nombreuses que les garçons à ne pas compléter leur secondaire. Ensuite, le nombre d’écoles de campagne sans eau courante ni toilettes demeure important. Si, par ailleurs, de gros efforts sont faits pour répondre à la pénurie de professeurs, diverses études soulèvent un problème de compétence. Enfin, si environ 95 % de tous les enfants indiens sont inscrits en première année du primaire, le portrait est terni par d’autres chiffres d’après lesquels jusqu’à la moitié d’entre eux décrocherait avant la huitième année.
Ce que semble en tout cas confirmer l’enquête du gouvernement, c’est qu’il y a glissement des étudiants du public vers le privé. Le système d’éducation est gouvernemental à 80 %, mais il reste que le marché de l’école privée est en pleine expansion, vu la qualité jugée plus que douteuse de l’enseignement public. Globalement, 27 % des enfants fréquentent l’école privée. Dans les villes, cette proportion est souvent supérieure à 50 %.
C’est à se demander où les parents trouvent l’argent. À Delhi ou Mumbai, il est pratiquement impensable pour des parents de classe moyenne d’envoyer leur gamin à l’école primaire publique du quartier. Or, les frais de scolarité dans une école privée s’élèvent facilement à 1000 $ par année. Sans compter que, selon la All India Parents Association, ils augmentent annuellement de 10 à 40 %. Des parents s’insurgent contre cette inflation invraisemblable, organisent épisodiquement des manifestations, mais finissent généralement par casquer…
C’est que la société indienne est animée par une véritable obsession parentale : donner à ses enfants la meilleure éducation possible, en anglais, à tout prix. Difficile de ne pas en conclure que cette obsession y est pour beaucoup dans la hausse de la fréquentation scolaire.
Un autre chiffre indique que le nombre de filles inscrites à l’école a augmenté de 19 %, ce qui est également bon signe.
Conscient de l’urgence, les gouvernements ont fait des efforts pour améliorer l’accès à l’éducation – surtout universitaire, à vrai dire. Une loi majeure sur le droit à l’éducation gratuite pour les enfants de six à 14 ans a été votée en 2009. En ce qui concerne l’éducation de base, le gouvernement actuel promet une révolution scolaire, tablant sur les nouvelles technologies de l’information pour brancher la jeunesse indienne du monde rural, enfant pauvre du système d’éducation, sur un enseignement de meilleure qualité. Quoique beaucoup pensent que le gouvernement vit à ce chapitre dans un monde imaginaire, déconnecté de l’état de pauvreté dans lequel continue de patauger une grande partie de la population.
Il y a évidemment un envers de la médaille à l’enquête du National Council of Educational Research and Training (NCERT). Si, par exemple, le nombre de filles qui vont à l’école augmente globalement, elles sont encore nettement plus nombreuses que les garçons à ne pas compléter leur secondaire. Ensuite, le nombre d’écoles de campagne sans eau courante ni toilettes demeure important. Si, par ailleurs, de gros efforts sont faits pour répondre à la pénurie de professeurs, diverses études soulèvent un problème de compétence. Enfin, si environ 95 % de tous les enfants indiens sont inscrits en première année du primaire, le portrait est terni par d’autres chiffres d’après lesquels jusqu’à la moitié d’entre eux décrocherait avant la huitième année.
Ce que semble en tout cas confirmer l’enquête du gouvernement, c’est qu’il y a glissement des étudiants du public vers le privé. Le système d’éducation est gouvernemental à 80 %, mais il reste que le marché de l’école privée est en pleine expansion, vu la qualité jugée plus que douteuse de l’enseignement public. Globalement, 27 % des enfants fréquentent l’école privée. Dans les villes, cette proportion est souvent supérieure à 50 %.
C’est à se demander où les parents trouvent l’argent. À Delhi ou Mumbai, il est pratiquement impensable pour des parents de classe moyenne d’envoyer leur gamin à l’école primaire publique du quartier. Or, les frais de scolarité dans une école privée s’élèvent facilement à 1000 $ par année. Sans compter que, selon la All India Parents Association, ils augmentent annuellement de 10 à 40 %. Des parents s’insurgent contre cette inflation invraisemblable, organisent épisodiquement des manifestations, mais finissent généralement par casquer…
C’est que la société indienne est animée par une véritable obsession parentale : donner à ses enfants la meilleure éducation possible, en anglais, à tout prix. Difficile de ne pas en conclure que cette obsession y est pour beaucoup dans la hausse de la fréquentation scolaire.


