L’amour, après
Dans un pays comme l’Inde où papa a toujours raison, le mariage est d’abord un contrat, une transaction entre deux familles. Avec un peu de chance et quelques atomes crochus, l’amour vient après. Le «mariage d’amour» demeure quelque chose de scandaleux dans l’imaginaire indien. Vrai cependant qu’une certaine jeunesse urbanisée rue de plus en plus dans les brancards contre cette tradition qui attend qu’on épouse, sous directive parentale, quelqu’un qu’on ne connaît en général ni d’Ève ni d’Adam. Si le «mariage arrangé» constitue la règle et que cette règle continue de faire l’objet d’un immense consensus social en Inde, il reste que les «fiancés» ont, de plus en plus, leur mot à dire.
La culture indienne magnifie cette idée du sentiment amoureux prospectif et post-matrimonial. Jetez un coup d’œil sur cette pub de grand bijoutier qui passe encore régulièrement à la télé: ils sont mariés depuis un an, sont un instant séparés par la foule sur un quai de métro, se retrouvent et… Voilà!
Le mariage n’étant pas en Inde une institution près de s’effondrer, et tandis qu’en parallèle le pouvoir d’achat de sa «classe moyenne» va croissant, les fabricants de bagues et de bijoux s’attendent d’ailleurs à faire des affaires d’or dans les années qui viennent. L’influent cabinet-conseils Bain & Company vient de publier une étude prévoyant une explosion de la consommation mondiale de diamants d’ici 2020, une explosion qui sera «drainée par une classe moyenne en plein développement en Chine et en Inde».
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