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L'Inde dans tous ses états

L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?


Midnight's Children, finalement

30 janvier 2013 09h51 | Guy Taillefer | L'Inde dans tous ses états
New Delhi — Midnight’s Children, le film de Deepa Mehta tiré du roman de Salman Rushdie, prend finalement l’affiche en Inde le vendredi 1er février. Trois mois après tout le monde.




Il n’y a pourtant pas plus indien que ce récit qui a valu à Rushdie le Booker Prize en 1981. Mais sitôt qu’on l’a présenté en première indienne, au Festival international du film du Kerala en décembre dernier, des leaders du Parti du Congrès (au pouvoir) sont partis en guerre contre le film pour la façon dont il représente l’ex-première ministre Indira Gandhi. Après quoi, la cinéaste indo-canadienne a eu du mal à trouver un distributeur. Il s’en est finalement pointé un, dont on a salué le «courage», rien de moins. Cette semaine, en entrevue de promotion en compagnie de Rushdie, Mehta se disait surprise, agréablement. Elle en était presque arrivée à penser que les Indiens ne verraient pas Midnight’s Children, du moins en salle.

L’aventure aura été épique : la cinéaste (dont le film Water, en 2005, avait été violemment dénoncé par des extrémistes hindous) est allée tourner Midnight… le plus discrètement possible au Sri Lanka, où le gouvernement iranien a, sans succès, fait des pressions sur le gouvernement sri lankais afin qu’il l’en empêche.

Rushdie, qui vit à New York, n’est pas persona non grata en Inde, mais c’est tout juste.  Ses Versets sataniques, qui lui ont valu en 1989 une fatwa iranienne le condamnant à mort, y sont, absurdement, toujours interdits. L’année dernière, des groupuscules musulmans l’ont empêché de venir au très couru Festival littéraire de Jaipur… Il devait justement se rendre aujourd’hui, 30 janvier, à Calcutta pour faire la promotion du film, mais il a été désinvité après que la police, craignant des troubles, ait fait savoir qu’il n’était pas le bienvenu.

Tout cela pour un film qui n’a pas particulièrement épaté la critique…

Du reste, il n’en faut pas beaucoup ici pour qu’un groupuscule – hindou ou musulman –, vexé par une opinion, porte plainte devant les tribunaux pour sédition, offense à des sentiments religieux ou insulte à une minorité. C’est arrivé au peintre M. F. Hussain, aux écrivains Arundhati Roy, Rohinton Mistry, Taslima Nasreen… Ça vient d’arriver à un sociologue très connu, Ashis Nandy, pour avoir parlé de corruption parmi les basses castes (excellente entrevue avec M. Nandy sur le blogue du New York Times à ce sujet). Chaque fois, cela relance le débat sur la tolérance et la liberté d’expression. Le gouvernement, pendant ce temps, consacre beaucoup d’énergie à tenter de policer Internet…


 
 
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