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    L'Inde dans tous ses états

    L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?


    La fin de la passivité?

    2 janvier 2013 10h50 | Guy Taillefer | L'Inde dans tous ses états
    Changer les mentalités, une bataille perdue? La question, parmi d’autres, était affichée, mardi soir, au bas de l’écran de NDTV, l’une des principales chaînes d’information en continu indienne. Question brutale, et plutôt désespérante, qui traduit le scepticisme ambiant. Après l’explosion de colère et les manifestations massives provoquées par le viol innommable de la jeune femme de Delhi qui a succombé à ses blessures samedi dernier dans un hôpital de Singapour, l’atmosphère est à l’expectative. Beaucoup doutent — avec raison — de la volonté de la classe politique, des tribunaux et de la police de réformer leurs conceptions et de s’attaquer sincèrement au fléau de la violence faite aux femmes en Inde.


    Contre ce défaitisme, l’activiste Madhu Kishwar a affiché ce mot sur son site: «Cette année, la plupart des gens que je connais, ainsi que plusieurs hôtels, ont annulé leurs célébrations du Nouvel An en hommage à la Fille de l’Inde Sans Visage et Sans Nom. C’est la première fois de ma vie que je suis témoin de quelque chose s’approchant d’un deuil national volontaire. Ni l’assassinat d’Indira Gandhi ni celui de Rajiv Gandhi n’ont provoqué une peine et une détermination aussi spontanées.»

    De fait, Delhi et Bombay n’auront pas eu cette année le coeur très à la fête, ont constaté – ou voulu croire – les médias.

    Pour que les mentalités changent, a-t-on d’ailleurs entendu souvent dire ces dernières semaines, il faudra aussi que Bollywood fasse sa part. Samedi, alors que la jeune femme venait de mourir à Singapour, l’actrice Shabana Azmi a organisé dans le nord de Bombay une marche silencieuse à laquelle se sont joints plusieurs artistes et comédiens. «Notre société est malade, elle a besoin de traitement», a commenté l’acteur Kunal Kapoor. Or, il fait partie d’une industrie cinématographique qui alimente son auditoire masculin des pires clichés sexistes.

    Une importante manifestation s’est à nouveau tenue mercredi matin dans la capitale à l’initiative de la Commission des femmes de Delhi, une organisation gouvernementale, alors que l’accusation doit déposer jeudi en cour sa preuve contre les six accusés. Les six hommes, dont l’un affirme être mineur, sont accusés de meurtre, de viol collectif et de kidnapping. Et sont passibles de la peine de mort. Les médias ont révélé, de source policière, d’autres détails sordides au sujet du viol.

    Sur Twitter, Shashi Tharoor, flamboyant ministre d’État, a suggéré que le nom de la victime soit rendu public, ce qui la loi interdit dans les cas de viol. «Elle a un nom, elle a une identité. Pourquoi ne pas la nommer?» Il a aussi suggéré que l’éventuelle nouvelle loi contre le viol que promet d’adopter le gouvernement porte le nom de la jeune femme. Sa proposition a été diversement reçue par des lecteurs du quotidien The Hindu. Si c’est pour maquiller l’absence de véritables changements, a commenté l’un deux, ça n’en vaut vraiment pas la peine…
     
     
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