Libre-opinion - Lettres ouvertes au ministre François Legault. La loi 114, quel fouillis!
Marc Béïque - MD, CSPQ et président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec
24 septembre 2002
Le dialogue et la concertation sont des moyens beaucoup plus efficaces que la coercition pour régler des problèmes complexes comme celui des urgences.
Nous vous rappelons que nous avons été, de longue date, impliqués dans la recherche et l'application de solutions pour les problèmes des urgences avec les représentants de votre ministère.
La loi 114 qui a suscité beaucoup de craintes dans la communauté médicale a déjà démontré de nombreux effets pervers.
Parmi les plus percutants, notons:
- Diminution de la disponibilité des médecins dépanneurs secondaires pour crainte de conscriptions.
- Migration hors Québec de certains médecins d'urgence et abandon de la pratique de l'urgence par d'autres qui se sont réfugiés dans des domaines à l'abri de la conscription.
- Détérioration des situations de pénurie dans les établissements déjà fragiles, par exemple augmentation depuis l'imposition de la loi du nombre de quarts de travail non couverts.
- Le délaissement des urgences en difficulté par les médecins locaux, à la faveur de la nouvelle loi, et en en occasionnant une utilisation croissante.
- Augmentation du fardeau de travail pour plusieurs médecins déjà impliqués pleinement en médecine d'urgence, malgré vos affirmations.
La liste des conséquences négatives de cette loi ne se limitera pas à ces seules situations. Nous entrevoyons déjà à court terme une atteinte à la qualité des soins et à la sécurité pour la population par des assignations inappropriées de médecins épuisés, et une diminution dramatique de l'attrait de la médecine d'urgence pour les jeunes médecins qui engendrera un cercle vicieux de pénuries encore plus marquées.
La loi 114 a même des effets pervers dans des centres à vocation supra-régionale: hier, vers 16 heures, deux urgentologues du centre tertiaire de traumatologie (Enfant-Jésus de Québec) ont été conscrits à l'hôpital de Jonquière aujourd'hui. Un de ces urgentologues était déjà assigné de garde dans le centre de traumatologie. On a cavalièrement fait fi de cette contrainte, et l'on a dégarni ce centre sur deux quarts de travail, au profit de l'urgence de Jonquière.
Il est impératif d'abroger cette loi de toute urgence!
Nous réitérons notre conviction que des solutions sont à notre portée, et qu'elles passent par une concertation, plutôt que la coercition, qui a déjà suffisamment démontré qu'elle ne pouvait pas régler les problèmes. La reprise d'un dialogue brisé par la loi 114 nous apparaît essentielle.
Nous vous rappelons que nous avons été, de longue date, impliqués dans la recherche et l'application de solutions pour les problèmes des urgences avec les représentants de votre ministère.
La loi 114 qui a suscité beaucoup de craintes dans la communauté médicale a déjà démontré de nombreux effets pervers.
Parmi les plus percutants, notons:
- Diminution de la disponibilité des médecins dépanneurs secondaires pour crainte de conscriptions.
- Migration hors Québec de certains médecins d'urgence et abandon de la pratique de l'urgence par d'autres qui se sont réfugiés dans des domaines à l'abri de la conscription.
- Détérioration des situations de pénurie dans les établissements déjà fragiles, par exemple augmentation depuis l'imposition de la loi du nombre de quarts de travail non couverts.
- Le délaissement des urgences en difficulté par les médecins locaux, à la faveur de la nouvelle loi, et en en occasionnant une utilisation croissante.
- Augmentation du fardeau de travail pour plusieurs médecins déjà impliqués pleinement en médecine d'urgence, malgré vos affirmations.
La liste des conséquences négatives de cette loi ne se limitera pas à ces seules situations. Nous entrevoyons déjà à court terme une atteinte à la qualité des soins et à la sécurité pour la population par des assignations inappropriées de médecins épuisés, et une diminution dramatique de l'attrait de la médecine d'urgence pour les jeunes médecins qui engendrera un cercle vicieux de pénuries encore plus marquées.
La loi 114 a même des effets pervers dans des centres à vocation supra-régionale: hier, vers 16 heures, deux urgentologues du centre tertiaire de traumatologie (Enfant-Jésus de Québec) ont été conscrits à l'hôpital de Jonquière aujourd'hui. Un de ces urgentologues était déjà assigné de garde dans le centre de traumatologie. On a cavalièrement fait fi de cette contrainte, et l'on a dégarni ce centre sur deux quarts de travail, au profit de l'urgence de Jonquière.
Il est impératif d'abroger cette loi de toute urgence!
Nous réitérons notre conviction que des solutions sont à notre portée, et qu'elles passent par une concertation, plutôt que la coercition, qui a déjà suffisamment démontré qu'elle ne pouvait pas régler les problèmes. La reprise d'un dialogue brisé par la loi 114 nous apparaît essentielle.
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