mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h21


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Libre opinion: Lucides mais solidaires !

30 décembre 2005 
Contrairement à ce que plusieurs pensent, de nombreux débats animent notre jeunesse ces dernières années. Loin d'être simple, le débat sur la dette nous amène bien souvent sur le terrain des chiffres, ce qui pourrait éloigner et même embrouiller bien des jeunes quant aux réels enjeux sous-jacents à cette question. Les manifestes sur le Québec lucide et le Québec solidaire, bien que diamétralement opposés au plan des solutions, ont quand même mis en relief des constats sur lesquels nous pouvons nous entendre.

Or, la sortie cet automne d'une coalition jeune qui semble vouloir parler au nom de toute la jeunesse québécoise mérite que nous répliquions. Le consensus sur l'importance de s'attaquer au remboursement de la dette est, selon nous, très loin de faire l'unanimité, à preuve: la réplique du groupe des «solidaires».

Le vrai visage des chiffres

Établissons d'abord certains faits et exposons quelques chiffres simples. La dette québécoise s'élevait à 119,4 milliards en 2004-2005. L'indice le plus important dans ce débat est son poids sur l'économie québécoise. En effet, plus l'économie est en croissance, plus le poids, la valeur de celle-ci, diminue en fonction de la richesse collective. Le principe est simple et s'applique même au citoyen qui voit ses revenus annuels augmenter et sa dette s'amoindrir. Or, à ce niveau, le ratio PIB/dette est passé de 52,2 % en 1997-98 à 42,7 % en 2004-2005, alors qu'il représente près de 130 % au Japon, une économie reconnue. Parallèlement, les intérêts payés sur la dette ont donc diminué de 17,6 % à 12,6 % des revenus globaux de l'État.

En clair, à une époque où le gouvernement engrange maintenant 55,4 milliards de dollars de revenus, cela signifie le dégagement d'une marge de manoeuvre supplémentaire de 2,7 milliards de dollars et ce, seulement parce que notre économie croît et que les revenus de l'État augmentent chaque année.

Autre donnée fort importante, notre dette nous appartient à plus de 80 %. La situation était différente il y a quelques années, mais maintenant, le fait de se devoir de l'argent à nous-mêmes évite toute dépendance économique ou politique envers des créanciers internationaux.

Des pratiques à discuter

Étrangement, la dette continue de s'accroître et ce, malgré un déficit zéro. En effet, depuis 1997-98, la dette a augmenté de 16,4 milliards. Il est à noter que ce montant ne couvre en aucun cas des dépenses de fonctionnement et qu'il s'agit, a priori, de règles comptables longuement expliquées dans les documents accompagnant les budgets québécois.

En somme, il existe trois grandes raisons qu'il est permis de remettre en question. Tout d'abord, il y avait les investissements du gouvernement dans les sociétés de capital de risque comme la SGF. À cet effet, le gouvernement semble avoir rectifié le rôle que l'État québécois doit jouer à ce chapitre.

Puis, par une écriture comptable, l'État inscrit en tant que revenu le total des dividendes produits par les sociétés d'État alors qu'il n'en reçoit qu'une partie et que le reste est réinvesti et immobilisé par ces même sociétés d'État. Or, le gouvernement a un besoin relatif de toutes ces sommes et emprunte donc le montant équivalent à celui qu'il n'a pas reçu. Ainsi, ces sommes sont, d'un point de vue comptable, considérées comme des placements dans les sociétés d'État, mais représentent plutôt un manque à gagner et s'ajoutent donc à la dette.

Finalement, selon les principes d'immobilisation établis lors de la réforme de la comptabilité en 1998, le gouvernement inscrit dans ses dépenses les coûts annuels en fonction de la vie active des équipements, mais emprunte la somme complète. Nous croyons que ces trois formes de pratiques comptables mériteraient d'être débattues.

Le choix d'une société

À la lumière de ces faits, nous devrions amorcer un débat sur le contrôle de l'augmentation de la dette avant de voir à rembourser celle-ci. Nous croyons légitime l'endettement d'un État à l'intérieur des balises que nous aurons choisies en tant que citoyens. Ainsi, nous devrions analyser la dette québécoise découlant d'investissements dans les services publics et dans les infrastructures que possède le Québec d'aujourd'hui comme un actif.

Ne devrions-nous pas dire merci à nos parents d'avoir pris des risques pour construire le Québec d'aujourd'hui? Tous savent que les plus grandes entreprises ont bâti leur succès et leur croissance sur le risque et la capacité de s'endetter pour investir, augmenter leurs actifs et maximiser leur croissance. Or, le Québec possède à ce jour de nombreux actifs dont nous sommes fiers, des barrages aux différentes infrastructures des réseaux routiers en passant par la santé et l'éducation.

Nous présentons donc ici une vision très lucide, mais solidaire. Lucide grâce aux faits que nous exposons et par les constats du déclin démographique et du vieillissement de la population que nous acceptons d'emblée. Lucide par nos préoccupations pour le développement de la richesse des Québécois.

Solidaire, car nous estimons vain et prématuré un débat sur le remboursement de la dette. Solidaire, car nous croyons à des services publics universels financés par l'État. Solidaire, car nous oeuvrons à l'enrichissement collectif de la société afin de réduire l'importance de la dette, et non à l'appauvrissement d'une société par le remboursement d'une dette qui n'est pas prioritaire.

Ce que nous voulons:

- Nous demandons, en tant que jeunes, que le gouvernement mette un frein à l'accroissement de la dette.
- Nous croyons que l'engagement d'un débat sur le remboursement de la dette est vain puisque son poids relatif diminue avec la croissance de l'économie québécoise.

- Nous engageons plutôt un débat sur la réelle pertinence des réductions d'impôt et sur la capacité de l'économie québécoise à demeurer croissante et à s'adapter à ce changement de la structure démographique.

- Nous exigeons que toutes les marges de manoeuvre dégagées par l'allégement du poids de la dette sur le budget du Québec servent prioritairement au financement des services publics.

- Nous réitérons aussi l'importance du débat sur le déséquilibre fiscal et la souveraineté en tant qu'élément important d'une solution globale.

*Appuyé par:

Karine Dion, étudiante en travail social,

Ukalik Guay-Vyncke, commis divisionnaire,

Geneviève Blouin, enseignante en adaptation scolaire et sociale,

Estelle Breton, étudiante en biologie,

Stéphanie Mousseau, nutritionniste,

Nicolas Dubé, agent de transport de valeurs,

Félix-Antoine Michaud, étudiant en droit,

Brigitte Croteau, paramédic,

Sébastien Gendron, enseignant en chimie au collégial,

Marc Danis, musicien,

Francis Pelletier, éducateur financier,

Hiba Zerrougui, étudiante en sciences humaines,
et 30 autres signataires de moins de 30 ans provenant de différentes régions du Québec et qui, pour la grande majorité, ne sont pas actifs au sein d'une instance politique ou dans un organisme.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009