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    L'Inde dans tous ses états

    L'Inde est en effervescence, se libéralise, sort de sa coquille. Mais encore? Au delà des indices de croissance, comment les Indiens vivent-ils cette mue - aux plans culturel, politique, environnemental?


    À Delhi, femmes en péril

    19 décembre 2012 10h08 | Guy Taillefer | L'Inde dans tous ses états
    Delhi a la sinistre réputation d’être la «capitale indienne du viol». C’est une réputation qui ne se dément pas. Dimanche soir dernier vers 21h30, une jeune étudiante de 23 ans a été violée par sept hommes à bord d’un autobus, alors qu’elle se trouvait avec un ami. Ils sortaient du cinéma. Violée et battue avec une violence innommable – ils étaient les seuls passagers de l’autobus -, elle repose depuis trois jours à l’hôpital dans un état critique, entre la vie et la mort. Pour leur avoir résisté, les agresseurs ont voulu lui «donner une leçon», a raconté le copain à la police - qui a réussi à épingler cinq suspects, dont le chauffeur du véhicule.

    Ce viol et la cruauté inouïe avec laquelle il a été commis ont soulevé une vague d’indignation dans la capitale de 18 millions d’habitants. Un débat d’urgence a eu lieu au Parlement où une députée a fondu en larmes en dénonçant l’insécurité et le harcèlement constants que vivent les femmes – dans la rue, au travail, dans le métro…  Se sont multipliés les appels à la castration des violeurs et à la peine de mort.

    Pas une semaine qui ne se passe sans que les médias ne relèvent des cas particulièrement sordides d’agression sexuelle. Les statistiques disent qu’une femme est violée en Inde toutes les 22 minutes. Il s’agit régulièrement de viols collectifs. Les victimes trouvent de plus en plus le courage d’aller porter plainte à la police, au risque de se faire dire de l’avoir cherché. Cela n’exclut pas, disent les experts, que le nombre de viols commis à Delhi, comme du reste ailleurs dans le pays, augmente indéniablement.

    Pourquoi? L’Inde machiste supporte très mal que la femme vive sa vie, choisisse son mari, entre sur le marché du travail. On l’aime à condition qu’elle obéisse. Il n’en faut pas beaucoup pour que, dans sa bêtise, la conscience masculine considère qu’une femme qui porte le jeans est une putain. Le fait est qu’un nombre stupéfiant de crimes d’honneur continuent d’être commis en Inde.

    Se perpétue cette violence sexuelle dans un climat d’impunité. Le violeur est raisonnablement convaincu de pouvoir dormir sur ses deux oreilles. Il fallait entendre, cette semaine, activistes et experts désespérer de la police et des tribunaux. Dans la police, souligne une enquête de la revue Tehelka, le sentiment est très répandu parmi les agents que les femmes qui portent plainte pour viol exagèrent et que les rapports qu’elles dénoncent étaient en fait consensuels.
     
     
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