Lettres: Un square Marc-Favreau?
Pierre MacDuff - Paris, le 23 décembre 2005
24 décembre 2005
Pour me rendre, hier soir, au théâtre situé sur la place Charles-Dullin, j'ai traversé le petit square Lino-Ventura. Partout, à Paris, le nom d'artistes, dans ce cas-ci un réformateur et metteur en scène de théâtre pour l'un et un acteur de cinéma pour l'autre, est inscrit dans la cité. Dans chaque arrondissement, le nom de créateurs marquants, d'interprètes, d'auteurs, de peintres, de chorégraphes, fait corps avec la ville.
Cocteau, Giraudoux, Braque, Nijinski, Méliès, Piaf ou Gérard Philipe, pour ne prendre que les exemples que j'ai vus récemment, sans parler des stations de métro Pablo-Picasso ou Louis-Aragon. Une métropole culturelle, c'est aussi cela, cette capacité de reconnaître et d'inscrire pour la postérité le nom et le souvenir de grands artistes.
Quand, à Montréal, aura-t-on un square Marc-Favreau, une rue Jean-Duceppe ou Marcelle-Ferron, une place Jean-Pierre-Perreault, un parc Anne-Hébert, une station de métro Paul-Borduas? Combien de générations encore faudra-t-il pour que Montréal laïcise la dénomination de sa toponymie et substitue aux fabulations d'une autre époque, heureusement révolue, où l'Église avait la mainmise sur tout, les noms d'hommes et de femmes qui ont véritablement marqué son essor et son entrée dans la modernité, notamment au moyen de l'art?
Cocteau, Giraudoux, Braque, Nijinski, Méliès, Piaf ou Gérard Philipe, pour ne prendre que les exemples que j'ai vus récemment, sans parler des stations de métro Pablo-Picasso ou Louis-Aragon. Une métropole culturelle, c'est aussi cela, cette capacité de reconnaître et d'inscrire pour la postérité le nom et le souvenir de grands artistes.
Quand, à Montréal, aura-t-on un square Marc-Favreau, une rue Jean-Duceppe ou Marcelle-Ferron, une place Jean-Pierre-Perreault, un parc Anne-Hébert, une station de métro Paul-Borduas? Combien de générations encore faudra-t-il pour que Montréal laïcise la dénomination de sa toponymie et substitue aux fabulations d'une autre époque, heureusement révolue, où l'Église avait la mainmise sur tout, les noms d'hommes et de femmes qui ont véritablement marqué son essor et son entrée dans la modernité, notamment au moyen de l'art?
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