dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Libre opinion: Une population manipulée

Michel Tremblay - Président de la Fédération des professionnels de la CSN. Réaction aux propos de Jean Boivin, professeur à l'Université Laval, publiés dans l'édition du 17 décembre 2005 du Devoir sous la plume de Robert Dutrisac.  22 décembre 2005 
Pour un spécialiste des relations de travail, Jean Boivin, professeur à l'Université Laval, a une analyse pour le moins surprenante du processus de négociation des conditions de travail et de salaire des employés de l'État. Selon lui, les organisations syndicales se seraient fait manipuler du début à la fin par le gouvernement libéral.

Les faits démontrent au contraire que la négociation s'est dramatiquement terminée par une loi spéciale qui fixe unilatéralement les conditions de travail et de salaire. De plus, en brandissant cette menace, le gouvernement a exercé une pression sur les organisations syndicales pour qu'elles acceptent de signer des ententes à peine supérieures au décret mais qui constituent tout de même des reculs par rapport aux conditions de travail existantes.

L'attitude intransigeante du gouvernement Charest à l'endroit des travailleurs et sa propension à briser le consensus social sont chose courante chez les libéraux au pouvoir. Déjà, en 1993, sous la direction de Robert Bourassa, les libéraux avaient adopté une série de lois spéciales pour retirer des droits aux travailleurs de la construction et à ceux d'Hydro-Québec. La loi 102, récupérant 1 % de la masse salariale des employés de l'État et bafouant leur droit de négocier, avait aussi été adoptée.

La présente ronde de négociation a commencé il y a deux ans. Malgré toutes les rencontres de négociation à la table où sont discutées les clauses normatives, les représentants patronaux et gouvernementaux n'ont à aucun moment eu l'intention de discuter véritablement pour en arriver à une entente. Ils ont temporisé. Le comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux n'avait qu'une réponse à donner aux représentants syndicaux: nous n'avons pas de mandat.

Quant aux questions financières, il n'y a eu que deux rencontres de négociation. Malgré les ouvertures manifestées par le front commun et le dépôt d'une contre-proposition visant à relancer la négociation, le gouvernement est demeuré sur ses positions. Il n'a donc jamais recherché une entente négociée.

Les syndicats n'étaient pas dupes. C'est justement pour amener le gouvernement à changer son attitude et à dégager des mandats à ses représentants aux diverses tables de négociation pour la conclusion d'ententes que la mobilisation a été intensifiée et que des piquets de grève ont été dressés.

Contrairement au secteur privé, l'exercice de la grève dans le secteur public n'a aucun impact économique. La pression est d'ordre essentiellement politique. À cet égard, les organisations syndicales ont réussi à démontrer que le gouvernement n'a jamais eu l'intention de s'entendre avec les employés de l'État, comme le prouvent les différents sondages d'opinion publique. Les libéraux sont toutefois demeurés insensibles à toutes les critiques qui leur ont été lancées. D'ailleurs, les dernières lois votées, à la vapeur encore une fois, touchant les CPE et les services municipaux comme l'eau, illustrent à juste titre le fait que rien ne semble arrêter le gouvernement libéral dans son entreprise de diminuer les droits sociaux et syndicaux pour briser un certain nombre de remparts contre la privatisation des services publics.

Le gouvernement Charest est en mission. Il veut procéder à une marchandisation du bien commun et des services publics de santé et d'éducation pour le seul profit de la grande communauté des affaires et à l'encontre des intérêts du plus grand nombre. La négociation du secteur public s'inscrit dans cette volonté de privatisation et de tarification.

À l'endroit des organisations syndicales, il ne faut pas parler de manipulation mais de négation du droit de négocier ainsi que de répression. La manipulation, ce sont les citoyens du Québec qui la subissent de la part d'un gouvernement qui cache son jeu et camoufle les véritables enjeux.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012