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Lettres: Des hausses difficiles pour certains

Nathalie Germain - Montréal, le 19 décembre 2005  22 décembre 2005 
Les hausses du tarif des transports en commun à Montréal suscitent beaucoup de réactions, notamment sur les enjeux de la pollution et du développement durable. Mais on parle trop peu de leurs impacts sur les personnes qui dépendent exclusivement des transports en commun pour se déplacer. Or n'est-ce pas avant tout pour elles que les transports en commun existent? Pourtant, les tarifs de la STM ne tiennent absolument pas compte de la capacité de payer des Montréalais qui en dépendent.

Si certains choisissent de ne pas avoir de voiture, d'autres n'ont tout simplement pas les moyens de s'en acheter une. Travailleurs à bas salaire, personnes assistées sociales et étudiants de plus de 25 ans se retrouvent ainsi devant des choix difficiles: restreindre le plus possible leurs déplacements, éliminer d'autres dépenses essentielles ou tenter de faire le plus de trajet à pied, ce qui n'est souvent pas possible.

Lors de la dernière augmentation du tarif des transports en commun, la STM a enregistré une diminution de cinq millions de déplacements pour l'année. Tous ces déplacements se sont-ils faits en voiture? J'en doute. Je crois plutôt que cela s'est traduit pour plusieurs par la marche ou tout simplement par l'absence de déplacements. À titre d'exemple, dans plusieurs organismes d'alphabétisation populaire de Montréal, nous avons noté que de plus en plus d'adultes diminuent la fréquentation de leurs ateliers d'alphabétisation, participent de moins en moins à des activités sociales et culturelles et limitent au strict minimum le recours aux ressources extérieures pour répondre à leurs besoins d'information ou d'accompagnement. Ainsi, chaque augmentation de tarif a un impact direct sur les conditions de vie de beaucoup de Montréalais et donc sur le développement social et culturel de la ville. Les transports en commun sont un service public essentiel: leur financement doit donc se faire selon le principe de l'universalité et non selon celui de l'utilisateur-payeur. Cette stratégie de financement est inadéquate puisqu'elle a pour conséquence d'exclure ceux qui en ont le plus besoin.
 
 
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