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    L'Inde dans tous ses états

    L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?


    Les pères Noël de Goa

    26 décembre 2012 09h49 | Guy Taillefer | L'Inde dans tous ses états
    La crèche la plus spectaculaire que nous avons vue était politisée. Un bonhomme de neige tient une pancarte qui dit: «Respectez et protégez nos femmes», en référence à un viol collectif, d’une violence épouvantable, récemment commis à Delhi.
    Photo : Sylvie Pepin La crèche la plus spectaculaire que nous avons vue était politisée. Un bonhomme de neige tient une pancarte qui dit: «Respectez et protégez nos femmes», en référence à un viol collectif, d’une violence épouvantable, récemment commis à Delhi.
    Benaulim, Goa — Il a fallu, en 1961, que l’armée indienne marche sur Goa, ce beau bout de côte situé au sud de Bombay, sur la mer d’Oman, pour que le Portugal accepte enfin de renoncer à la petite colonie sur laquelle il régnait depuis presque 500 ans. Au XVIe siècle, il abritait apparemment le port le plus riche et le plus actif du monde, devant Venise. C’est par Goa que Lisbonne devint la capitale des épices. Aujourd’hui, ce micro-État d’à peine 1,5 million d’habitants reçoit annuellement 2 millions de visiteurs, attirés par ses plages immenses. C’est le terrain de jeu des habitants de Bombay. Les charters viennent déverser dans cette Floride indienne leurs cargaisons de Russes et d’Anglais.


    Son charme, Goa le doit aussi au fait d’avoir conservé sa part de personnalité portugaise. Goa est demeuré beaucoup plus portugais que Pondichéry n’est restée française.
     
    Les hindous y sont devenus majoritaires (60 % de la population), mais la minorité catholique (près de 30 %) y demeure importante. Avec le résultat qu’on continue d’y fêter la naissance du petit Jésus avec ostentation. Maisons toutes illuminées. Étoiles de Bethléem en papier accrochées au plafond des balcons. Et puis, les crèches, des plus modestes aux plus ambitieuses, que les gens construisent avec application devant la maison, sur un terrain vague entre deux commerces, devant l’église. 
     
    La crèche la plus spectaculaire que nous avons vue était politisée (notre photo). Un bonhomme de neige tient une pancarte qui dit: «Respectez et protégez nos femmes», en référence à un viol collectif, d’une violence épouvantable, récemment commis à Delhi contre une jeune femme qui repose toujours à l’hôpital, dix jours après l’agression, entre la vie et la mort. 
     
    Devant, un père Noël décharge un traîneau rempli de bonbonnes de gaz. Le message est adressé au gouvernement qui a récemment décidé de réduire le nombre par maisonnée de bonbonnes dont il subventionne le prix. Faute d’électricité, tout le monde ou presque utilise le gaz pour cuisiner en Inde. Une bonbonne de 15,8 kilos au prix subventionné par l’État coûte environ 8 dollars. Sans subvention, elle coûte au moins le double… Le portefeuille de l’Indien en a pris un coup, instantanément.
     
    La magie du temps des Fêtes, c’est gentil, mais avec les pieds ancrés dans la réalité, c’est plus vrai.
     
     
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