Libre-opinion - Lettres ouvertes au ministre François Legault. Le ministre Legault sait-il compter?
Josée Dubois - MD et présidente du Comité exécutif du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'Hôpital Sainte-Justine.
24 septembre 2002
Avec sa proposition législative récente, le ministre Legault nous fournit à nouveau la preuve que le ministère de la Santé a des difficultés à comprendre la problématique des effectifs médicaux.
Il y a plusieurs années, le gouvernement avait réduit de façon importante le nombre d'étudiants admis en médecine alléguant qu'il y avait trop de médecins au Québec. Il s'agissait bien entendu d'une erreur de jugement flagrante qui a aggravé la pénurie de médecins disponibles pour dispenser des soins de santé partout au Québec et plus particulièrement en région. Le gouvernement a récemment admis son erreur en autorisant l'admission massive d'étudiants en médecine pour les années à venir. Il y avait là une amorce de solution mais voilà que dans un élan d'incohérence inattendu, le ministre Legault annonçait récemment son intention de réduire le nombre de médecins pratiquant dans les centres hospitaliers universitaires. Voici donc l'équation du gouvernement: augmenter de 50 % le nombre d'étudiants en médecine et réduire d'autant le nombre de médecins-professeurs pouvant les former. Nous sommes donc en droit de nous poser la question: «le ministre Legault sait-il compter»? La réduction des professeurs dans les centres hospitaliers universitaires, par les limitations imposées à leur recrutement et par l'absence de leur remplacement à leur départ, rend illusoire et absurde la formation professionnelle d'un nombre très augmenté de futurs médecins. Cette équation n'a aucun sens!
Déjà débordés par la charge de soins aux patients, les médecins des centres hospitaliers universitaires sont très inquiets de ne pouvoir faire face à une augmentation de leurs fonctions d'enseignement si le ministre Legault impose la diminution du nombre de médecins pratiquant en centre hospitalier universitaire. Il est par ailleurs préoccupant de constater que les médecins des centres hospitaliers universitaires n'ont jamais été consultés par l'administration ministérielle sur les options et projets impliquant les soins de santé et l'enseignement de la médecine. L'ensemble de la réforme et des mesures législatives dans leur incohérence nous est en effet imposé de façon unilatérale et sans aucune consultation par le ministre Legault, comptable de formation...
Il y a plusieurs années, le gouvernement avait réduit de façon importante le nombre d'étudiants admis en médecine alléguant qu'il y avait trop de médecins au Québec. Il s'agissait bien entendu d'une erreur de jugement flagrante qui a aggravé la pénurie de médecins disponibles pour dispenser des soins de santé partout au Québec et plus particulièrement en région. Le gouvernement a récemment admis son erreur en autorisant l'admission massive d'étudiants en médecine pour les années à venir. Il y avait là une amorce de solution mais voilà que dans un élan d'incohérence inattendu, le ministre Legault annonçait récemment son intention de réduire le nombre de médecins pratiquant dans les centres hospitaliers universitaires. Voici donc l'équation du gouvernement: augmenter de 50 % le nombre d'étudiants en médecine et réduire d'autant le nombre de médecins-professeurs pouvant les former. Nous sommes donc en droit de nous poser la question: «le ministre Legault sait-il compter»? La réduction des professeurs dans les centres hospitaliers universitaires, par les limitations imposées à leur recrutement et par l'absence de leur remplacement à leur départ, rend illusoire et absurde la formation professionnelle d'un nombre très augmenté de futurs médecins. Cette équation n'a aucun sens!
Déjà débordés par la charge de soins aux patients, les médecins des centres hospitaliers universitaires sont très inquiets de ne pouvoir faire face à une augmentation de leurs fonctions d'enseignement si le ministre Legault impose la diminution du nombre de médecins pratiquant en centre hospitalier universitaire. Il est par ailleurs préoccupant de constater que les médecins des centres hospitaliers universitaires n'ont jamais été consultés par l'administration ministérielle sur les options et projets impliquant les soins de santé et l'enseignement de la médecine. L'ensemble de la réforme et des mesures législatives dans leur incohérence nous est en effet imposé de façon unilatérale et sans aucune consultation par le ministre Legault, comptable de formation...
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