Lisée sous le charme
New Delhi – Le ministre Jean-François Lisée rentre bien content de sa mission en Inde. Et s’en confie avec enthousiasme dans une entrée de son blogue datée de jeudi dernier. Il a découvert que ce «Lilliputien» qu’est le Québec avait réussi ces dernières années à bâtir une relation fort dynamique avec le géant indien, en particulier dans l’État du Maharashtra.
«On peut difficilement demandé mieux pour une petite nation», disait-il vendredi en entrevue au Devoir. «Je suis complètement convaincu qu’il faut non seulement rester en Inde, mais y amplifier notre présence et nos efforts», a affirmé le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur.
En fait, une bonne partie du mérite pour ces relations fécondes revient à l’ex-premier ministre Jean Charest et à Benoît-Jean Bernard, qui est directeur du Bureau du Québec à Mumbai depuis sa mise sur pied en 2008.
À Bhopal, capitale du Madhya Pradesh, M. Lisée s’est laissé dire par le ministre des Infrastructures que le gouvernement de l’État (de 73 millions d’habitants) considérait le Québec comme «son partenaire stratégique en Amérique du Nord». À Delhi, il a eu, entre autres rendez-vous, une «rencontre chaleureuse» avec Shashi Tharoor, ministre d’État à l’Enseignement et à la Recherche.
Bref, il est tombé sous le charme.
En entrevue, il tente une comparaison avec la Chine – où il compte bien se rendre éventuellement: les relations commerciales sino-québécoises sont quantitativement plus grandes, bien sûr, «mais j’ai l’impression qu’on «existe» davantage en Inde, qu’on nous connaît, que notre présence est plus transversale, plus complète».
Les «décideurs» – économiques, politiques, culturels… – dont il a fait la connaissance sont-ils au fait de la question nationale québécoise? «Ils sont bien informés, trouve Lisée – qui n’avait jamais mis les pieds en Inde. Ils me demandent s’il y aura un autre référendum… J’ai beaucoup utilisé dans mes conversations les recherches de Serge Granger (spécialiste québécois de l’Asie) sur le fait qu’à l’époque où on était tous les deux dans le British Empire, les Patriotes et les nationalistes indiens se citaient les uns les autres dans la lutte pour l’obtention du gouvernement responsable... J’ai fait valoir qu’on a été tous les deux dans l’empire britannique sans l’avoir voulu; qu’ils ont obtenu leur indépendance, alors que nous ne l’avons pas; que nous sommes, en un sens, la nation émergente en Amérique du Nord et qu’ils sont la nation émergente en Asie. C’est un discours qu’un Canadien ou un Ontarien ne peut pas tenir. Ça crée une connivence.»
Élaine Zakaïb, ministre déléguée à la Politique industrielle, était aussi de la mission d’une semaine pour faire avancer le projet d’usine de production d’urée à Bécancour, projet dans lequel va s’investir IFFCO, grande coopérative agricole indienne. «Si tout va bien, dit-elle, la première pelletée de terre devrait avoir lieu au printemps 2014, un peu plus tôt que prévu.» D’ici là, ajoute la ministre, il faudra «faire un mariage heureux» d’entreprises québécoises et indiennes pour construire la nouvelle usine.
«On peut difficilement demandé mieux pour une petite nation», disait-il vendredi en entrevue au Devoir. «Je suis complètement convaincu qu’il faut non seulement rester en Inde, mais y amplifier notre présence et nos efforts», a affirmé le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur.
En fait, une bonne partie du mérite pour ces relations fécondes revient à l’ex-premier ministre Jean Charest et à Benoît-Jean Bernard, qui est directeur du Bureau du Québec à Mumbai depuis sa mise sur pied en 2008.
À Bhopal, capitale du Madhya Pradesh, M. Lisée s’est laissé dire par le ministre des Infrastructures que le gouvernement de l’État (de 73 millions d’habitants) considérait le Québec comme «son partenaire stratégique en Amérique du Nord». À Delhi, il a eu, entre autres rendez-vous, une «rencontre chaleureuse» avec Shashi Tharoor, ministre d’État à l’Enseignement et à la Recherche.
Bref, il est tombé sous le charme.
En entrevue, il tente une comparaison avec la Chine – où il compte bien se rendre éventuellement: les relations commerciales sino-québécoises sont quantitativement plus grandes, bien sûr, «mais j’ai l’impression qu’on «existe» davantage en Inde, qu’on nous connaît, que notre présence est plus transversale, plus complète».
Les «décideurs» – économiques, politiques, culturels… – dont il a fait la connaissance sont-ils au fait de la question nationale québécoise? «Ils sont bien informés, trouve Lisée – qui n’avait jamais mis les pieds en Inde. Ils me demandent s’il y aura un autre référendum… J’ai beaucoup utilisé dans mes conversations les recherches de Serge Granger (spécialiste québécois de l’Asie) sur le fait qu’à l’époque où on était tous les deux dans le British Empire, les Patriotes et les nationalistes indiens se citaient les uns les autres dans la lutte pour l’obtention du gouvernement responsable... J’ai fait valoir qu’on a été tous les deux dans l’empire britannique sans l’avoir voulu; qu’ils ont obtenu leur indépendance, alors que nous ne l’avons pas; que nous sommes, en un sens, la nation émergente en Amérique du Nord et qu’ils sont la nation émergente en Asie. C’est un discours qu’un Canadien ou un Ontarien ne peut pas tenir. Ça crée une connivence.»
Élaine Zakaïb, ministre déléguée à la Politique industrielle, était aussi de la mission d’une semaine pour faire avancer le projet d’usine de production d’urée à Bécancour, projet dans lequel va s’investir IFFCO, grande coopérative agricole indienne. «Si tout va bien, dit-elle, la première pelletée de terre devrait avoir lieu au printemps 2014, un peu plus tôt que prévu.» D’ici là, ajoute la ministre, il faudra «faire un mariage heureux» d’entreprises québécoises et indiennes pour construire la nouvelle usine.


