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    L'Inde dans tous ses états

    L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?


    Leçon de viol

    29 décembre 2012 08h55 | Guy Taillefer | L'Inde dans tous ses états
    Elle est morte tôt ce matin dans un hôpital de Singapour, la jeune femme de 23 ans, étudiante en physiothérapie, que six hommes ont violée, il y a deux dimanches, dans un autobus à Delhi, alors qu’elle rentrait du cinéma. Pour leur avoir résisté, ses agresseurs avaient décidé de lui «donner une leçon»... Ça lui apprendra à désobéir aux hommes, à aller au cinéma le soir, à vouloir vivre sa vie…


    La violence à l’égard des femmes et le harcèlement sexuel sont un problème grave en Inde, mais que sa société ultrapatriarcale continue, pour un large part, de trouver culturellement normal, acceptable.

    D’aucuns espèrent que ce viol, commis avec une violence abominable, marquera un tournant. Il aura, en tout cas, provoqué un haut-le-cœur collectif d’une ampleur sans précédent. Des milliers de femmes, de jeunes étudiantes, mais beaucoup d’hommes et de garçons aussi, sont descendus presque tous les jours depuis deux semaines dans les rues de la capitale pour manifester leur écoeurement. La presse indienne, où travaillent d’ailleurs beaucoup de femmes, a couvert la nouvelle in extenso (ibnlive.in.com, www.hindustantimes.com). Le mouvement de colère a fait tache d’huile dans tout le pays.

    Entre la vie et la mort, la jeune femme avait été transférée mercredi soir, à cinq heures de vol de Delhi, dans un hôpital de Singapour, spécialisé dans la greffe d’intestins. Pourquoi déplacer une patiente dont l’état de santé est aussi fragile? s’est-on demandé. Vendredi soir, un bulletin de santé annonce que ses organes vitaux s’affaiblissent. Elle est morte ce samedi matin à 4h45, heure locale, emportée par un œdème cérébral.

    Les six hommes épinglés par la police seront formellement accusés cette semaine de meurtre, ce qui les rend passibles de la peine de mort. Une condamnation pour viol entraîne en Inde une peine d’emprisonnement maximale de dix ans – et de prison à vie dans le cas d’un viol collectif. Le problème, constatent les experts et les activistes, c’est que la police et les tribunaux déconsidèrent les victimes et que la justice ne punit pas, ou si peu, les agresseurs.

    En réaction à la mort de la jeune femme, le premier ministre Manmohan Singh a juré qu’elle ne sera pas morte en vain et a souhaité que la classe politique se mobilise pour faire de l’Inde un pays plus sûr pour les femmes. «C’est un moment de tristesse et de honte», a déclaré Sheila Dikshit, la cheffe du gouvernement de Delhi, en lançant un appel au calme. La police a fermé dix stations de métro et délimité un immense périmètre de sécurité autour d’India Gate où d’importantes manifestations avaient eu lieu le week-end dernier, avec grabuge et répression policière à la clé. À l’annonce du décès, des rassemblements silencieux ont été organisés dans plusieurs villes.
     
     
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