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Lettres: Le déplorable prolongement de l'autoroute 25

Claude Coulombe - Scientifique, père de famille et membre de Greenpeace. Montréal, le 29 décembre 2005.  7 janvier 2006 
Lettre au ministre de l'Environnement du Québec, Thomas Mulcair

Je trouve déplorable l'annonce du projet de prolongement de l'autoroute 25 pour relier Montréal et Laval.

Une telle décision, qui encourage le tout-à-l'auto, va à l'encontre des efforts de réduction des gaz à effet de serre qui menacent la survie même de l'écosystème et de toute l'humanité à long terme.

Je m'explique. Ce projet à lui seul ajoutera plusieurs millions de tonnes au bilan québécois des gaz à effet de serre. La construction d'un nouveau pont entraînera le développement immobilier de la couronne nord et l'exode des Montréalais. Ce sont des dizaines de milliers de nouvelles voitures qui se déplaceront dans la région de Montréal (de l'ordre de 150 000 nouveaux déplacements). On peut se demander l'impact de cet afflux sur l'autoroute métropolitaine qui est déjà saturée. On devra donc construire d'autres routes pour décongestionner. À terme, on devra empiler les autoroutes et les stationnements, la ville sera plus polluée et on ira plus loin chercher son bol d'air frais! Heureusement, le pétrole est une ressource limitée et souhaitons-nous d'en manquer avant notre propre extinction!

En résumé, il est illogique et même dangereux pour notre santé et celle de nos enfants que des millions de personnes se déplacent individuellement, deux fois par jour, dans deux tonnes de ferrailles qui polluent 20 fois plus que les transports en commun pour un même nombre de passagers.

Au contraire, il faudrait réduire l'accès à la ville pour augmenter le covoiturage et rentabiliser les transports en commun. Il faudrait diminuer la circulation automobile pour réduire la pollution et redonner la ville aux marcheurs, aux cyclistes et aux usagers des transports en commun.

Par cette décision, vous anéantissez les efforts de milliers de Québécois qui posent des gestes concrets, qui lavent à l'eau froide, qui recyclent leurs déchets, qui économisent l'énergie, qui marchent, circulent à bicyclette et utilisent les transports en commun.

Est-ce que cette annonce est la première étape de votre fameux plan de lutte aux changements climatiques? Doit-on y voir une mesure «progressiste» dans le sens «d'augmentation» de la pollution automobile? Est-ce cela du développement «durable», est-ce du développement déplorable ou encore simplement du «développement qui fait dur»?

Je comprends que vous ayez attendu la fin de la Conférence de Montréal sur les changements climatiques pour faire votre annonce en catimini à la veille de Noël. C'est pour le moins irresponsable et l'histoire jugera sévèrement cette inconscience de la part d'une personne qui a les responsabilités que vous avez.

Un citoyen vert de colère!
 
 
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