Lettre - Dangereux, le pot? Oui, M. le sénateur, mais...
Carol Minville - Le 20 août 2002
25 septembre 2002
Frankie Bernèche, docteur en psychologie du développement, semblait s'inquiéter, dans sa lettre du 8 août au Devoir, de la décriminalisation du cannabis. Sa longue diatribe n'est qu'une digression par laquelle il veut expliquer une opinion en partant de théories tarabiscotés.
On sent dans son propos une peur viscérale des effets du tétra-hydro-cannabinol, substance active du cannabis. Sa cible, le discours du sénateur Nolin, ne nous fait comprendre que son inquiétude.
La communication paradoxale, thèse de Paul Watzlawich, ne s'applique pas ici, comme il essaie de nous le faire entendre. Il est vrai que les coûts de deux milliards destinés à aider les jeunes qui se droguent sont élevés. Décriminaliser le cannabis va entraîner une diminution de ces coûts. Poursuites en justice, dossiers criminels et forces constabulaires spécialisés entraînent des frais prohibitifs. Les jeunes revendeurs, les consommateurs occasionnels ou réguliers et tous ceux qui magouillent avec ce commerce pourront sortir de cette spirale de l'illégalité. Les économies qu'en retirerait la société, selon le sénateur Nolin, pourront être réinvesties afin d'éduquer et d'informer les jeunes. Ou est le paradoxe?
Si M. Bernèche ne comprend pas cela, c'est qu'il croit qu'on pourrait éradiquer entièrement ce fléau. Il devrait un peu mieux s'informer. Malgré tous les efforts consentis par nos gouvernements, la prohibition et la répression n'ont pas d'effets sur l'augmentation de la consommation. Nos voisins du Sud et nous-mêmes augmentons année après année nos budgets de lutte contre le commerce illicite de la drogue, et ce, sans succès. Le mal est là pour rester, nous propose le sénateur Nolin; alors, aussi bien composer avec.
Autre théorie qu'il emprunte à la psychologie: le laisser-aller ne s'applique pas non plus de la façon dont il l'applique au discours du sénateur. Décriminaliser signifie légaliser, ce qui ouvre une liberté, oui, mais une liberté qui sera encadrée autant que la consommation d'alcool ou de médicaments. Les jeunes qui décident de consommer en toute illégalité doivent se cacher et mentir pour le faire. Si c'est légal, ils seront plus faciles à détecter et donc plus susceptibles de vouloir se faire aider. L'encadrement des jeunes, ça commence dans la famille, mais ce n'est pas tout: il y faut aussi des valeurs. Celles-ci sont d'abord transmises dans le milieu familial. Même si cela semble obscur, non scientifique, je dis, tout comme le sénateur Nolin, que le cannabis n'est pas une cause mais le symptôme d'un problème. Alors, je suis certain que les études en psychologie de M. Bernèche lui ont permis de faire certains liens entre la transmission de valeurs et certains comportements déviants comme la toxicomanie.
M. Bernèche aurait tout intérêt à en parler à ses enfants: c'est une valeur à leur transmettre. Quand à moi, j'ai déjà expliqué les méfaits de la drogue et de l'alcool à mon fils.
J'appuierai sans réserve la proposition du sénateur Nolin car je suis sûr que c'est pour le mieux!
On sent dans son propos une peur viscérale des effets du tétra-hydro-cannabinol, substance active du cannabis. Sa cible, le discours du sénateur Nolin, ne nous fait comprendre que son inquiétude.
La communication paradoxale, thèse de Paul Watzlawich, ne s'applique pas ici, comme il essaie de nous le faire entendre. Il est vrai que les coûts de deux milliards destinés à aider les jeunes qui se droguent sont élevés. Décriminaliser le cannabis va entraîner une diminution de ces coûts. Poursuites en justice, dossiers criminels et forces constabulaires spécialisés entraînent des frais prohibitifs. Les jeunes revendeurs, les consommateurs occasionnels ou réguliers et tous ceux qui magouillent avec ce commerce pourront sortir de cette spirale de l'illégalité. Les économies qu'en retirerait la société, selon le sénateur Nolin, pourront être réinvesties afin d'éduquer et d'informer les jeunes. Ou est le paradoxe?
Si M. Bernèche ne comprend pas cela, c'est qu'il croit qu'on pourrait éradiquer entièrement ce fléau. Il devrait un peu mieux s'informer. Malgré tous les efforts consentis par nos gouvernements, la prohibition et la répression n'ont pas d'effets sur l'augmentation de la consommation. Nos voisins du Sud et nous-mêmes augmentons année après année nos budgets de lutte contre le commerce illicite de la drogue, et ce, sans succès. Le mal est là pour rester, nous propose le sénateur Nolin; alors, aussi bien composer avec.
Autre théorie qu'il emprunte à la psychologie: le laisser-aller ne s'applique pas non plus de la façon dont il l'applique au discours du sénateur. Décriminaliser signifie légaliser, ce qui ouvre une liberté, oui, mais une liberté qui sera encadrée autant que la consommation d'alcool ou de médicaments. Les jeunes qui décident de consommer en toute illégalité doivent se cacher et mentir pour le faire. Si c'est légal, ils seront plus faciles à détecter et donc plus susceptibles de vouloir se faire aider. L'encadrement des jeunes, ça commence dans la famille, mais ce n'est pas tout: il y faut aussi des valeurs. Celles-ci sont d'abord transmises dans le milieu familial. Même si cela semble obscur, non scientifique, je dis, tout comme le sénateur Nolin, que le cannabis n'est pas une cause mais le symptôme d'un problème. Alors, je suis certain que les études en psychologie de M. Bernèche lui ont permis de faire certains liens entre la transmission de valeurs et certains comportements déviants comme la toxicomanie.
M. Bernèche aurait tout intérêt à en parler à ses enfants: c'est une valeur à leur transmettre. Quand à moi, j'ai déjà expliqué les méfaits de la drogue et de l'alcool à mon fils.
J'appuierai sans réserve la proposition du sénateur Nolin car je suis sûr que c'est pour le mieux!
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