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Libre opinion: «Je conviens que la loi 114 comporte son lot de difficultés»

26 septembre 2002 
Depuis quelques semaines, les fédérations médicales m'interpellent directement. Leurs porte-parole désapprouvent la loi spéciale adoptée l'été dernier. Si le débat est nécessaire quant aux modalités de cette loi spéciale, il m'apparaît primordial de garder le cap sur un objectif essentiel: trouver, avec les fédérations médicales, des solutions durables qui assureront des services de santé prioritaires dans toutes les régions du Québec.

La loi 114, il faut le rappeler, est temporaire. Je conviens que, dans la vie de tous les jours, cette loi comporte son lot de difficultés pour les médecins omnipraticiens; je conviens également qu'elle n'est pas facile à mettre en oeuvre par les régies régionales. La population doit savoir que ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons proposé l'adoption de cette loi spéciale à l'Assemblée nationale.

Les médecins du Québec accomplissent un travail exigeant dans des conditions parfois difficiles, mais après de longues discussions avec les fédérations concernées, nous en sommes venus à la conclusion que c'était là la seule solution pour maintenir nos salles d'urgence ouvertes. Il fallait agir rapidement.

Le but du gouvernement n'a jamais été de conscrire quiconque mais de répondre aux besoins de tous les citoyens du Québec qui se présentent à l'une de nos urgences à toute heure du jour ou de la nuit. Je l'ai déjà dit et je le répète, si notre gouvernement avait reçu la garantie de la Fédération des omnipraticiens du Québec que toutes les urgences seraient maintenues ouvertes par les méthodes habituelles, je n'aurais pas envisagé l'adoption de la loi 114. À défaut d'obtenir cette garantie, j'ai dû procéder par voie législative. L'un des services les plus essentiels à la population était en jeu...

Certains aspects de cette loi peuvent paraître sévères. Il faut rappeler que celle-ci vise d'abord les quelques milliers de médecins qui pratiquent en dehors des hôpitaux et qui ont les qualifications pour exercer dans une urgence. Je conviens que la méthode d'assignation que nous avons dû employer puisse sembler excessive pour ceux qui travaillent déjà en urgence. J'ai d'ailleurs demandé à ce que nous nous adressions à eux qu'en tout dernier recours.

Car soyons clairs: notre but n'est pas de surcharger davantage les médecins qui travaillent déjà à l'urgence, mais bien de répartir la responsabilité de l'urgence à un plus grand nombre de médecins. Par exemple, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur 80 omnipraticiens ayant pratiqué dans les urgences dans les quatre dernières années, seulement trois ont répondu à notre appel.

Dans un tel contexte, nous travaillons présentement avec le Collège des médecins et un groupe d'experts sur les urgences afin de fournir, d'ici quelques jours, la formation pertinente et l'accompagnement nécessaire aux médecins qui prêtent main-forte à leurs collègues. C'est un effort de solidarité auquel sont conviés ces médecins.

C'est pour trouver des solutions durables pour l'avenir que j'ai invité les deux fédérations de médecins à des discussions formelles. Or, nous partageons tous le même objectif. Les représentants des fédérations savent que nous sommes ouverts à tous les moyens qui nous permettront de réaliser notre objectif commun. Leurs propositions sont les bienvenues. Nous avons indiqué formellement que l'idée d'un «contrat d'engagement» n'avait rien de dogmatique; nous sommes prêts en effet à envisager d'autres solutions dans la mesure où les services prioritaires seront assurés dans toutes les régions du Québec. Les médecins ne doivent pas douter de notre bonne foi.

Si la loi 114 provoque des inconvénients pour certains médecins, nous avons tous la responsabilité d'assurer des services prioritaires à la population partout au Québec. Cet objectif commun doit nous unir. Je fais donc appel à tous les médecins afin que nous laissions tomber l'affrontement, je fais appel à leurs représentants pour que nous nous asseyons ensemble, dans un climat serein, pour régler au profit de toutes les Québécoises et de tous les Québécois.






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